The Last Dinner Party au Zénith de Paris, le 25 février 2026

The Last Dinner Party en pleine ascension au Zenith de Paris

The Last Dinner Party était de passage à Paris pour présenter leur nouvel album : From The Pyre (2025).

La soirée s’ouvre avec Sunday (1994), formation encore jeune mais déjà affirmée. Visuellement comme musicalement, la filiation avec The Last Dinner Party est évidente : batterie énergique, formation majoritairement féminine, chanteuse en robe d’époque. Malgré sa récente apparition sur la scène indie, le groupe s’apprête déjà à dévoiler son deuxième album en mars. Une entrée en matière cohérente, et une découverte à creuser sans hésitation.

Sunday (1994) en première partie de The Last Dinner Party @ Zénith de Paris, le mercredi 25 février 2026
Sunday (1994) en première partie de The Last Dinner Party @ Zénith de Paris, le mercredi 25 février 2026

Puis vient l’instant tant attendu : l’entrée de The Last Dinner Party ! Rideaux blancs déchirés, vestiges d’église, clair-obscur savamment orchestré : la scénographie est théâtrale et prolonge leur univers baroque. Fidèle à sa direction artistique habituelle, le groupe apparaît en tenues d’époque. L’ouverture est parfaite, Abigail Morris occupe immédiatement l’espace, bottes aux pieds et chapeau tricorne vissé sur la tête.

The Last Dinner Party au Zénith de Paris, le 25 février 2026
The Last Dinner Party au Zénith de Paris, le 25 février 2026

Très vite, le concert affirme ses nuances. Caesar on a TV Screen bénéficie d’une outro revisitée, plus rock, plus abrasive. Dans un moment d’abandon scénique, Abigail se jette aux pieds de la guitariste — premier frisson collectif. Pourtant, derrière l’assurance artistique, une forme de pudeur transparaît. Deux ans après avoir assuré la première partie d’Hozier dans cette même salle, elle semble presque timide lorsqu’elle s’adresse au public. Le groupe semble mesurer le chemin parcouru et au fil de la soirée Abigail sera de plus en plus bavarde (voire trop ?).

L’émotion gagne encore en intensité sur On Your Side, lorsque la foule brandit des cœurs découpés vers la scène. Abigail paraît profondément touchée par cette attention. L’excitation du groupe est palpable, cette ascension est pleinement partagée avec le public qui semble rapidement conquis et ce lien devient l’un des fils rouges du concert.

Même si la présence scénique d’Abigail demeure centrale, elle sait aussi se mettre en retrait. Elle laisse de l’espace aux autres membres et redistribue la lumière. En commençant par un interlude plus intimiste au piano sur I Hold Your Anger. La scénographie se resserre ensuite pour la clivante Women Is a Tree. En live, le morceau révèle une dimension bien plus mystique et fascinante que sur l’album, le temps semble être suspendu. L’envoûtement se prolonge avec Gjuha, avant que Lizzie Mayland, à la guitare, ne prenne le micro sur Rifle, ajoutant une nouvelle texture vocale à l’ensemble. Puis vient le basculement. La très heavy Big Dog — toujours inédite officiellement — déferle. Paroles scandées par la bassiste, riff massif, la claviériste délaissant ses touches pour le saxophone : l’énergie change de registre. Porté par la salle, le groupe semble submergé par l’engouement. Le concert prend alors une toute autre ampleur.

The Last Dinner Party au Zénith de Paris, le 25 février 2026
The Last Dinner Party au Zénith de Paris, le 25 février 2026

Dans son dernier mouvement, la setlist explore d’autres paysages. The Scythe et Sail Away installent une atmosphère plus aérienne, presque contemplative. My Lady of Mercy rappelle quant à elle la puissance brute du groupe en live. Enfin, la nouvelle chanson écrite pour War Child est jouée pour la première fois en concert.

The Last Dinner Party ne se contente pas d’un univers visuel fort : le groupe maîtrise pleinement ses performances lives et affirme une identité unique sur la scène rock actuelle. Plus qu’un simple enchaînement de morceaux, c’est une véritable dramaturgie qui se déploie — et un groupe qui, porté par son public, semble franchir un cap décisif.


Vous pouvez retrouver l’ensemble des photos du concert ici.

SETLIST

Agnus Dei
Count the Ways
The Feminine Urge
Caesar on a TV Screen
On Your Side
Second Best
I Hold Your Anger
Woman Is a Tree
Gjuha
Rifle
Big Dog
The Scythe
Sail Away
Sinner
My Lady of Mercy
Inferno
Let’s Do It Again!
Nothing Matters

Encore :
This Is the Killer Speaking
Agnus Dei
(Reprise)

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