Catfish & The Bottlemen : “Depuis le 1er jour, on a voulu être le plus grand groupe du monde, être aussi connu que possible et acheter de jolies maisons pour nos mères.”

Quelques heures seulement avant leur tout premier concert à Paris, à la Flèche d’Or, nous avons rendez-vous avec Catfish and The Bottlemen, ou plutôt avec son leader, Van McCann. Dès notre arrivée, celui-ci est très chaleureux, semblant déjà avoir adopté les habitudes françaises puisqu’il nous salue en nous faisant la bise. Celui-ci vient de terminer une interview et une séance photo, mais c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il répond à nos questions, visiblement très heureux d’être en France et que les médias français s’intéressent à son groupe.

Catfish and The Bottlemen à La Flèche d'Or, Paris le 28 novembre 2014

Sound of Brit : C’est donc votre tout premier « vrai » concert à Paris ? 

Van McCann : Ouais, je crois même que c’est notre premier « vrai » concert en France

SoB : Vous aviez hâte de jouer ici ? 

Van McCann : Oui, vraiment. Paris et Amsterdam sont les villes où nous avions le plus hâte de jouer parce qu’Amsterdam a toujours été une ville sympa avec nous et on n’a jamais joué là-bas, mais c’est quelque chose qu’on a toujours voulu faire. Et on aimerait devenir connu à Paris et en France parce que j’ai vu toutes ces émissions de télé française dans lesquelles les groupes jouent. 

SoB : Oui, on est généralement un peu lent à découvrir les nouveaux groupes, mais normalement, une fois qu’on aime un artiste, on lui est plutôt fidèle. 

Van McCann : Vraiment ? J’espère que ça sera le cas alors 

SoB : Alors, comment se sont passés les derniers concerts que vous avez joués, vous êtes passés par l’Allemagne c’est bien ça ? 

Van McCann : Oui, on était en Allemagne, on a fait Cologne et Hambourg et c’était génial, tu sais, c’était notre première fois là-bas donc il n’y avait que quelques centaines de personnes, mais c’était vraiment incroyable. 

SoB : Ils connaissaient déjà certaines des chansons ? 

Van McCann : Oui oui, et ils nous ont attendus à la sortie alors ouais, c’était vraiment génial et assez incroyable.

SoB : Parce que votre tournée britannique est sold-out.

Van McCann : Oui, pour le moment oui

SoB : Ça doit être assez dingue

Van McCann : Ouais c’est assez dingue en Angleterre parce que genre, l’année prochaine, on va jouer dans de très grandes salles dans chaque ville, alors ouais, c’est assez fou, complètement fou. 

SoB : Et comment était-ce aux États-Unis ? Les salles étaient-elles semblables à celles dans lesquelles vous avez joué en Europe ? 

Van McCann : Oui elles étaient à peu près pareilles parce que, en dehors de l’Angleterre, le reste du monde commence tout juste à nous découvrir et à nous apprécier.  Alors c’était assez petit

SoB : Et puis vous allez en Australie après ça. Tu y es retourné depuis ta naissance ? 

Van McCann : Oui, j’y étais quand j’étais bébé et j’y suis retourné quelque fois parce que j’ai de la famille là-bas, mais je n’y ai jamais joué et ça a toujours été un rêve. Alors avoir la possibilité de voyager dans le monde entier, c’est tout simplement hallucinant.

SoB : Vous allez essayer de retrouver le véritable Catfish alors ? 

Van McCann : Ouais, en fait, quand on y retournera pour jouer nos propres concerts (nb: ils seront en première partie des Kooks), on va essayer de le faire jouer en première partie, ce qui devrait être sympa. Donc ouais, on va essayer de le retrouver. 

SoB : Vous voyagez beaucoup, mais j’ai lu que vous vous déplacez toujours dans le même vieux van ? 

Van McCann : Ouais, toujours le même. C’est le mien en fait, alors à chaque fois que je sors, que j’ai un rencard, je vais chercher les filles avec, et je leur dit « Allez viens love, on va aller boire un verre ». 

SoB : Et comment se passe la vie en tournée, être tout le temps tous les quatre ensembles dans le van, vous ne vous tapez pas sur les nerfs ? 

