Kodaline : “Nos chansons sont véritables, honnêtes”

Révélé en 2013 avec notamment leur premier album In A Perfect World, Kodaline est de retour avec une tournée et un second album en préparation. Rencontre avec ce groupe qui monte irrésistiblement…

Sound of Britain : Pour ceux qui ne connaissent pas encore Kodaline, quelle est votre histoire ?

Steven Garrigan : On est des amis avant de commencer à faire de la musique. On vient de la même ville, Swords en Irlande, où j’ai rencontré Mark Prendergast à la chorale. On est ami depuis longtemps, y compris avec Vinny [May]. On a commencé à jouer aux alentours de 15 ans alors qu’on était à l’école. Plus tard, on a eu nos propres jobs et on pensait pas du tout faire partie d’un groupe… Et on a fini par en faire notre métier, ce qui est vraiment cool en fin de compte.

Avant de s’appeler Kodaline, vous évoluiez sous le nom de 21 Demands…

S.G : C’était un nom qu’on portait quand on jouait en parallèle du collège. On était jeunes, on ne savait pas ce qu’on allait faire de notre avenir. Dans le groupe, je n’avais pas même pas encore une voix à proprement parler, ou de chansons que nous écrivions et auxquelles nous croyions vraiment. Un truc d’ados. Puis en grandissant tranquillement en Irlande, on a commencé à jouer, des gens se sont intéressés à nous, qu’on n’était plus seulement un petit groupe qui joue dans la maison du batteur. On nous a proposé un album, on s’est dit OK pourquoi pas. Et voilà pourquoi on tourne depuis déjà deux ans.

Jason Boland : Changer de nom pour devenir Kodaline signifie aussi le commencement, le fait de débuter, faire quelque chose de nouveau qui nous réunisse.

Quand on écoute votre album, on pense entendre des relents de Coldplay, de Police, de Mumford & Sons, voire même de Maroon 5 dans leurs débuts. Ce sont des influences pour vous ?

S.G : On a grandi avec Coldplay quelque part, autant que U2 qui est un groupe que vous êtes obligé d’aimer en Irlande quand vous écoutez de la musique, sans quoi vous devez quitter le pays (rires). On a aussi grandi avec des groupes comme Police, et j’avoue être un grand fan de Mumford.

J.B : C’est difficile de dire qu’on n’a pas été influencé parce qu’on a écouté. Mais on a tous nos propres influences aussi, Steve est plus dans les chansons old school, rock’n’roll, alors que moi j’écoutais du reggae étant plus jeune, je croisais autant de hip-hop que les Beatles.

S.G : Ce qui est étonnant aussi avec l’écoute d’autres musiques, c’est qu’aujourd’hui, au moment d’élaborer un second album, on amène en studios des chansons plus élaborés, plus subtiles.

Lorsque vous écriviez In A Perfect World, vous étiez plus…

S.G : Cela dépendait de l’état d’esprit, du mood du moment. On pouvait passer d’une chanson pop-rock à du chill-out, quelque chose de plus reposant. Des beats lents, des chansons langoureuses, mais aussi nos propres expériences, les choses que l’on a rencontré, nos épreuves… Et nos amis ont bien aidé aussi à l’élaboration de cet album, le fait de pouvoir se reposer sur eux indirectement.

“EN IRLANDE, TU AS L’OMBRE DE U2 QUI PLANE SUR TOI”

Vous ressentez une sorte d’héritage à Dublin, terres de grandes formations musicales…

J.B : Il y a une rumeur selon laquelle, pour monter sur une certaine scène, les groupes doivent attendre un appel de Bono (rires). En quelque sorte, tu as l’ombre de ce groupe qui plane sur toi avant que lui ne reconnaisse votre talent. On attend toujours notre appel de Bono (rires). Plus sérieusement, U2 a changé la vision que les gens pouvaient avoir de la musique ici. Ils ont rendu cet art possible pour un groupe qui vient de nul part.

Et comme eux, vos textes parlent d’Irlande, de choses vécues, sans être aussi engagé qu’ils ne l’ont été.

J.B : Nos textes sont véritables oui, et honnêtes.

