Massive Attack – Ritual Spirit (EP)

Le nouvel EP de Massive Attack, Ritual Spirit, nous entraine dans une messe alliant noirceur et ensorcellement. Elle marque le retour du combo de Bristol au premier plan.

Surprenant, esthète et créatif seraient certainement les 3 adjectifs pour qualifier au mieux Massive Attack. A l’égard de ces vertus, il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’un certain David Robert Jones, alias monsieur Bowie, n’ait pu résister à la tentation de collaborer avec eux dans un autre temps. Plus de 25 ans après sa création, la bande de Robert Del Naja (3D) et Grant Marshall (Daddy G) revient avec un nouvel EP intitulé Ritual Spirit en ne dérogeant toujours pas à ses qualités intrinsèques.

Etonnant, le groupe l’a toujours été dans sa démarche en prenant fans et milieu à contre pieds. Pour preuve, l’arrivée imminente de ce dernier brûlot a été dévoilée, il y a quelques jours, au travers d’une application mobile Fantom permettant à l’utilisateur de découvrir des brides des 4 nouveaux morceaux et de créer aussi ses propres remixes en fonction de ses mouvements, sa localisation et de ses battements de cœur. Jolie démarche qui montre bien le côté novateur des anglais. Puis le fameux disque apparut enfin sur nos réseaux, sans aucune annonce préalable et avec un format peu conventionnel pour des artistes de cette envergure, … le combo de Bristol surprendra toujours.

4 collaborations de choix constituent donc ce petit joyau à l’ambiance sombre et inquiétante. La messe s’ouvre avec Dead Editors sur laquelle Roots Manuva impose son influence dub et ses origines jamaïcaines. Le son est gros ; oscillant entre dancehall et rap ; et s’alourdissant avec des basses profondes et un rythme saccadé. Cette introduction instaure immédiatement une atmosphère hypnotique, malsaine qui prend aux tripes et qui va perdurer.

S’ensuit Ritual Spirit et son gimmick électrique dans la pure tradition du collectif britannique. La voix d’Azekel influe une certaine douceur dans une composition pleine de noirceur. Son chant est entêtant comme avait su le faire si bien Horace Andy sur Girl I Love You, extrait du dernier album en date Heligoland.

Voodoo In My Blood, le troisième acte est orchestré par Young Fathers. Les écossais, appelés à faire la 1ère partie des maîtres en question, illustrent un titre lancinant à souhaits. Mais il est déjà temps de quitter ce monde glauque, à moins que le meilleur reste à venir.

Après une légère introduction mélancolique au piano, la voix de Tricky fait son apparition sur Take It There, une première pour le musicien après avoir lâché ses confrères et la bombe Protection en 1994. Pour la première fois, la rythmique s’est assagie mais cette fausse quiétude n’est qu’illusoire. La production de 3D fait des merveilles comme si le piano nous entrainait au fur et à mesure, dans une spirale infernale.

Même si le disque est un peu court, il délivre une black music détonante, qui vient enrichir une discographie déjà jalonnée d’opus marquants comme Protection, Mezzanine et 100th Window. La formation prouve son habilité à fusionner différents styles musicaux et que sa créativité reste intacte. Bravo Massive Attack, vous avez encore réussi…

La tournée, qui débute, risque d’être déroutante avec ces esthètes. Histoire de nous bousculer encore plus et pour notre plus grand plaisir finalement, un autre EP est d’ores et déjà annoncé au printemps prochain, co-produit par Daddy G, avant un nouvel album en 2017.

Tracklisting :

Dead Editors (Feat. Roots Manuva) 

Ritual Spirit (Feat. Azekel)

Voodoo In My Blood (Feat. Young Fathers) 

Take It There (Feat. Tricky)

LA NOTE : 8/10

No Comments

Post A Comment