Van McCann : Non, non, pas vraiment. Enfin si, mais ça fait près de huit ans qu’on est ensemble maintenant alors tu finis par, enfin tout le monde sait exactement comment énerver les autres. Donc à la seconde où l’un de nous commence à faire ça, tous les autres lui disent, « mec, je sais ce que tu es en train de faire, arrête. » Et pour le moment, c’est comme un rêve pour nous, tout ce qui nous arrive, c’est un honneur. Venir en France, jouer des concerts… Alors, on ne se dispute pas vraiment parce que, dès qu’on commence, on se dit, les mecs, on est à Paris, laisse tomber. Alors ouais, on a arrêté ça pour le moment. 

SoB : Oui parce que, vous avez commencé à quel âge ? 

Van McCann : Quand j’avais 14 ans, et j’en ai 22 maintenant alors oui ça fait, (il compte sur ses doigts) 6, 7, 8 ans… 

SoB : Et c’était toujours vous quatre ?

Van McCann : Non, au début c’était juste moi et le bassiste, Ben. Mais ce groupe n’a commencé que lorsque nous avons recruté le batteur (Bob Hall) en, je ne sais plus vraiment quand c’était, en 2008 peut-être, ou 2009.

Catfish and The Bottlemen au Bitterzoet, Amsterdam, le 30 novembre 2014

SoB : Vous aviez toujours voulu être dans un groupe ? 

Van McCann : Ouais, quand j’avais 10, 11 ans, c’était soit ça, soit le football. Mais en faisant le calcul, je me suis dit, bon, on peut devenir multimillionaire en faisant les deux, avoir de grosses voitures, des grandes maisons… mais avec la musique, tu peux avoir tout ça et tu peux fumer, alors c’est pour ça que j’ai choisi la musique. 

SoB : Et quels sont tes influences, ou les artistes qui t’ont donné envie de former un groupe ? 

Van McCann : J’aime beaucoup, tu connais The Streets ? Le groupe, The Streets, ils font un genre de rap…

SoB : Oui, oui…

Van McCann : C’est vraiment mon groupe préféré, je les aime tellement et je les écoute tous les jours depuis que j’ai 15 ans, alors eux et mon père. Parce que si mon père a un peu trop bu, il créé des paroles vraiment cools, elles m’inspirent alors je les écris. 

SoB : Donc tu viens d’une famille assez musicale ? 

Van McCann : Ouais, mon grand-père est toujours dans un groupe, il joue du fiddle, une sorte de violon, et il a près de 85 ans. Il a eu une attaque et les médecins lui avaient dit qu’il ne pourrait plus jamais marcher ni jouer le fiddle et le lendemain, il est monté en voiture, a conduit jusqu’en Irlande et a joué le fiddle devant un public. 

Alors ouais, à chaque fois que je suis crevé d’être en tournée et que je lui dis que je suis mort, que je ne peux pas continuer, il me dit, tais-toi, j’ai eu une attaque et j’ai conduit à travers le pays alors, tu vois ? Donc ouais, c’est mon grand-père. 

SoB : J’aime beaucoup l’honnêteté de vos paroles et c’est assez marrant de voir qu’il y a un contrôle parental sur la couverture parce que c’est le genre de truc qui donnera encore plus envie aux jeunes d’acheter votre disque. 

Van McCann : C’est pour ça qu’on l’a fait ! La seule chose que je voulais vraiment pour cet album, c’est qu’il soit vrai, je voulais qu’on ressente que c’est un gars de 20 ans qui chante donc ouais, merci beaucoup.  Je voulais qu’on sache que c’est un groupe de mecs avec lesquels tu pourrais être amis, tu vois, des gars normaux. Je voulais que les gens sachent que c’est moi qui chante, et pas quelqu’un qui va t’inventer un conte de fées, alors merci beaucoup d’apprécier cette honnêteté. 

SoB : Eh bien, j’ai le même âge donc j’imagine que ça parle à cette génération..

Van McCann : Merci. En Angleterre, la presse trouve que je suis trop grossier, mais je leur réponds que, c’est le genre de chose que les gens de 22 ans disent. Par exemple, quand j’avais entre 16 et 20 ans, on avait rien d’autre à faire à part sortir avec ses potes, boire un verre, essayer de trouver une copine, fumer et ne rien faire de particulier. Une vie normale quoi..

SoB : C’est un peu ce qu’on fait les Arctic Monkeys et Oasis…

Van McCann : Ouais, et ils ont été critiqués, mais ils ont pas mal réussi donc… Mais c’est marrant parce que, lorsque la presse n’aime pas quelque chose, les jeunes aiment ça encore plus, les gens de mon âge m’encouragent à continuer, à jouer. 

SoB : Et comment se passe l’écriture de vos chansons ? Tu écris plutôt dans ton coin, avec une guitare ? 

