Mumford and Sons – Prizefighter

Le sixième album d’un groupe est souvent celui de tous les dangers. Pour Mumford & Sons, c’était le moment de répondre à une question cruciale : après avoir exploré tant de territoires sonores, comment se renouveler encore ? La réponse apportée par ce nouvel opus est claire : en s’ouvrant aux autres.

Pour bien comprendre l’enjeu, un rapide retour en arrière s’impose. Après un premier album en 2010 qui a défini leur son folk-rock porté par des harmonies vocales puissantes, le groupe a logiquement évolué avec Babel (2012) vers des arrangements plus riches. C’est avec Wilder Mind (2017) qu’ils ont opéré un virage rock contemporain particulièrement réussi, avant de surprendre à nouveau sur Delta avec des sonorités électroniques (flirtant avec le folk expérimental). Après une longue pause de sept ans, Rushmere (2025) signait un retour aux sources folk plus classique. La question restait donc entière : quelle direction prendre maintenant ?

Mumford & Sons - The Banjo Song

La genèse de ce sixième album est née d’une rencontre clé : celle avec Aaron Dessner (membre de The National et producteur notamment pour Taylor Swift sur folklore et evermore) lors du mixage de Rushmere (2025). De cette connexion artistique est née l’idée d’un album entièrement collaboratif.

Le cœur du projet réside donc dans ses nombreux invités avec un casting des plus prestigieux. Au chant, on retrouve des voix aussi singulières que celles de Hozier, de la superstar de la country Chris Stapleton (12 Grammys sur les dix dernières années), ou encore de la nouvelle sensation pop Gracie Abrams. À l’écriture, le groupe s’est adjoint les services de plumes comme Bon IverBrandi Carlile ou encore Finneas.

Alors, quel est le résultat ? La plus grande force de l’album est sans conteste la richesse née de ces rencontres. La douceur est le fil conducteur, créant une atmosphère intimiste et mélancolique, probablement influencée par la « patte » Dessner. Les harmonies vocales avec les artistes invités offrent de très bons moments. Cependant, le projet n’est pas exempt de faiblesses. Avec une durée un peu trop généreuse, l’album peine à maintenir son intensité jusqu’au bout, notamment sur les trois derniers titres qui peinent à se distinguer. On peut également regretter un certain manque de relief dans les textures sonores, l’ensemble restant dans une ambiance feutrée qui aurait parfois mérité d’être bousculée.

Mumford & Sons, Hozier - Rubber Band Man

Au final le pari n’est qu’à moitié rempli et le résultat en demi-teinte. Oui, l’album mérite une écoute attentive, mais il ne perdurera pas dans le temps sous cette forme. Les singles vivront sans doute au gré des gouts de chacun et l’album sera sans doute un peu oublié à l’avenir.

La note du rédacteur : 6/10
Ses morceaux favoris :
 
Badlands (avec Gracie Abrams), Rubber Band Man (avec Hozier) et Run Together

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