Sueur et mur de son, Pulled Apart By Horses détruisent la Mécanique Ondulatoire

Venus défendre The Haze, les énervés Pulled Apart By Horses étaient ce soir sur la scène de la Mécanique Ondulatoire. Récit. 

Quelle fascinante salle que celle de la Mécanique Ondulatoire. Véritable alliance de cave et donjon, la salle se présente en sous-sol sous la forme d’une alcôve tout en longueur ne laissant d’autres choix qu’à ceux foulant sa scène de se frayer un chemin à travers la foule pour s’imposer devant elle. C’est sur les coups de 21h30 que les quatre musiciens de Pulled Apart By Horses effectuent cet insolite trajet pour saisir leurs instruments, monter leurs amplis à 12 et dépasser la limite raisonnable de décibels d’époustouflante façon. 

Car ce n’est pas un simple set qu’ont fourni Pulled Apart By Horses; c’est un véritable mur de son qui s’est formé devant nous, sans jamais rien perdre de sa subtilité technique. 2 chansons d’ouverture, les excellents et nouveaux The Haze et The Big What If, et on comprend mieux les bouchons d’oreilles proposés gratuitement à l’entrée de la cave, et les inconscients soucieux de la santé de leur audition attrapent une paire comme si leur vie en dépendait. Pulled Apart By Horses? Au sommet de leur forme, le frontman Tom Hudson gesticulant tel un pantin extatique autour de son micro tandis que la section rythmique assure, basse et batterie pieds au plancher et que le guitariste se cogne la tête contre les murs. Le public? Il se chauffe, au bord de l’explosion.

“Ceci est une vieille chanson, pour tous ceux qui nous ont connu quand on était encore à l’époque du noir et blanc”. Si le set fait largement part belle au nouveau-né du groupe, The Haze, la formation se permet quelques références à ses albums passés et notamment au fondateur éponyme. Lizard Baby, I Punched a Lion in the Throat, Back to the Fuck Yeah; toutes reçoivent d’excellentes réactions du public, qui n’hésite plus à se lancer dans de ravageurs mosh-pits vers la moitié du set, le nouveau Flash Lads agitant même les moins excités de la foule. L’effet d’addiction de Pulled Apart By Horses prend à merveille, les rênes sont lâchés, l’événement devient irrésistiblement déviant et jouissif. 

Que dire de plus à partir de ce point? Le groupe se montre plus que jamais au sommet (“vous bougez bien plus qu’au Pays-Bas, ils étaient très old-school là-bas!” balance Tom), le public se déchaîne, les amplis crachent de toutes leurs forces tout le long de la Mécanique Ondulatoire qui gémit sous les coups de guitare. “Ceci est une chanson des Beatles”. Est alors balancé un Helter Skelter comme on en a jamais entendu, surpuissant, monstrueux, déchirant le public dans d’impressionnants pogos. 

Sonne alors l’heure de la conclusion. Nombres preuves de virtuosités techniques ont été amenées tout au long du set des Pulled Apart By Horses, et notamment cette complexe batterie sur What’s Up Dude, mais rien ne nous avait préparé à la complexité et violence de ce V.E.N.O.M., rescapé de Tough Love. Le morceau soulève les foules, dévoilant une structure atypique, et c’est tout naturellement que Tom fend la foule pour proposer une outro au sein même du public, pogotant avec des fans connaissant les paroles par cœur. Comment parfaire ce coup de génie? Avec le single High Five, Swan Dive, Nose Dive, qui vient achever l’ensemble de la Mécanique Ondulatoire avec ce rythme en deux temps et ces subtilités math rock bien plus qu’appréciables. Les guitares poussent les amplis, les bouchons d’oreille se retirent, et Pulled Apart By Horses quittent la scène en traversant la foule en se permettant quelques accolades. Pas besoin de rappel: tout a été donné. 

Bien plus qu’un concentré de sueur et de garage rock, cet exceptionnel set de Pulled Apart By Horses dans le non moins exceptionnel cadre de la Mécanique Ondulatoire a permis de confirmer tout le bien que l’on pouvait penser du groupe. Énervés mais jamais énervants, physiques mais jamais épuisants, complexes mais jamais décourageants, les Pulled Apart By Horses ont livré un set résolument jouissif et sauvage qui nous a rappelé l’essence même de l’intensité et de la nécessité de la musique live. Chapeau, et à une (très) prochaine fois. 

Setlist:

The Haze

The Big What If

I Punched a Lion in the Throat

Prince of Meats

Lizard Baby

Flash Lads

Hotel Motivation

Back to the Fuck Yeah

Lamping

What’s Up Dude?

Helter Skelter

V.E.N.O.M.

High Five, Swan Dive, Nose Dive

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