Van McCann : J’ai toujours une sorte de liste de paroles sur mon téléphone, alors dès que mon père est saoul, je lui pique toutes ces phrases et je les écrit, au cas où j’en aurai besoin. Mais je ne sais pas, parfois une chanson me vient, comme par exemple lorsqu’on a pris l’avion pour l’Europe, on attendait le taxi qui allait nous emmener à l’aéroport et j’ai commencé à écrire une chanson dont j’ai trouvé le reste de la mélodie dans l’avion. Donc ouais, je pioche des petits trucs par ci ou par là…

SoB : Donc tu continues à écrire même si vous avez déjà beaucoup de chansons prêtes ? 

Van McCann : Ouais, le deuxième album est terminé, enfin on cherche encore une chanson et il sera fini. Mais ouais, j’ai écrit des centaines de chansons entre 14 et 20 ans, juste avant qu’on ait un contrat avec une maison de disques. J’ai écrit toutes mes chansons à cette époque-là pour que, si un label nous contactait et était prêt à prendre un risque avec nous, je pouvais me retourner et leur dire que, s’ils nous signaient, on serait le groupe le plus travailleur qu’ils aient jamais vus. Donc ils m’ont envoyé un email, me demandant si j’avais 4 ou 5 chansons et je leur en ai envoyé près de 150. Ils étaient impressionnés et je leur ai répondu qu’on était prêt à travailler dur pour ça.

Catfish and The Bottlemen au Bitterzoet, Amsterdam, le 30 novembre 2014

SoB : Alors à quoi va ressembler votre second album ? Je sais qu’il est encore un peu tôt pour poser ce genre de questions, mais puisqu’il est terminé… 

Van McCann : Eh bien, on a été aux États-Unis et j’ai vu des trucs assez dingues, le genre de vie que tu peux avoir si tu as du succès, j’ai été à des fêtes et des trucs où j’ai halluciné et je me suis dit, wow, tu peux vraiment avoir tout ça en écrivant quelques bonnes chansons ? Alors j’’imagine que j’ai essayé d’écrire des chansons un peu plus puissante, le genre qui ont leur place dans un stade. Je pense que cet album parle beaucoup aux gens de mon âge et de ton âge et aux gens qui vivent une vie normale, mais j’aimerais étendre un peu notre horizon. Alors, j’essaie de faire ça, et notre guitariste est à fond dans ses pédales en ce moment, alors j’imagine que notre son va devenir plus puissant. Mais je crois que ça restera très direct, je n’aime pas vraiment cela lorsque les groupes changent trop leur son. Les Artic Monkeys ont très bien réussi cela, et à chaque albums, mais des groupes comme Oasis ou les Strokes, ils ont plus ou moins toujours gardé le même son et j’aime beaucoup ça, la musique est toujours la priorité. 

SoB : Oui, si tu trouves ton propre son, pourquoi ne pas le garder ? 

Van McCann : Ouais, exactement. Et pour moi, l’important a toujours été les paroles et les mélodies alors ça ne me dérange pas vraiment si les chansons sont similaires tant que les mélodies et les paroles sont différentes. Les chansons veulent dire des choses différentes, mais voilà,  je ne sais pas trop encore. 

SoB : Et comment s’est passé l’enregistrement alors ? 

Van McCann : Erm, on n’a pas commencé encore, parce qu’on est en tournée…

SoB : Non, non, le premier album. 

Van McCann : Oh, le premier. On a fait ça en trois semaines, vraiment rapidement, parce que je déteste être en studio. Je veux toujours repartir en tournée. 

SoB : Ouais, vous êtes toujours sur la route alors comment avez-vous trouvé le temps d’enregistrer ?

Van McCann : Eh bien, la maison de disques nous a demandé de mettre deux mois de côté, mais je leur ai dit, écoutez, donnez-nous trois semaines et on ira en tournée le mois suivant. Alors on a fait ça et c’était vraiment rapide et c’est quelque chose qui ajoute à l’honnêteté de l’album, genre, bang, c’est fait, voilà. Il n’y a pas de trucs, on n’a pas eu le temps de s’amuser avec des effets et ce genre de chose. 

SoB : J’aime bien le fait que l’album soit assez brut tout en étant bien produit

Van McCann : Ouais, je vois ce que tu veux dire, notre producteur, il a fait le premier album des AM et des trucs avec Kasabian alors je pense qu’il a trouvé le bon compromis entre ce que tu vois en live et le son qu’un groupe devrait avoir sur album. 

