On y était : Stereolab hypnotise Les Inrocks Festival

De retour avec un nouvel album après quinze ans d’absence, Stereolab clôturait la soirée d’ouverture des Inrocks Festival à Paris. Une performance immersive et délicate, à l’image de leur univers singulier.

Mardi 10 mars, au Centquatre, le Les Inrocks Festival ouvrait une nouvelle édition en célébrant également les 40 ans des Inrockuptibles. Une soirée pensée comme une traversée, entre nouvelles propositions et figures incontournables de la scène indépendante.

Au fil des premiers concerts, la nef se remplit progressivement. The Itch, duo britannique, ouvre la soirée et installe d’emblée une ambiance nocturne, presque club. Elias Rønnenfelt prend ensuite le relais avec une intensité plus brute, avant que les français de Kids Return n’apportent une touche plus douce et mélancolique.

Programmé tard dans la soirée, à 23h05 (!), Stereolab se fait désirer. Sans que cela ne casse la dynamique, cela étire le moment – un peu trop peut-être pour une partie du public, venue précisément pour eux. Pourtant, cette attente finit aussi par créer une forme de concentration particulière, comme si tout convergeait peu à peu vers ce point final.

Formé à Londres au début des années 90 autour de Laetitia Sadier et Tim Gane, le groupe franco-britannique a toujours cultivé un univers à part, entre pop expérimentale, influences krautrock et textures électroniques. Une identité forte, reconnaissable entre toutes, qui traverse les décennies sans jamais vraiment se figer. Leur retour avec Instant Holograms on Metal Film, après quinze ans de silence discographique, prolonge cette trajectoire avec une élégance presque naturelle.

Enfin, la nef du Centquatre plonge dans l’obscurité et la formation investit la scène en toute simplicité sous un tonnerre d’applaudissements. Aerial Troubles ouvre le set avec douceur. Les premières boucles s’installent, les claviers analogiques dessinent leur paysage sonore, et la voix de Laetitia Sadier vient s’y déposer avec justesse.

Puis, les morceaux s’enchaînent sans rupture, dans une continuité qui structure l’ensemble du concert. La setlist est pensée comme un tout cohérent, où chaque titre prolonge le précédent sans effet de contraste marqué. Miss Modular pose des bases immédiatement reconnaissables tandis que Percolator renforce l’intensité avec des rythmiques plus appuyées. Pour clôturer le concert qui aura duré une heure, Stereolab nous offre Cybele’s Reverie, apportant une variation plus mélodique, presque hors du temps.

L’alternance entre classiques et titres récents se fait de manière fluide, sans hiérarchie apparente. Ce choix renforce la cohérence du set et met en valeur la constance du groupe dans le temps.

Pour finir, nous avons assisté ce soir-là à une parenthèse délicate, presque hors du temps offerte par les légendaires Stereolab. Une fin de soirée qui se mérite, mais qui récompense pleinement celles et ceux qui auront pris le temps d’y rester !

Tags:
No Comments

Post A Comment