Courteeners – St. Jude Re:Wired

7 avril 2008. Un petit quatuor mancunien sort son premier album sans trop faire parler de lui… Pourtant certains morceaux sonnent déjà comme des tubes intergénérationnels et le buzz qui se construit autour des lascars est plus dû aux déclarations faussement provocantes de leur frontman Liam Fray qui doit constamment se battre contre remarques amères et comparaisons avec Oasis qu’à leur talent. Néanmoins, une certaine fanbase se crée très vite et saura rendre St. Jude iconique (mais n’est-ce pas le cas de tous les premiers albums de nos groupes chéris?). Envers et contre tous, ils tiendront pourtant la distance sur une décennie et cinq albums à leur actif.

Quand l’invitation à faire partie intégrante de la scène rock actuelle se fait attendre, organise ta propre contre-soirée.

The Courteeners en 2008.

6 avril 2018. Fort de ses tournées acoustiques en solo, Liam Fray accompagné de ses acolytes décident de marquer le coup des dix ans de leur premier opus, celui que les fans adulent et qui ont faim de ce genre de cadeau face à une fidélité sans faille. Pour célébrer St. Jude ils optent non pas pour une simple réédition de la galette (pourtant disponible à l’occasion du Record Store Day de cette année) mais une réorchestration complète, une version dépouillée des 12 morceaux qui la composent. Ainsi naît St. Jude Re:Wired. Un pari osé connaissant le succès de leurs hymnes de stade fédérateurs. Ainsi, la fougue sémillante de leurs débuts a désormais fait place à une certaine retenue, une relecture toute en subtilité et des compositions rock muées en mélopées de dandy.

Courteeners en 2016.

Alors certes, cet album s’adresse indéniablement aux fans, “every single one of them”. Et même si l’idée initiale s’applique avec plus de vitalité aux ballades, les titres davantage énergiques tirent leur épingle du jeu grâce à la bonne surprise des arrangements d’une délicieuse finesse. On appréciera également l’hétérogénéité de styles qui se côtoient étonnamment à merveille: No You Didn’t, No You Don’t et sa basse acoustique évoque les 60s, Kings of The New Road dégage un côté bluesy et donne la part belle aux slides de guitare, How Come offre une atmosphère chaleureuse et presque jazzy (peut-être la réorchestration qui rappelle le plus la tournée acoustique sûrement grâce au fait qu’elle fut enregistrée en une seule prise live) tandis que de If It Wasn’t For Me émanent des sonorités malicieuses qui réinventent complètement l’originale.

Et puis évidemment, les Courteeners ne manquent pas de s’adonner à des adaptations de leurs plus belles compositions qui rappelleront au bon souvenir des fans l’origine de leur amour pour le groupe (Bide Your Time fait renaître la magie des débuts, Please Don’t ou peut-être bien la plus belle surprise de l’album, la culte Not Nineteen Forever dépouillée, Yesterday, Today & Probably Tomorrow et What Took You So Long?). Il est également intéressant de noter je le crois la manière dont Aftershow et Fallowfield Hillbilly ont été ré-imaginées puisque toutes deux passent de guitares saturées à une pluie de violons…et même si la version symphonique qu’elles ont revêtue paraît déroutante de prime abord,  elle fonctionne aisément et ces dernières sont les preuves de la plus grande attention portée à cet album.

Dix ans après leurs exploits, les Courteeners passent en revue la naissance de leur succès et réussissent leur pari haut la main. Nostalgiques mais matinées de renouveau, ces douze chansons d’innocence et d’expérience n’ont donc pas fini de nous faire rêver.

Tracklisting

Aftershow

Cavorting

Bide Your Time

What Took You So Long?

Please Don’t

If It Wasn’t For Me

No You Didn’t, No You Don’t

How Come

Kings Of The New Road

Not Nineteen Forever

Fallowfield Hillbilly

Yesterday, Today & Probably Tomorrow

Nos morceaux favoris: Bide Your Time, Please Don’t, How Come, Kings of The New Road

LA NOTE: 8/10

 

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