SoB : Oui parce que parfois, le groupe est très bon en live, mais l’album est..

Van McCann : Très plat ouais. 

SoB : Et comment avez-vous choisi les chansons qui sont sur cet album ? Parce que j’ai lu dans une interview qu’une chanson nommée Alabaster devait s’y trouver…

Van McCann : Oh ouais, elle sera sur le prochain

SoB : Parce que tu avais dit que tu l’aimais beaucoup, mais elle est absente, pourquoi ? 

Van McCann : Ouais, on s’est dit qu’on allait mettre celle la de côté parce qu’elle va être massive. C’est un peu comme une chanson de dance musique des années 90. Elle ne s’appelle plus Alabaster maintenant, mais je ne peux pas te donner son titre parce qu’elle fera partie du prochain album, enfin je pense. Attends, je vais t’en jouer un morceau, elle est vraiment cool… 

Il se lève et attrape sa guitare. 

Ça commence avec un son très simple, presque naïf, mais avec des pédales et ce genre de trucs et puis le groupe arrive et ça devient énorme. Voilà. 

SoB : Ça sonne vraiment bien.

Van McCann : Tu es la première personne à l’avoir entendu, c’est une exclusivité. 

SoB : Merci beaucoup, j’ai vraiment de la chance alors.

Van McCann : Mais de rien. 

SoB : Mais oui, comment avez-vous choisi les chansons pour cet album ? 

Van McCann : Eh bien, mon meilleur ami, Larry, qui vient en tournée avec nous autour du monde, c’est mon meilleur pote depuis des années et il n’y connaît rien en musique, alors je le vois comme l’opinion générale. 

SoB : Alors vous lui avez demandé ? 

Van McCann : Ouais, je crois que, s’il me dit qu’une chanson est nulle, ça veut dire que le public ne l’aimera pas, et s’il me dit qu’elle est bien, alors le public l’aimera. Alors je lui ai joué toutes nos chansons et il m’a dit, ça c’est bien, ça c’est bien… Et ensuite je lui ai demandé de choisir l’ordre et c’est devenu l’album. Et ouais, il y a des chansons que je trouvais meilleures, mais qui n’ont pas été sélectionnées…

SoB : Vous lui faites vraiment confiance.

Van McCann : Oui, “with my life”. Et on a aussi fait une tournée et c’était vraiment important pour nous que nos fans aient l’impression d’être vraiment amis avec nous, alors on a fait plusieurs concerts l’année dernière et chaque soir, on jouait des morceaux différents en leur demandant de venir ensuite nous voir au bar, et de nous dire lesquels étaient bons et lesquels étaient mauvais. Certains sont donc venus me voir en me disant, ne mets surtout pas ça sur l’album, c’est horrible, mais mets celle-la, elle est bien. Alors, à partir de ça on a eu une sélection de chansons. Mais par exemple, Hourglass, tout le monde m’avait dit, ne mets pas cette chanson sur l’album,  elle est vraiment naze. Mais avant on la jouait avec tout le groupe alors on l’a retravaillé en version acoustique et maintenant tout le monde semble l’apprécier, donc je suis assez fier de cela. 

SoB : Ouais, pourquoi se trouve t-elle au beau milieu de l’album ? Parce que les autres morceaux sont assez punchy et puis tout d’un coup, il y a cette chanson très douce 

Van McCann : Eh bien, on ne voulait pas l’y mettre au départ, parce qu’on s’était dit, on va faire un premier album très agressif, mais en l’écoutant, on s’est dit qu’il manquait ce truc, comme, lorsque tu vas dans un club et que tu écoutes de la musique toute la nuit, mais c’est quand même agréable de sortir et de fumer une cigarette pendant une minute ou deux et de prendre un peu l’air avant de retourner à l’intérieur. Donc je pense qu’il avait besoin de cette bouffée d’air. 

packshot

SoB : C’est vrai que c’est assez surprenant lorsqu’on écoute l’album pour la première fois…

Van McCann : Oui, on ne s’attend pas à la trouver ici, j’aime bien ça. C’est probablement ma chanson préférée de l’album, je l’aime justement pour cette raison. 

SoB : Et que pouvez-vous nous dire de la couverture de l’album et des singles, ces personnages sans tête ? 