S.G : Vous ne pouvez pas faire autrement aujourd’hui, que de raconter une histoire avec du réalisme. Mais notre album est plus comme une sorte de journal intime, fait d’événements glanés de gens qu’on a rencontré, ou qu’on aurait aussi préféré ne jamais rencontrer. Ce n’est que de l’expérience. Ce qui est dingue et nouveau pour nous, c’est de voir que dans les salles anglaises ou américaines, les gens chantent avec nous et récitent ces paroles qui ont du sens pour nous. Parce que lorsque vous écrivez une chanson si personnelle et que le public s’approprie cette chanson à sa manière, ça lui donne une autre envergure.

Prenons l’exemple d’All I Want, morceau intimement lié à ce que vos paroles reflètent, et en même temps lié à votre succès. Quand je l’ai entendu et vu le clip, je me suis dit qu’avec cet homme défiguré et marginalisé cherchant à retrouver son chien adoré, on aurait pu autant remplacer le chien par une fille (qui finit par débarquer dans l’intrigue), l’amitié par l’amour physique.

S.G : C’est effectivement possible, oui.

J.B : Une bonne analyse oui. Ce que le clip veut montrer surtout, c’est que cet homme aime la vie et le fait de vivre, au-delà de ce qu’il recherche.

“ALL I WANT A ETE ECRITE APRES UNE RUPTURE DIFFICILE”

Et j’imagine que la chanson n’est pas qu’une histoire, elle est l’écho d’un événement passé ?

S.G : En effet… Je l’ai écrite après une rupture. Quelque chose de très dur, tu es enfant quand ça débute et 6 ou 7 ans plus tard, ça se termine et c’est tout nouveau pour moi. J’ai réagi comme beaucoup de gens auraient réagi dans un premier temps, à savoir être dégoûté. Puis j’ai écrit cette chanson, ce qui m’a beaucoup aidé à faire le deuil. Je ne l’ai pas revu depuis d’ailleurs. Et à vrai dire, j’en ai plus rien à faire (rires).

Est-ce qu’on est aujourd’hui dans un vrai Big Bad World ?

S.G : Oui ! Je veux dire, on n’a pas forcément ce que l’on veut même quand on se donne pour. Vous devez échouer pour réussir à quelque chose…

J.B : Le propos de Big Bad World, c’est de dire qu’il faut se battre, aller de l’avant, de manière inépuisable, sinon vous n’irez nulle part. D’avoir essayer au moins

S.G : Sinon à quoi bon  vivre. C’est ce qu’on croit.

Et du coup, vous avez de grands espoirs (High Hopes)

J.B : (rires)

Vous avez aujourd’hui goûté aux tournées hors UK… Qu’est-ce qui change ?

J.B : C’est tellement différent. Par exemple, avant une tournée qu’on a faite en Grande-Bretagne, avec de grandes salles, on jouait en Amérique dans des endroits plus étroits, la sensation est juste très différente. C’est ce qu’on a ressenti aussi quand on a joué au Main Square en France, puis au Divan du Monde à Paris. Chaque lieu est différent, chaque accueil, et ça rend la chose plus excitante aussi. En France, les vibes sont bonnes.

Comment avez-vous appréhendé le succès d’In A Perfect World ?

S.G : C’était chaleureux, évidemment. Mais le plus important pour nous, c’était d’être réclamé, d’aller jouer des shows, de rencontrer des publics, les séduire sur le moment. C’est la chose la plus importante à mon sens, au-delà du succès commercial.

J.B : Quand je vois le public reprendre One Day ou Big Bad World, je prends mon pied et c’est pour ça qu’on fait de la musique. Parce que ça nous montre aussi qu’on est dans le dur, pas seulement face à des gens qui ont regardé une vidéo sur YouTube.

On pense déjà au second album ?

S.G : Oui, on écrit, on compose. Mais on tourne beaucoup, donc c’est assez lent. On a eu des sessions studios au début de l’année, et là on peaufine. Je ne pense pas que ça sortira avant début 2015, parce qu’on tourne pas mal.

Et ce sera différent dans l’esprit ?

S.G : Peut-être qu’on l’appellerait In A Imperfect world en fait (rires). Non, ça restera dans le même style, basé sur nos expériences.

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