Placebo souffle ses (énormes) bougies à l’AccorHotels Arena

There are twenty years to go…” 20 ans, ça se fête ! Tandis que certains célèbrent leur anniversaire chez eux et en famille, Placebo voit plus grand, plus fou, mais aussi en famille. Mardi 29 Novembre 2016, Brian Molko & cie usaient de leur savoir-faire à l’AccorHotels Arena pour un concert colossal de 2h20. Au programme, royalties, anciennetés et singles en puissance, mais aussi hommages. Une soirée chargée en émotion aussi bien sur, que devant la scène. Un sentiment qui s’est partagé, du coeur des musiciens aux spectateurs, le tout mixé par un son énorme (il n’y a pas d’autre mot). Bref, le pied. On vous raconte cette folie…

Placebo en concert à l'AccorHotel Arena le 29 Novembre 2016

…Après. Puisque le concert s’est ouvert pas une touche rock un peu plus discutable. Mais ce n’est pas une raison de la bouder. Les gallois de The Joy Formidable ont commencé leur set comme ils l’ont terminé, très mal servis. Quand bien même Ritzy Brian, la front-man charismatique du groupe, tentait de soulever son public, le son général, lui, continuait de voguer vers un monde fouillis. Les morceaux, longs et denses, s’enfonçaient ainsi dans la maudite routine dites de “clonage”, c’est-à-dire qu’ils se ressemblaient tous, impossible de les apprécier en détail. Faute à une batterie beaucoup trop en deça (niveau volume) que ses compères et à une surcharge de synthés couvrant la majeur partie des riffs. La voix, haut-perchée la plupart du temps, ne donnait guère moment de respiration. On ne pourra pas entièrement reprocher cette performance à The Joy Formidable, mais il est clair et net que le groupe n’était pas fait pour une si grande salle. Son acoustique ne concordant certainement pas avec ce que propose la formation. Toutefois, ce qu’on en retient : “qu’est-ce que ça vaut en studio ?“. Et ça, c’est déjà pas mal !

Place au plat de résistance, un truc immense à base d’uppercuts bien sévères. Placebo entre en scène tout d’abord sous diaporamas. Une image percutante, celle d’un défunt. Sous fond de Who By Fire, Leonard Cohen, souriant, lorgne les écrans de la scène. Un moment fort qui ne saura faire de l’ombre au second round, cette-fois supporté par une chanson que les près de 20,000 spectateurs connaissent tous par coeur. Every You Every Me inaugure les festivités comme il se doit, son clip projeté au centre de la scène. Bon, il est vrai qu’on aurait aussi adoré la vivre en live, mais ce n’est qu’un détail. C’est ainsi que les tambourinements débutent en gradins, que les cris des bienheureux s’élèvent fosse. Brian Molko entre en dernier sur scène, la main levée, le sourire aux lèvres. “Joyeux anniversaire !” chantonnent certains spectateurs (d’autres sont trop occupés à s’époumoner joyeusement).

De Pure Morning à l’hommage magnifique à David Bowie dans Without You I’m Nothing, l’émotion est constante. Du début, à la fin. Un doux euphémisme, puisque Placebo navigue entre les torturées Special Needs et Devil In The Details, tout en passant par les énervées Jesus Son’s, I Know et Space Monkey. A ce propos, le groupe nous l’avait promis, le retour aux sources est ici criant de vérité. Les vétérans Brian Molko et Stefan Olsdal caressent le passé dans le sens du poil, ceci pour le plaisir universel. Pas une ride, que d’inventivité dans les belles Lazarus et Twenty Years, où rayons baignent la salle dans sa totalité accompagnés d’un piano mélancolique. Les écrans d’ailleurs, jaillissent d’effets spéciaux et de filtres tous remarquablement bien orchestrés. Chaque période de la carrière de Placebo profite d’une teinte particulière et mémorable. Tandis que les premiers albums (Black Market Music, Whithout You I’m Nothing, Meds…) usent de mises en scènes parfaites en retenue, les derniers nés Battle For The Sun et Loud Like Love explosent de couleur et d’artifices incroyables.

Placebo en concert à l'AccorHotel Arena le 29 Novembre 2016

Sonnent les premières notes de la vertigineuse Exit Wounds, où les guitares transpercent le murs du son, portées par la puissance vocale phénoménale de Molko. Belle introduction à la cosmopolite Protège Moi (Protect Me From I Want) chantée par la totalité de la salle. Quoi de mieux que l’enchaînement 36 Degrees et Lady of The Flowers ? Pour les fans de la première heure, c’est le rêve, tant Placebo pioche dans les morceaux qui semblaient alors enterrés à jamais et pour de bon. Silence religieux. C’était la partie un peu torturée de notre set. Maintenant, je veux vous voir danser !” répète Molko transpirant d’une joie indescriptible. Le groupe entame le dernier tiers de son concert avec For What It’s Worth qui retourne littéralement le public. Ce dernier saute, chante, s’épuise. Néanmoins pas autant que pour Slave To The Wedge et la culte Special K. Ici, on entre alors dans le temple sacré des ultra-classiques. De quoi contenter les plus sceptiques, de quoi ranimer la flammes des nostalgiques. Song To Say Goodbye et The Bitter End détonent comme des hymnes. Autour de nous, âges, générations, tout est confondu, tout s’assemble. Puisque Placebo sait rassembler, aussi bien les anciens que les nouveaux, grâce à sa discographie servit cette soirée-là sur un plateau d’argent. Le groupe quitte la scène pour la première fois.

Après quelques minutes d’applaudissement et de jeux de lumières, Placebo reprend la place qu’il mérite tant. “Est-ce qu’on peut continuer à jouer ?” déclare avec amusement le chanteur, à bout de souffle. La réponse, vous la connaissez. Teenage Angst et Nancy Boy scintillent de maîtrise, de plaisir aussi. Oui, le groupe n’a pas encore perdu l’envie, ni la foi, de donner toute sa force dans ses anciens morceaux. La preuve, avec l’irrésistible Infra- Red, visiblement très attendue par une majeur partie du public. Alors que sonne le dernier riff, le groupe se dirige à nouveau hors de la scène. Quelque chose nous dit que ce n’est pas encore terminé. Sur la montre, le temps file. Contrat réussi avec le final grandiose qu’est Running Up That Hill (A Deal With God), la célèbre pépite de Kate Bush, devenue désormais comme un grand cru d’un concert de Placebo.

Pour ses 20 ans de carrière, paradoxe : c’est à son public que Placebo a offert un immense cadeau. Celui d’un concert grandiose, puissant, “loud like love”, pour faire simple. Placebo à l’AccorHotels Arena, on y était et (merde) ce qu’on aimerait y retourner.

Setlist

Pure Morning

Loud Like Love

Jesus’ Son

Soulmates

Special Needs

Lazarus

Too Many Friends

Twenty Years

I Know

Devil In The Details

Space Monkeys

Exit Wounds

Protege-Moi (Protect Me From What I Want)

Without You I’m Nothing

36 Degrees

Lady Of The Flowers

For What It’s Worth

Slave To The Wedge

Special K

Song To Say Goodbye

The Bitter End

Teenage Angst

Nancy Boy

Infra-Red

Running Up That Hill (A Deal With God)

Toutes nos photos du concert disponibles ici !

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