Mogwai – Every Country’s Sun

Avec son neuvième chapitre, Mogwai confirme une hégémonie post-rock sans équivoque. Un règne immortel ?

Près d’un an après la sortie de leur dernière bande-originale autour du projet Atomic, Mogwai est passé outre un hiatus tant redouté. Le syndrome de la page blanche impossible à faire face, la composition d’un nouvel album à vite été le point culminant de la nouvelle année. Enregistré en plusieurs semaines, Every Country’s Sun se permet un bond en arrière sans être “le retour au sources”, trop fréquemment répandu de nos jours. Le groupe a concocté son neuvième album en honneur de ses plus belles mélodies ; en passant par la création Canal + Les Revenants – que la formation ne semble jamais avoir quitté -, ainsi que ses plus belles oeuvres The Hawk is Howling (2008) et Special Moves (2010). Si Mogwai est né dans le post-rock expérimental, c’est pour mieux le révolutionner. Pas de changement radical ici, dans cette nouvelle fratrie de onze morceaux, tous tirés sur le même fil, teintés de moments forts et de trouvailles mémorables.

L’album s’ouvre sur Coolverine, avec qui nous avions déjà pu faire connaissance. Si sa place de capitaine de bateau est indéniable, le titre ne sert pas plus le récit qu’il ne l’inaugure. Un premier jet pour le moins agréable mais classique. Un Mogwai tout craché qui s’étale jusqu’au grand éponyme final. Every Country’s Sun joue la carte de l’impérial avec parcimonie en proposant des longues marches funèbres (Brain Sweeties, Don’t Believe the Fife) et des pépites rock explosives (Party in the Dark, Battered At a Scramble). Des singles (si tenté que Mogwai puisse réellement passer à la radio), il y en a. Mais que serait-ce sans le vagabondage musical habituel au groupe ? Les ballades expérimentales aka 47 et 1000 Foot Face, dans lesquelles on discerne l’influence de compositeurs tels qu’Ulrich Schnauss, détiennent l’aura parfaite d’une bande-sonore Lynchienne (Twin Peakes, Mulholland Drive) et des derniers longs de Gregg Araki (White Bird, Kaboom). 

Le disque se clôt en deux temps. La première vague survient de l’incisive Old Poisons. Ici, on donnerait notre main à couper que Mogwai s’est laissé porté par l’improvisation. Les arrangements, noyés par leurs propres sons, donnent au morceau cette pâte fiévreuse très axée “live” à laquelle on n’échappera sûrement pas pendant les prochains concerts. La batterie, plus que jamais organique, nous confirme l’envie du groupe de revenir sur un socle moins perché, plus terre-à-terre. Une perle qui disparaîtra vers de nouvelles contrées, avec ce dernier uppercut qui donne le nom à l’album. À chaque album son soleil. Jusqu’où sont-il allés ? Réponse au prochain épisode.


Tracklisting

Coolverine

Party in the Dark

Brain Sweeties

Crossing the Road Material

aka 47

20 Size

1000 Foot Face

Don’t Believe the Fife

Battered At a Scramble

Old Poisons

Every Country’s Sun

Nos morceaux favoris : Party In The Dark, aka 47, Don’t Believe the Fife, Old Poisons, Every Country’s Sun, 1000 Foot Face…

La note : 8/10

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