Van McCann : Eh bien, c’était la couverture de notre tout premier EP, quand on avait 15 ans, et il y avait genre 5 chansons et c’était la couverture. Et le dernier morceau était un titre nommé Tyrants, qui est également le dernier morceau de l’album. On s’était dit, si un jour, on fait un album, pour remercier tous ceux qui nous suivent depuis qu’on a 15 ans, ce sera notre dernier morceau et on prendra ça comme couverture. Et c’est ce qu’on a fait. Et quand il était temps pour moi d’enregistrer l’album, je me suis dit, oh mec, j’ai écrit ça quand j’avais 14 ans, et j’en ai 21 maintenant et je pouvais m’entendre, à cet âge, dans le casque et je me suis dit, oh, c’est horrible. Mais on l’a fait et puis on a toujours terminé nos concerts avec cette chanson. Le gars qui a fait la couverture, Tim Lahan est de New York City et on trouvait que ça serait cool que tout soit pareil, que ce soit une série. J’aime beaucoup lorsque les groupes font un truc assez symbolique, tu te souviens de ce groupe écossais, The Fratellis ? Ils avaient une danseuse burlesque comme logos et tous leurs singles avaient une danseuse burlesque différent. J’aime bien ce genre de chose. 

SoB : Comment s’est passée l’émission Never Mind The Buzzcocks ? Tu étais dans quelle équipe ? 

Van McCann : Oh, c’était génial, j’étais dans celle de Noel (Fielding) et on est devenu super potes. C’était très drôle. 

SoB : C’est très amusant à regarder, mais je me demandais comment c’était lors de l’enregistrement…

Van McCann : Eh bien, tu enregistres pendant 2h30, alors tu es assis là, pendant une émission de 2h30 qui sera ensuite compressée pour ne faire plus que 20 minutes et quelques. Donc, ouais, je crois que j’ai été assez marrant, mais tout dépend des clips qu’ils passent à l’antenne. Ça ne sera pas diffusé avant le 8 décembre, donc la semaine prochaine, mais ouais, j’ai hâte de voir ça, je ne l’ai pas encore vu alors je préfère ne rien dire, mais je crois que c’était plutôt pas mal. J’étais avec Noel et on a bien rigolé, et j’ai fait venir mon pote sur le plateau, tu sais, quand il y a toutes ces personnes en ligne (il s’agit de retrouver une célébrité généralement oubliée entourée d’inconnus)? J’ai réussi à l’ajouter à la ligne pour rigoler, mais je ne sais pas si on verra ça.

SoB : Tu as toujours eu autant d’assurance ? Tu donnes cette impression dans les interviews, que tu sais ce que tu veux et que tu n’as pas peur de le dire. 

Van McCann : Ouais, mon père m’a éduqué en regardant Mohamed Ali, je l’adorais quand j’étais plus jeune, et il arrivait toujours en disant, je suis le meilleur, je vais être champion du monde et, même s’il ne gagnait pas, les gens achetaient des billets juste pour le voir s’écrouler, ils voulaient le voir perdre. Tout ce qu’il voulait, c’était que les gens viennent le voir. Moi, la plupart du temps, ce que je dis, c’est en plaisantant. Tout ce qui m’importe, c’est mon groupe, mon père, ma mère, ma copine et mon chien et voilà. C’est tout ce qui m’importe. Et ça les fait rire la façon dont je parle dans les interviews et ils savent très bien quand je plaisante ou pas. 

Depuis le premier jour, en tant que groupe, on a voulu être le plus grand groupe du monde, être aussi connu que possible et acheter de jolies maisons pour nos mères et remercier tout le monde pour tout ça et non pas pour devenir riches parce que ça, ça n’a pas d’importance pour nous. Mais pour moi, c’est comme vouloir jouer pour une équipe de football et être content d’être neuvième dans la ligue. Et ça ne veut pas dire qu’on sera les meilleurs, ni qu’on est meilleurs que tous les autres, c’est simplement qu’on veut être les meilleurs, faire de notre mieux, prendre un avion pour jouer dans un stade et voyager autour du monde. Mais merci beaucoup, j’aime la façon dont tu me comprends. 

SoB : Oui, si tu te lances dans quelque chose, autant le faire à fond. 

Van McCann : Oui, exactement. Et on vient d’un milieu où on a toujours dû travailler pour obtenir quelque chose. Personne ne nous a jamais rien donnés,  on ne connaissait personne dans l’industrie musicale. 

