Fat White Family – Songs For Our Mothers

Avec ce second album, Fat White Family tente de sauver le rock anglais avec leur garage rock teinté de psychédélisme. Mais cela suffira t’il ?

Alors qu’on est au maximum de la hype concernant Fat White Family, SoB va rappeler quelques faits. Ca fait déjà 3 ans que la presse anglais les a bombardés sauveurs du rock, ils ont déjà un album assez moyen Champagne Holocaust à leur actif et à part des concerts inoubliables, il ne s’est rien passé. Sur la même durée, les Sex Pistols ont eu le temps, avec un album et moins de concerts, de changer le monde, de splitter dans la haine, et pour l’un d’entre eux sombrer dans la dope, tuer sa copine, aller en tôle, se suicider. « Oui mais non, c’est pas la même époque ». OK , on parle des Libertines alors ? La durée est la même.

Ce que SoB veut dire est que Fat White Family a pour seul bilan une réputation scénique plus que mérité. Sur scène, ce groupe a tout, l’attitude, la folie attisée par la magie de la chimie, et surtout ils ont l’air dangereux. C’était quand la dernière fois que vous avez eu peur à un concert ? Le 13 novembre… Ah oui, pardon. Désolé. Mais là aussi, autre problème, la réalité a tellement dépassé le cirque du Rock’n’Roll que la notion de « groupe trop destroy, tu vois », devient juste un peu décalé.

Malgré ce contexte, Songs For Our Mothers est nécessaire. D’abord au groupe pour prouver qu’ils sont autre chose qu’une anecdote de plus. Mais surtout à vous, lecteurs.

En effet, une fois passé le vague sentiment d’ennui laissé par la lecture des titres : Duce, Lebensraum, When Shipman Decide, Goodbye Goebbels. Provoc à deux balles, il faut bien que jeunesse se passe,… On attaque l’album avec Whitest Boy On The Beach , le Arnold Layne des années 2010 ! Et la vraie surprise à l’écoute des autres morceaux est qu’en fait Songs For Our Mothers est un disque …… psychédélique. Mais pas comme dans les années 60 : la fête est finie , l’ambiance est plombée depuis trop longtemps, , tout le monde fait semblant, personne ne croit plus en rien. Mauvaise ambiance et No Future.

Avec Fat White Family, le psychédélisme ne nous emmène pas higher, fleurs dans les cheveux,  mais plutôt vers le local poubelle (“We’re the flowers in the dustbin”, comme disait cette vieille chanson de 1977) ,  : mélodies en vrac, sons déjà entendus sur des compiles garage-rock , mélopées sinistres et hurlements genre film d’horreur . L’agression et l’excitation primaire sont permanentes, et paradoxalement, au fur et à mesure des écoutes, on y trouve en plus une certaine beauté, voire même de la sérénité.

Mais une sérénité paradoxale, comme celle qui précède l’accident de voiture : on sait que ça va taper, on peut plus rien y faire, le temps s’est ralenti et bizarrement, on ne sent plus rien, cerveau vide, on se laisse porter en attendant le choc. Jusque-là tout va bien….Bel album, grand groupe, et peut-être pour la première fois en pensant à leur progéniture, leurs mamans peuvent être fières.

Tracklist

Whitest Boy On The Beach

Satisfied

Love Is The Crack

Duce

Lebensraum

Hits Hits Hits

Tinfoil Deathstar

When Shipman Decides

We Must Learn To Rise

Goodbye Goebbels

Titres préférés : Whitest Boy On Beach, Hits Hits Hits, Tinfoil Deathstar, We Learn to Rise

LA NOTE : 9/10

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