Daniel Avery

Electro UK : Top albums 2025

2026 débute et il est enfin temps pour nous de vous dévoiler notre top 10 des albums électroniques qui ont marqué 2025. Entre drum & bass, techno, industriel et house, retour sur les pépites qui nous ont fait vibrer et danser tout au long de l’année.

10. Chris Lake – Chemistry

Pilier de la scène House depuis deux décennies, Chris Lake signe avec Chemistry un retour magistral. Étonnamment, il ne s’agit que de son deuxième album studio, seize ans après un premier essai resté dans l’ombre. Pour ce projet, le producteur a repris les commandes de son destin en toute indépendance sur son label Black Book Records. Contrairement à ses confrères, il a refusé de tester ses morceaux en club avant la sortie, préférant livrer une œuvre cohérente et protégée du regard public jusqu’au dernier moment.

Le résultat est une véritable leçon de direction artistique : une Tech House habitée par une vulnérabilité rare. Porté par les voix de Kelly Lee Owens, Amber Mark et la présence inattendue de Bonobo (Simon Green), l’album s’impose comme une référence absolue pour les amateurs de Disclosure, ZHU ou Aluna.

Chris Lake - Savana [Official Visualizer]

9. Sub Focus – Contact

On monte le volume avec la drum & bass de Sub Focus. Là encore on retrouve un casting imparable sur chacun des quatorze titres. L’afrobeats de Fireboy DML cohabite avec l’aura éthérée de Grimes et l’efficacité house de John Summit. Loin des sous-sols obscurs, cet album propulse la Drum & Bass vers les grandes scènes de festivals et le grand public.

Sur bien des aspects, il nous rappelle le génie de Pendulum qui, eux aussi, ont sorti un excellent album cette année.

Pour les fans de Pendulum, Chase & Status, Netsky.

Sub Focus, Grimes - Entwined

8. KETTAMA – Archangel

Vous avez peut-être entendu parler de lui sur Soundcloud ou sur Tiktok avec ses edits devenus viraux. Le prodige de Galway (Irlande) livre enfin son premier album sur le label Steel City Dance Discs. Et c’est une avalanche de décibels de quinze titres que nous propose KETTAMA. On y retrouve la puissance brute de la hard-house, l’euphorie de la trance et les rythmes saccadés du speed garage. C’est de la très bonne musique rave qui cartonne sur les réseaux sociaux et qui pourrait autant fonctionner à Coachella que dans un sous-sol.

Au casting de cet album, on retrouve, entre autres, Interplanetary Criminal mais aussi, l’incontournable Fred Again.. .

Pour les fans de Bored Lord, Evaboy et MJ Cole

KETTAMA & Interplanetary Criminal - Yosemite (Music Video)

7. FKA Twigs – Eusexua

Place à une artiste qui nous a fait danser toute l’année puisqu’elle a sorti non pas un mais deux albums qui ont cartonné : Eusexua et Eusexua Afterglow. Alors, oui, le deuxième est une réédition mais puisqu’il y a pas moins de onze titres inédits, on triche un peu et on le compte quand même comme un album à part entière.

Sur ces projets, FKA twigs mélange la techno berlinoise brute et des envolées d’opéra. On y retrouve des guests comme PinkPantheress ou North West (qui rappe même en japonais !). Sur beaucoup de points, l’artiste nous fait penser à Björk. On est parfois impressionnés, parfois perplexes, mais toujours surpris et fascinés par la façon dont Twigs se renouvelle sans cesse, que ce soit musicalement ou visuellement. Parce que, oui, il faut le dire : l’album fonctionne comme un véritable univers où la musique ne va pas sans les visuels. C’est l’expérience totale, le summum de ce que l’électro-pop peut proposer en 2025.

Pour les fans de Sudan Archives, Mura Masa, Kelela

FKA twigs - Eusexua
FKA TwigsEusexua

6. HAAi – HUMANiSE

Si l’on a découvert HAAi à travers une techno brute taillée pour les clubs, elle nous surprend en 2025 avec un projet bien plus personnel. En renouant avec son passé de musicienne de groupe, elle place désormais sa propre voix au centre de ses compositions. Résultat : sa techno flirte désormais avec l’Art Pop et l’Indietronica, créant un pont audacieux entre le dancefloor et l’expérimentation.

Parmi les featurings, on retrouve à ses côtés Jon Hopkins, Alexis Taylor (Hot Chip), KAM-BU et le Trans Voices Choir. C’est chaleureux, cela fait danser et cela nous confirme une fois de plus que l’on risque d’entendre parler d’HAAi encore longtemps.

Pour les fans de A.G. Cook, Electrocutica, Max Tundra.