SoB : Ouais, tu dois travailler dur pour obtenir quelque chose et devenir quelqu’un…

Van McCann : Ouais, c’est ce qu’on a toujours voulu faire et la presse en Angleterre ne voulait pas vraiment qu’on y arrive, mais on s’est dit, vous savez quoi ? Allez vous faire voir. Mais partout en Europe et aux États-Unis, ils ont l’air de nous apprécier alors c’est vraiment agréable. Enfin, je ne pense pas que l’Allemagne nous aime vraiment en fait, parce que j’ai été interviewé par un type qui m’a dit qu’il trouvait que la couverture de l’album était trop provocante, mais les gens font ça dans la vie de tous les jours, tu vois ce que je veux dire ? 

SoB : Et puis ce ne sont que des personnages…

Van McCann : Ouais, ce sont des dessins, c’est un peu stupide vraiment. Je pense que c’est un peu comme, tu vois, la couverture de Nirvana avec le bébé qui essaie d’attraper un dollar. Je trouve que c’est très inventif et pour moi, la couverture de l’album est symbolique. Ce sont simplement deux jeunes qui sont amoureux, et quand ils tombent amoureux, ils font ce genre de choses, tu vois. 

SoB : Et as-tu déjà ressenti à certains moments qu’il y a des choses que tu n’oublieras jamais, ou des moments où tu t’es dit, c’est bon, on a réussi ? 

Van McCann : Non, on a pas eu ce moment encore, et je ne pense pas qu’on l’aura un jour parce qu’on voudra toujours obtenir quelque chose de plus. Mais le moment où l’album est sorti et…

SoB : Jouer à Reading et Leeds ? 

Van McCann : Ouais, Reading et Leeds étaient les plus beaux jours de ma vie, mais à chaque fois que l’un de nos concerts est complet, peu importe l’endroit. Par exemple, on a découvert il y a quelques jours que notre concert à Tokyo était complet et c’est dans ce genre de moment que ta tête explose… Comment les gens à Tokyo peuvent-ils nous connaître ? Donc à chaque fois que ce genre de choses arrivent, ce sont les moments dont je me souviendrais pour le reste de ma vie. Les concerts et les tournées qui sont complets. Mais tu sais, on essaie de ne pas trop se laisser emporter.

SoB : Vous allez jouer avec The Horrors fin décembre, pour un concert organisé par XFM. Vous avez fait pas mal d’interviews avec eux et ils ont l’air de vous apprécier…

Van McCann : Ouais, ils sont comme toi, ils aiment bien les groupes qui arrivent et qui disent, « on veut devenir connu ». Ils ont toujours cru en nous et nous ont encouragé alors ouais, j’ai hâte de faire ces concerts. À chaque fois que je les vois, je leur dis toujours que, s’ils ont besoin de quoi que ce soit, peu importe ce que c’est, je serai toujours là pour eux parce qu’ils ont vraiment changé ma vie. Je n’étais personne avant qu’ils jouent notre musique, alors je leur répète toujours qu’ils ont changé ma vie. 

SoB : C’est vraiment bien quand de grosses radios s’intéressent aux nouveaux groupes…

Van McCann : Ouais, XFM surtout, et Radio 1 ont été super avec nous. Et Ouï FM aussi, c’est une grosse chaîne ici ? 

SoB : Oui, surtout pour ce type de musique

Van McCann : J’aime bien ça, j’aime beaucoup ce pays, j’adore la France et j’aime beaucoup les gens. Les gens sont vraiment gentils. 

SoB : Eh bien, j’espère que vous serez bientôt de retour ici parce que vous avez déjà des dates en Australie, aux États-Unis, au Royaume Uni… jusqu’en avril 2015.

Van McCann : Ouais, on va essayer de revenir au mois de mai, ça devrait être annoncé bientôt. 

Sur ce, Van McCann se lève et nous remercie une nouvelle fois pour l’interview en nous serrant la main. Il décide d’aller fumer une cigarette avant de rejoindre les autres membres du groupe, qui viennent de prendre place autour d’une grande table pour dîner. Dans la salle, un titre de Kings of Leon, Supersoaker résonne et le leader de Catfish and The Bottlemen ne peut s’empêcher de se mettre à chanter. Il est rare de croiser le chemin de musiciens aussi passionnés par ce qu’ils font tout en sachant rester très humble, on ne peut alors que lui souhaiter, ainsi qu’à son groupe, d’atteindre les buts qu’ils se sont fixés et de séduire des foules toujours plus grandes. Quelques heures plus tard, Catfish and The Bottlemen donneront un incroyable concert parisien qui devraient leur permettre de se construire une fanbase ici aussi. Et c’est toujours dans l’optique de rester très proche de leurs fans qu’ils sont ensuite venus les rencontrer, prenant le temps de discuter avec chacun d’entre eux. 

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