28 Mar Franz Ferdinand à l’Olympia : Le réveil de Glasgow
C’était un retour attendu. Depuis 2018, Franz Ferdinand semblait s’être doucement transformé en son propre « tribute band ».
Entre changements de line-up, tournées Best Of sans nouveautés et prestations parfois en demi-teinte, on craignait que le groupe ne soit sur une pente descendante irréversible. Au point d’agacer un Alex Kapranos d’ordinaire si charismatique !
Mais 2025 a sonné l’heure du sursaut avec un nouvel album qui, s’il n’est pas parfait, a eu le mérite de remettre du jus dans le moteur écossais. C’était donc le moment idéal pour retourner vérifier si l’étincelle brûlait toujours sur la scène de l’Olympia.
En ouverture, les Lyonnais d’Irnini Mons ont relevé le défi avec brio. Le groupe dégage une énergie collégiale presque joyeuse, rappelant par moments la ferveur d’un Arcade Fire, mais avec des instrumentations nettement plus nerveuses et rock. Une belle découverte pour chauffer le public et un sens évident de la malice avec une outro reprenant le gimmick de Take Me Out. Un moment de complicité avec la salle et un clin d’œil à Franz Ferdinand.
La scénographie du soir est élégante et reprend l’effet « cadre incliné » de la pochette de The Human Fear (2025). Après une entrée sur une musique guillerette totalement improbable, le groupe prend des postures de rockstars. Pas de temps à perdre, ils lancent The Dark of the Matinée. C’est une valeur sûre, et la réaction de la salle est immédiate.
Signe que Franz Ferdinand a retrouvé de son aura : les nouveaux titres, comme Night or Day, sont déjà connus par le public et provoquent une ferveur quasiment identique aux classiques. On sent un groupe qui a retrouvé du mordant ! Sur scène, l’espace est parfaitement occupé. Mention spéciale pour l’utilisation du promontoire en fond de scène et la complicité flagrante entre les membres sur des titres comme Michael. En plus de cette complicité on peut également souligner leur justesse technique et leur envie !
Pour citer quelques autres temps forts, inattendus :
- Right Action gagne en intensité avec une version plus brute et rock.
- Do You Want To se transforme en une version extended jubilatoire où Kapranos joue avec la foule, visiblement ravi d’être là.
- Stand on the Horizon et Love Illumination ont littéralement renversé l’Olympia grâce à une batterie éblouissante et une énergie communicative.
Au niveau de la setlist on peut souligner la présence majoritaire de leur dernier album avec 6 titres. L’album Always Ascending (2018) est totalement évincé de la setlist, et honnêtement, son absence ne s’est pas fait sentir. Presque un soulagement ! Le set principal s’est achevé en beauté sur Outsiders, conclu par une outro collégiale où tous les musiciens se sont réunis autour de la batterie, baguettes en main, pour un final percussif mené avec intensité par Audrey Tait. Avec une setlist qui change chaque soir, Franz Ferdinand prouve qu’il n’est plus en pilotage automatique.
Quelques regrets ? Le bassiste qui semble être étrangement déconnecté et en retrait du reste de la troupe. Le titre The Doctor a eu du mal à passer l’épreuve du live, retombant un peu « à plat » malgré son énergie. La durée : 1h25 de show, c’est court, surtout quand la qualité est au rendez-vous. On aurait volontiers repris deux ou trois titres supplémentaires pour prolonger le plaisir.
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