Yonaka, Anteros et Stereo Honey : le futur de la scène indie fait ses preuves à Brighton

Yonaka, Anteros et Stereo Honey sur la même affiche, c’est le trio gagnant réuni par le DJ Jack Saunders. Trois de nos découvertes de cette année sillonnant ensemble les routes anglaises, il ne nous en fallait pas plus pour traverser La Manche et assister à l’une des soirées les plus enthousiasmantes de 2017. Retour sur un concert sur front de mer, où la nouvelle scène anglaise nous a fait vibrer.

Il est dix-neuf heures et la nuit est déjà tombée sur Brighton quand la frénétique petite file qui a commencée à se former devant Patterns s’engouffre dans la salle. Assez amusant de voir un tel engouement quand on sait qu’aucun des groupes annoncés en ce mercredi soir n’a encore d’album à son actif. Surprenant donc ? Pas tant que ça. Il faut dire que Stereo Honey, Anteros et Yonaka sont trois formations qui ont fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois, ayant su amadouer la presse (nous-même ne sommes pas rester de marbre) qui n’a pas tari d’éloges à leur sujet. La barre est donc haut-placée en cette soirée où aucun n’a le droit à faillir à sa réputation.

Après que Jack Saunders, en bon maître de cérémonie, ait chauffé la salle avec un DJ set enchaînant tubes sur tubes (Arctic Monkeys et Blur à l’appui), c’est les petits nouveaux de Stereo Honey qui investissent la scène en premier. Si l’on pouvait encore compter leurs concerts sur les doigts d’une main lorsque l’on avait rencontré les londoniens il y a quelques mois, il est certain que depuis, la bande a pris du gallon ! Mené par Peter Restrick et son falsetto rivalisant de maîtrise, le groupe balance à la chaîne leurs quelques chansons déjà sorties. L’énergie dont ils font preuve a vite fait de convaincre le public, qui, d’abord un peu timide, se lâche après une paire de morceaux et n’hésite pas à danser. Les différentes influences dont sont teintés les nouvelles chansons (indie-rock, funk, ballades…) intriguent et ne nous laissent présager que des bonnes choses pour leur premier EP Through The Dark attendu début décembre.

La foule se densifie aux barrières alors que les lumières s’éteignent pour le deuxième groupe de la soirée : Anteros. Habitués de la ville balnéaire, le quatuor était attendu impatiemment par une fanbase adulescente arborant fièrement des T-shirts (dédicacés !) au nom du groupe. Joshua Rumble, Harry Balazs et Jackson Couzens balancent les premières notes de l’ébouriffant Cherry Drop avant que la belle Laura Hayden surgisse sur scène. La jeune femme évolue sur scène avec une aisance incroyable et un charisme presque théâtral, elle n’hésite pas à jouer avec les photographes, s’approcher de ses fans et arrive à conférer un aspect intime à un show digne des plus grandes salles. Durant Bonnie, leur dernier single dont les paroles sont déjà sur toutes les lèvres, elle invite sur scène quelques filles de l’audience dans un moment très girl power ! Si la musique d’Anteros est assez entraînante pour se suffire à elle-même, les musiciens ne se laissent pas aller à la facilité et poussent l’effort pour offrir une performance live impressionnante qui nous donne instantanément envie d’en avoir plus. Pas de doute : ils font déjà partie de la cour des grands.

Enfin, c’est la tête d’affiche Yonaka qui prend place sur scène. Originaire de Brighton, le groupe joue à domicile ce soir devant un public désormais chauffé à blanc. Ouvrant leur set par Run, titre issu de leur nouvel (et unique) EP, il n’est question que d’une poignée de secondes pour se laisser emporter par les drums et les riffs percutants. On se jette à corps perdu dans le mosh-pit où l’on se heurte à des anglais en sueur mais c’est un peu ça l’esprit de Yonaka : brillant et cathartique. Theresa Jarvis assure pleinement son rôle de front-woman, intense et magnétique, la chanteuse se meut possédée par la puissance de la musique. C’est le single Bubblegum clôture la soirée dans une dernière tornade sonore qui laissera tout le monde à bout de souffle : le quartet nous en aura fait voir de toute les couleurs.

Si l’on ne devait ne retenir qu’une chose de ce concert : c’est qu’il n’y a pas de doute à avoir, la relève de la scène indie britannique est bien là et on lui promet un futur brillant !

 

Photos (exceptée la dernière) par Laurine Payet.

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