Interview : Nick Mulvey

Nous avons rencontré Nick Mulvey juste avant son concert au Trabendo. Il nous parle de son nouvel album Wake Up Now mais aussi de ses rêves avec Bowie…

Vous avez sorti First Mind en 2014 et Wake Up Now est sorti cette année. Qu’avez vous fait entre temps ?

Nick Mulvey: J’ai fait une tournée de 2 ans pour First Mind puis j’ai mis un an à faire cet album. J’ai eu besoin de m’arrêter quelque temps après la tournée pour le premier album. C’était indispensable pour faire ce second opus. Je me suis posé dans la campagne dans l’Ouest de l’Angleterre et j’ai pris mon temps.

Wake Up Now est un très bel album, il est peut être plus accompli que First Mind, plus profond. Quel est votre avis ?

NM: Je suis plutôt d’accord. J’ai appris beaucoup avec ce que j’ai fait pour le premier album et je savais comment aller plus loin dans le processus d’enregistrement. Le plus important pour moi c’était de créer une ambiance autour de cet album. J’ai voulu tout contrôler pendant un moment et j’avais besoin de laisser aller un petit peu.

Vous avez enregistrer Wake Up Now en live (ou presque). Cela doit être encore plus excitant de venir présenter cet album en live.

NM: Oui, j’ai choisi cela avec toujours le même objectif, celui d’être plus libre.

Et vous l’avez fait avec vos amis aussi cet album! Qu’est ce que cela a changé dans le processus d’écriture et d’enregistrement ?

NM: En effet First Mind a été écrit principalement dans la solitude. C’était donc naturel pour celui ci et j’étais confiant du fait que, même en collaborant, ça ne détruirait pas ma propre expression mais ça l’amplifierait. Au début j’ai eu l’idée de partager cet album avec mes amis, c’est plus amusant. Et cela s’est amplifié jusqu’à devenir de réelles collaborations. D’abord Frederico Bruno qui m’accompagne maintenant en tant que guitariste sur ma tournée. Il y en a eu d’autres. Cela a rendu cela plus amusant, plus libre. Je lui proposais parfois de modifier certaines choses et il me répondait: “Fuck off”. Ce sont mes amis donc l’ambiance était vraiment apaisante. C’était lié aussi au fait de partir de Londres et d’être au calme, cela a rendu le travail plus facile.

J’ai vu aussi une anecdote incroyable. Vous auriez écrit un de vos morceaux à la suite d’un rêve que vous avez fait et où vous avez discutez avec David Bowie! Vous pouvez nous raconter, ça paraît fou ?

NM: Oui bien sûr! C’était une semaine après la naissance de notre enfant et évidemment on se réveillait toutes les nuits. Je me suis donc levé avec ce rêve complètement en tête, complètement vivant. J’ai été capable d’aller à mon ordinateur et d’écrire tout ce qui s’y était passé. C’était un rêve où j’étais à l’arrière de la maison de mes parents et quelqu’un m’appelait à travers la porte du jardin, j’ai ouvert et c’était David Bowie mais le jeune David Bowie. Il avait une chemise en soie vraiment rose avec de gros boutons noirs et lorsque je me retourne je me rends compte que j’ai déjà un ukulélé dans les mains et que je suis en train de jouer. Ces accords que j’ai joué en me levant ont constitué un nouveau morceau, je l’adore. (Il joue le morceau en acoustique). Donc je joue ça à David Bowie et il adore ça et j’en suis vraiment satisfait! Je me disais: Putain c’est David Bowie et il aime ce que je joue. C’était un superbe moment. Je ne comprends pas comment cela s’est produit. Je sais que beaucoup d’artistes ont fait ce genre de rêve depuis que Bowie est décédé, j’aimerais en parler avec eux. Les rêves sont toujours une part de ton inconscient qui veut communiquer avec toi, je l’ai pris comme une information. A la suite de ça, Bowie m’a suggéré de ne pas jouer ce morceau sur le 2 cordes de mon ukulele mais plutôt sur 4 cordes de ma guitare. Cela sonne différemment mais ce sont les mêmes accords! Le lendemain de ce rêve, j’ai pris ma guitare et j’ai fais ce que David Bowie m’avait dit de faire dans mon rêve. J’avais peu dormi, j’étais crevé, un peu ailleurs et j’ai fini par écrire ce morceau qui s’appelle Transform Your Game et je me suis dis: Putain j’adore ça c’est génial! C’est une histoire un peu folle… (rires)

Votre vie a changé depuis le premier album, vous êtes père maintenant. Est-ce que cet album est l’occasion de délivrer un vrai message en tant que père ou musicien ?

NM: Carrément ouais. J’ai écrit l’album en parallèle avec la grossesse de ma femme, cela a commencé en janvier 2016. Donc cet album a été crée pendant l’année 2016 et pendant la grossesse de ma femme. L’année a été folle, chaque année est folle maintenant, c’est une chose évidente de dire que nous vivons dans un monde fou. Pour moi, créer un album à ce moment là, c’était un peu comme ci ma maison brûlait et que je me disais: on boit un thé, on dîne ?, tout cela pendant que la maison brûle. Ce sentiment a été amplifié par l’attente de devenir père car tu as une nouvelle notion des responsabilités, du monde dans lequel tu vis. Je me suis dis: Merde, je vais dire ce que je pense. Cela fait un moment que je pense les mêmes choses mais pour First Mind j’étais plus jeune, je suis arrivé à un moment où je peux donner mon opinion. Et ce message c’est: Nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Et tous les morceaux de cette album parle de cette connaissance de soi. De nombreux écrivains m’ont inspiré dans ce sens là, Eckart Tolle, Ram Dass, Osho ou Ramana Maharshi ont eu un réel impact sur ma vie. Ces professeurs spirituels ont été ma plus grande inspiration pour cet album. Mes influences musicales n’ont pas changé depuis First Mind, en revanche ces personnes m’ont aidé à faire évoluer le sens de mes morceaux. Je voulais vraiment écrire l’album le plus utile possible. Et en dehors de tous les problèmes que j’évoque dans Wake Up Now, c’est d’abord un album pour célébrer. Je suis avec ma femme, on a un enfant, je fais de la musique avec mes amis… Je suis heureux et cette célébration j’espère que les gens vont la sentir ce soir au concert. C’est mon plus grand souhait!

Retrouvez notre review du fameux concert de Nick Mulvey ici.

 

 

 

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