Jake Bugg – On My One

À plus d’un mois de sa sortie, nous avons eu le privilège de découvrir le troisième album du prodige anglais Jake Bugg.

 

Jake Bugg en concert à la Flèche d'Or le 03 Mai 2016

 

Histoire de vous (re)situer, Jake Bugg c’est ce jeune anglais de Nottingham, 22 ans au compteur et trois albums en poche : rien que ça. Lors de la découverte de son premier album, on aurait pu penser qu’il ne serait qu’un jeune phénomène et que tout ce succès serait de courte durée. Loin de là, Jake Bugg a confirmé ce talent pour la composition avec Shangri La, un excellent deuxième opus. Et il continue désormais sur cette lancée tout en surprenant les amateurs de musique.

Après un premier travail plus folk et un deuxième plus électrique, on se demande bien vers quoi Jake va se tourner cette fois-ci. Et dès les premières secondes, nous sommes comblés par un arpège folk sombre et envoûtant qui prend tout le morceau. Nommé On My One, comme l’album, le titre vaut notamment le détour du côté des paroles, aussi tristes que la mélodie en témoigne ce : ‘I’m a poor boy from Nottingham / I had all my dreams/ But in this world they’re gone.” Pour expliquer ces paroles, Jake Bugg a indiqué au NME que c’est ce qu’il pourrait chanter si ce troisième album était un flop et que tout s’arrêterait. Ne lui souhaitons pas ce présage.

Alors oui, avec le premier single qui ouvre l’album, on se dit que Jake Bugg est une fois de plus de retour avec une musique folk. Toutefois, ne vous fiez pas à cette première impression, d’autant plus qu’il a déjà su montrer d’autres facettes sur Shangri La. En effet, pour ce troisième album, Jake Bugg a choisi de mixer les styles et propose au final un rendu plus hétérogène. Le plus bel exemple est Gimme The Love : très catchy, très rapide et où la guitare acoustique est inexistante et l’électrique subtilement présente. Citons également Never Wanna Dance, assez légère et au style très particulier. Il y a tout d’abord ce gimmick chanté par Jake Bugg qui est rejoint par une atmosphère cosy faite de divers instruments utilisés subtilement et une voix nasillarde mais différente des autres chansons. La chanson est très agréable à l’écoute, d’autant plus que la bonne instrumentalisation la rend très douce, mais elle ne restera pas dans ma mémoire directement. Comment ne pas également mentionner Ain’t No Rhyme où Jake Bugg se lance dans un trip hip-hop et il s’avère qu’il maîtrise parfaitement son sujet en proposant un titre intéressant et réussi. Et puis il y a l’énigme Bitter Salt, assez indescriptible. Ce n’est pas de la folk, pas du rock, pas du hip-hop mais écoute-t-on de la pop pour autant ? Pas tellement. En revanche, après avoir surmonté cette épreuve, vous trouverez vers les deux minutes et demie un solo de guitare très clean et efficace. En fait, je dirais que l’album s’articule autour de trois axes répartis sur toute la durée. D’un côté, nous avons des morceaux très “Jake Buggien”, incontournables et plaisants (Put Out The Fire, On My One, Hold On You, All That), de l’autre, des nouveautés osées et inattendues (Gimme The Love, Ain’t No Rhyme) et pour finir, des morceaux inclassables (Never Wanna Dance, Bitter Salt). Ce n’est pas déplaisant de voir que l’artiste s’ouvre à d’autres univers, cela permet notamment de réaliser qu’il possède une créativité suffisament développée pour pouvoir s’aventurer vers d’autres terres et relever le défi avec brio. Tout de même, on est très heureux de retrouver nos premiers amours sur des morceaux comme Put Out The Fire ou All That qui auraient très bien pu avoir leur place sur le premier album sorti en 2012.

 

 

Individuellement, les compositions sont globalement géniales mais ce manque d’unité, sûrement voulu par l’artiste, est assez perturbant. Prenons par exemple les trois premiers singles qui composent On My One : on passe d’une chanson folk classique, à un Gimme The Love aux antipodes de la précédente avant qu’une composition mélancolique, spéciale mais accrocheuse (Love, Hope and Misery) ne suive. Bref, l’assemblage est assez mystérieux et déconcertant. Mais si on s’en tient aux titres pris individuellement, quelle merveille. Un de nos coups de cœur va notamment à Livin’ Up Country. Au départ, il y a une grosse rythmique marquée par la guitare acoustique puis quelques discrètes notes électriques et des percussions timides puis il y a un refrain léger mais très fédérateur pour une composition bluesy parfaite. Well done Jake.

Pour ce nouvel album, Jake Bugg a tout écrit lui-même, contrairement aux précédents où il avait été aidé, ce qui permet sûrement d’y mettre une patte vraiment personnelle. Peut-être que la pochette le présageait : l’artiste n’y est plus en photo et la pochette n’est pas constituée d’une couleur unie mais d’une palette de couleurs vives comme pour montrer la diversité de l’album à l’image des couleurs. De plus, il paraît intéressant de souligner le fait qu’il ait joué la plupart des instruments sur ce nouvel effort, ce qui montre son implication totale pour ce nouveau travail. On My One s’avère être un album somme toute surprenant. Il aurait pu choisir la facilité et proposer onze The Love We’re Hoping For, titre à la fois simple et efficace mais non, il a choisi une autre voie. Et on ne peut pas reprocher à Jake Bugg de prendre des risques d’autant plus que dans son cas, le risque en valait la peine puisque ce troisième album est bon, voire excellent sur certains morceaux. Avec On My One, Jake Bugg ajoute une corde à son arc et étoffe son répertoire qui, à 22 ans, est déjà très varié et très impressionnant.

 

Tracklist :

On My One
Gimme The Love
Love, Hope and Misery
The Love We’re Hoping For
Put Out The Fire
Never Wanna Dance
Bitter Salt
Ain’t No Ryhme
Livin’ up Country
All That
Hold On You

Nos titres préférés : Livin’ Up Country / Love, Hope and Misery / The Love We’re Hoping For

 

LA NOTE : 8/10

 

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