Rat Boy – SCUM

Auto-proclamé caille-ra la plus “bruyante et chiante” de la scène UK, Rat Boy a lâché les fauves avec son premier album, l’uppercut SCUM.

 

En mai 2015, nous vous présentions Rat Boy, alias Jordan Cardy au civil, petite gueule d’ange derrière laquelle se cachait un putain de génie. Originaire de Chelmsford, le gamin apparemment inoffensif nous avait alors scotché avec SIGN ON, son premier véritable single. Deux ans et demi plus tard, Cardy déboule dans les bacs avec son premier opus, le bien-nommé SCUM – terme péjoratif dédié aux racailles, aux ordures.

Entre temps, Rat Boy aura donc pris de la bouteille, aiguiser la maturité qui était déjà la sienne dans ses premiers textes (FAKE ID, SIGN ON) pour mieux dépeindre l’Angleterre qu’il connaît, celle des banlieues où une jeunesse désabusée et souvent inconsciente du monde dans lequel elle vit, se cherche. Servant son ska-punk décomplexé, Jordan Cardy est un peu le mariage sacrément bâtard des Clash avec Jamie T et The Streets, un phrasé proche du flow croisé avec une énergie punk et une arrogance qui en ferait pâlir plus d’un an.

D’ailleurs, Rat Boy n’a pas manqué d’attirer des oreilles curieuses et averties. Et quelles oreilles ! Sur TURN AROUND M8, premier véritable morceau de cet album, on peut entendre aux chœurs et derrière son clavier un certain Damon Albarn. Le leader de Blur a fait de Jordan l’un de ses chouchous. Dès lors que son poulain lui demande un peu d’aide, l’icône brit-pop ne rate pas le rendez-vous, apparaissant même ensuite dans un GET OVER IT retravaillé mais tout aussi jubilatoire. Graham Coxon l’a imité en lâchant quelques grattages de cordes bien sentis sur LAIDBACK, peut-être la plus mignonne (parce que romantique) des compositions de Cardy.

 

De SCUM (13 titres dans sa version classique, 25 dans le Deluxe avec quelques belles perles et une flopée d’interludes), on retient un album aux sonorités très variées. Cardy peut aller chercher dans le gospel (l’excellente BOILING POINT) comme dans l’électro sauvage et limite dubstep, croiser des influences comme Arctic Monkeys (SCUM) ou Blur (I’LL BE WAITING) et même The Streets (MOVE, pour lequel Jordan a bossé avec Jason Cox). On apprécie autant les séquences plus heavy et crasseusses de LEFT 4 DEAD, l’ambiance sulfureuse de KICKED OUTTA SCHOOL ou les percus solaires de REVOLUTION, le tout baigné de références sonores geeks – ou quand un millenials sert un album bercé par les nineties.

 

 

Difficile derrière d’aller citer un titre qui sort du lot, tant dans cette variété et cette fureur, Jordan Cardy aura trouvé un équilibre et une forme d’harmonie. C’est incisif, rafraîchissant, énergique, évidemment jubilatoire et en même temps terriblement intelligent.

 

Tracklisting :

1. WELCOME TO MY WORLD
2. TURN ROUND M8
3. REVOLUTION
4. STEVIES FIRST WIFE INTERLUDE
5. LAIDBACK
6. ILL BE WAITING
7. BIG FUCKA BURGERS INTERLUDE
8. MOVE
9. BOILING POINT
10. FAKE ID
11. BREAKING NEWZ INTERLUDE
12. GET OVER IT
13. KNOCK KNOCK KNOCK
14. SPORTSWEAR
15. TRUMPTOWERS INTERLUDE
16. LEFT 4 DEAD
17. SIGN ON
18. SHADOWS INTERLUDE
19. EVERYDAY
20. SIRENZ INTERLUDE
21. SCUM
22. POST SCUM INTERLUDE
23. SAD SAD (feat. Mallory Merk)
24. END OF THE ROAD INTERLUDE
25 KICKED OUTTA SCHOOL

Nos morceaux favoris : SIGN ON, KICK OUTTA SCHOOL, FAKE ID, BOILING POINT

LA NOTE : 9 /10

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