HAAi - Can't Stand To Lose

5. Maribou State – Hallucinating Love

Il aura fallu six ans et demi de silence depuis Kingdoms In Colour (2018) pour que le duo Chris Davids et Liam Ivory reprenne la parole. Un retour qui relève du miracle après que Chris a dû subir une lourde chirurgie cérébrale. Loin d’être triste, l’album célèbre au contraire l’amitié et la survie après avoir échappé au pire.

En écoutant cet album, on pense à l’énergie solaire du groupe Jungle que l’on aime beaucoup ici. C’est frais et c’est tellement fait pour l’été et les festivals que l’album a déjà été joué à Coachella puis trois soirs de suite à l’Alexandra Palace de Londres. C’est un album à écouter si vous aimez la mélancolie joyeuse, l’électro sophistiquée et les guitares acoustiques.

Pour les fans de Sade, Nelly Furtado et Moonchild.

Maribou State - All I Need (Live on KEXP)

4. Bicep – CHROMA 000

Après quatre ans de silence depuis Isles, Andy Ferguson et Matthew McBriar ont opéré une mutation radicale. Loin d’être un simple album, CHROMA 000 est l’aboutissement d’un laboratoire créatif de deux ans. Sorti sur leur propre label, ce projet compile les expérimentations mensuelles du duo, présentées lors de shows explosifs allant de Glastonbury à Coachella.

Avec CHROMA 000, Bicep sort de sa zone de confort mélodique pour embrasser une culture club plus frontale. En injectant de la UK Drill, de la jungle et de l’acid techno dans leurs structures tech-house, ils ont créé un système sonore et visuel global (en collaboration avec le designer David Rudnick).

Pour les fans de Moderat, Kai Whiston et HAAi.

BICEP, ELIZA | CHROMA 008 TANGZ (First Play Drumsheds London)

3. Fred Again… – USB002

Impossible d’évoquer la scène UK actuelle sans citer l’omniprésent Fred Again.. Ces dernières années, l’anglais est partout. C’est d’ailleurs pour cette raison que USB002 n’est pas un album classique mais une compilation de 34 titres qui ont été dévoilés un par un dans une tournée allant de Mexico à Dublin en passant par Lyon. Au casting, on retrouve de très grands noms venant de tous horizons. Du groupe punk Amyl and the Sniffers au DJ Skrillex en passant par Skepta, JPEGMAFIA, Future, Swedish House Mafia, Four Tet mais aussi KETTAMA dont on vous a déjà parlé.

Vous vous dites peut-être qu’un casting aussi impressionnant sur un nombre de titres aussi impressionnant, cela peut être fatiguant à écouter. Oui mais n’est-ce pas là le travail d’un DJ que de faire s’enchaîner des univers qui n’ont rien à voir ? Et Fred Again.. le fait très bien. En réalité l’album dure 2h21 mais à aucun moment on ne voit le temps passer.

Pour les fans de Disclosure, Moderat et Salute.

Fred again.. & Floating Points - Ambery (Lyon, 24th October 2025)

2. Barry Can’t Swim – Loner

Le premier album de Barry Can’t Swim, paru en 2023, avait eu un tel succès qu’il avait été programmé en tête d’affiche à Rock en Seine avant d’être nommé aux Mercury Prize puis aux Brit Awards. C’est donc tout logiquement que sa suite se faisait attendre. Alors est-ce que Loner est au niveau des précédents ? Oui. Et sur certains points, c’est même mieux. On sent une identité plus affirmée, moins dispersée qu’auparavant.

Là où sur d’autres projets le casting est aussi dense que varié, Barry Can’t Swim ne s’entoure que de deux collaborateurs : O’Flynn et Seamus. Et pourtant, l’album est remarquable du début à la fin. Il fait danser et rêver en même temps. On y retrouve une vraie ambiance de fin de soirée d’été.

Pour les fans de Fred Again.., Odesza et Petit Biscuit.

Barry Can't Swim - Childhood

1. Daniel Avery – Tremor

On vous en a déjà parlé ici mais cet album a été une véritable claque auditive pour nous. En effet, cela fait des années que nous suivons Daniel Avery dans ses aventures dans le monde de l’ambient techno. Cette fois, le DJ Anglais est complètement sorti de sa zone de confort et c’est un album très post-industriel qu’il a sorti chez Domino Records. Tout au long de l’album, on retrouve une ambiance sombre et hypnotisante que l’on suit comme une bande-originale. On ressent clairement les influences de Trent Reznor et Atticus Ross de Nine Inch Nails.

En tant que passionnés par le rock anglais, c’est aussi le casting qui nous plaît beaucoup. Parmi les voix, on retrouve Alison Mosshart de The Kills, Ellie Rowsell de Wolf Alice ou encore le jeune groupe BDRMM. Rares sont les DJ à avoir réussi l’exercice du changement de style mais Daniel Avery s’en est plus que bien sorti.

Pour les fans de Nine Inch Nails, Ben Frost et Kelly Lee Owens.

Daniel Avery - Rapture In Blue w/ Cecile Believe (Official Video)
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