10 Mar MIKA – Hyperlove
MIKA est de retour avec un 7e album, judicieusement intitulé Hyperlove, qui marque une nouvelle étape dans sa carrière.
Sa proposition musicale opère un virage artistique radical par rapport à son prédécesseur, entièrement en français. La langue de Shakespeare fait son retour et la direction artistique privilégie des sonorités électroniques marquées et des beats répétitifs. Si l’on ne peut qu’apprécier cette audacieuse volonté de continuer à prendre des risques et à se réinventer, il faut admettre que ce parti pris électronique avait déjà été expérimenté, sans grand succès, en 2022 avec le titre Yo Yo. À l’époque, cette incursion dans l’électro-dance n’avait pas véritablement convaincu le public habituel de MIKA ni les critiques. L’album Hyperlove semble parfois souffrir d’un écho de cette expérience passée, l’ensemble paraissant parfois un peu trop répétitif et étiré en longueur, peinant à maintenir l’attention.
Dès les premières notes de l’album, sur le morceau-titre Hyperlove, l’auditeur est accueilli par un piano mélancolique et familier. Malheureusement, le piano est rapidement mis en retrait devant une profusion de voix aux consonances électroniques. Ces voix modifiées, parfois robotiques/futuristes, reviennent d’ailleurs comme un leitmotiv à plusieurs reprises (notamment sur All the Same ou l’interlude Everything Beautiful), imprimant une signature sonore très nette à l’album. Seul l’avenir nous dira si ces textures vocales parviendront à vieillir aussi bien que celles des Daft Punk sur la B.O. de Tron Legacy (2010). Car le piano, lui, ne fera malheureusement jamais son grand retour au premier plan sur cet album, visiblement contraint à laisser la vedette aux rythmiques et aux textures sonores synthétiques.
C’est là que réside le principal problème et le déséquilibre frappant de ce nouvel opus. Les rythmiques marquées et les synthétiseurs dansants servent parfois les chansons, à l’image du dynamique Modern Times qui parvient à trouver une harmonie entre énergie électronique et mélodie. Sur la plupart des autres titres, il n’y a aucun équilibre et le côté « électro dance » écrase totalement les autres instruments. On regrette notamment le passage au second plan de la guitare et des cuivres sur Excuse for Love, la dilution des cordes sur Dreams ou encore l’atténuation des chœurs sur Immortal Love. Tous ces éléments, pourtant porteurs de nuances et de profondeur dans l’œuvre habituelle de MIKA, passent totalement inaperçus aux premières écoutes. Cette homogénéité sonore donne une impression générale de longueur, de répétitions prévisibles et d’interludes sans relief, qui ne parviennent pas à casser la monotonie ambiante.
L’album peine à convaincre avec des titres trop similaires les uns aux autres et, parfois même, des faiblesses d’écriture manifestes. Sur Eleven, par exemple, MIKA passe la moitié de la chanson à compter jusqu’à onze, ce qui détonne avec l’inventivité de titres comme Grace Kelly.
Pour finir sur une note plus positive, MIKA nous a toujours habitués à de véritables spectacles lors de ses tournées. Les premières images scéniques d’Hyperlove ne nous donnent pas tort : l’énergie, la couleur et la performance de l’artiste sont souvent décuplées sur scène. Nous ne pouvons donc que vous encourager à aller le découvrir en concert, où l’expérience live pourra peut-être compenser nos réserves sur cet album.
La note du rédacteur : 4/10
Ses morceaux favoris : Modern Times & Science Fiction Lover
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