Katie Melua – In Winter

Enregistré avec le Gori Women’s Choir, ce 7ème effort de Katie Melua se présente comme une introspection fragile et intimiste. Qu’en est-il dans les faits? Écoute et critique.

L’ouverture de In Winter ne peut laisser insensible: sur The Little Swallow, nulle trace d’instruments, juste des voix, plus précisément des chœurs, chantant dans une langue qui nous est inconnue. Pour cet album, Katie Melua est revenue dans son pays natal, la Géorgie, afin d’enregistrer avec le Gori Women’s Choir. Cette ouverture se fait alors très céleste, religieuse, toutes les voix unies délivrant un texte géorgien déroulé comme un texte sacré. Inattendu, superbe, interloquant; on est alors en droit de se demander ce que la chanteuse britannico-géorgienne nous réserve sur la suite de ce nouvel album.

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L’album en question revient très vite dans ce qu’on pourrait qualifier de “droit chemin”: les chœurs sont écartés pour laisser place à de douces ballades guitares-voix discrètes et intimistes. La voix de Katie Melua se place toujours avec justesse et délicatesse sur ces instrumentations. On retrouve de temps à autre les chœurs géorgiens, faisant irruption par exemple sur la piste de clôture, O Holy Night, avec ses agréables et subtiles variations de guitare. In Winter se présente donc malheureusement, contrairement aux attentes originelles, comme un album plutôt classique.

On évolue ainsi durant 35 minutes dans un univers relativement connu et ne proposant pas de pistes d’exploration inattendues ou uniques. On se laisse charmer par les très belles A Time To Buy et Plane Song, points forts de l’album qui se révèlent toujours pleine de merveilles à chaque écoute. On se laisse surprendre par Cradle Song où le chant se fait de nouveau géorgien et mystique, prenant l’auditeur par surprise, l’emmenant dans des contrées inconnues, lui faisant vivre un véritable voyage qui l’emmène loin de sa zone de confort. Difficile également de ne pas relever River, qui bien que plaçant ses chœurs au second plan, propose une mélodie variant de façon particulièrement agréable. Mais force est de constater que ces courtes 35 minutes ne sont malheureusement pas bien remplies.

Ainsi, la lassitude se fait trop souvent ressentir sur ce In Winter. Le pari de Katie Melua de réaliser un album minimaliste avec seulement quelques guitares, voix et rares notes de piano est louable, et se présentait sur le papier comme la promesse d’un album splendide, fragile, d’un diamant brut que l’on pourrait conserver et admirer; ces ballades se révèlent malheureusement inégales, et certaines se déroulent sans jamais marquer l’auditeur, sans lui faire ressentir d’émotions particulières. Perfect World se révèle par exemple être une ballade convenue qui passe sans que l’on ne la remarque réellement, et vers laquelle nous n’éprouvons pas le besoin de revenir. Même constat pour un titre comme All-Night Vigil – Nunc Dimittis, qui ne nous fait rien ressentir à l’écoute.

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Difficile alors de placer In Winter comme un bijou superbe et indispensable: son postulat de base relègue très vite ses chœurs géorgiens, atout pourtant majeur, à un discret second plan, et délivre un répertoire de chansons certes sympathiques, parfois vraiment superbes, mais bien trop inégal pour convaincre. Promesse décevante, défi à moitié relevé; In Winter ne se révèle cependant pas désagréable à l’écoute. Nous pouvons désormais simplement espérer un futur album plus abouti, plus complet, et tenant ses promesse jusqu’au bout. La balle est dans le camp de Katie Melua.

Tracklist:

The Little Swallow

River

Perfect World

Cradle Song

A Time To Buy

Plane Song

If You Are So Beautiful

Dreams on Fire

All-Night Vigil – Nunc Dimitis

O Holy Night

Nos morceaux préférés: River, A Time To Buy, Plane Song, O Holy Night

LA NOTE: 6/10

 

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