As It Is – The Great Depression

L’un des albums les plus attendus de l’année dans la scène pop/punk&cie est enfin là et on a eu le temps de l’écouter en long, en large et en travers. Ready ?

Ce fut l’un des changements les plus radicaux de la scène. As It Is se réinvente et de la façon la plus sombre possible. On est bien loin de l’esthétique 50/60s d’okay. et du penchant pop qu’ils avaient pris, pour plonger dans un univers complètement emo et encore plus lourd en paroles. Fini les couleurs pastels et le blond platine pour Patty Walters, et bonjour au rouge et noir, autant pour les cheveux que les vêtements. Les 4 anglais sont vraiment experts dans l’art d’évoluer de façon complètement différente à chaque album. Comme Ben avait pu nous le dire lors de notre interview avec eux l’année dernière (à lire ici), ils ne voulaient pas faire deux fois le même album : pari réussi !

The Great Depression se présente donc en 4 parties, étapes distinctes basées sur la romantisation de la dépression et autres maladies mentales, qui sont un sujet plus que présent de nos jours, et encore plus sur cette scène. Des associations comme Hope For The Day se sont fait une place dans les concerts et festivals afin de faire de la prévention ; elle est l’une des associations avec qui As It Is travaille justement pour cet album. Ils font en sorte d’engager la discussion sur ce sujet en particulier pour encourager les personnes souffrant de ce genre de problème à en parler, à extérioriser leur mal-être, et ne pas rester seul, car personne n’est seul en réalité. Beaucoup de musiciens et fans en souffrent et des albums comme celui-ci permettent d’en parler et d’ouvrir le débat.

Nous avons eu droit à trois singles avant la sortie de l’opus : The Wounded World, The Stigma (Boys Don’t Cry) et The Fire, The Dark, qui sont les trois premières chansons qui suivent le morceau d’ouverture, se départageant sur deux chapitres différents. Parmi ces trois singles, nous avons pu découvrir deux clips avec deux visions distinctes des sujets qu’As It Is voulait aborder dans cet album. The Wounded World traite de nos relations aux réseaux sociaux et le fait que les nouvelles générations sont complètement absorbées et accros à leurs téléphones et absolument inconscients de ce qu’il peut se passer à l’extérieur et dans la “vraie” vie.

Le deuxième clip fut pour The Stigma (Boys Don’t Cry) qui parle, lui, d’un stéréotype parfait de la “masculinité” : un homme n’a pas le droit de montrer quelconque émotion et encore moins de pleurer.  La mise en scène du clip est donc sous forme d’école très stricte apprenant à un groupe de jeunes garçons à devenir des “hommes”. Les paroles de la chanson sont particulièrement puissantes et résonnent beaucoup dans les têtes de leurs fans, surtout masculins. Elle fait partie de la deuxième étape, la colère, qui est toute à fait ressentie tout le long du morceau.

Pour ce qui est du reste de l’album, les 4 britanniques ont su varier les rythmes et puissances, que ce soit vocales ou instrumentales, afin de nous offrir une tracklist plus que diversifiée, ne nous laissant aucun répit.

Le morceau d’ouverture, par exemple, s’adresse directement à la personne qui l’écoute, avec une phrase telle que “Hello consumer, I know you’re there”. Patty a voulu être sûr que, dès le départ, la personne savait à quoi s’attendre : un album qui lui parle directement et qui pourrait lui sauver la vie en essayant de comprendre ce qu’elle vit à l’instant présent. Le groupe arrive toujours à rajouter une touche personnelle par-ci par-là ; le pont de The Handwritten Letter est un groupe de personnes chères au groupe (femme, amis, fans) parlant de l’impact d’As It Is sur leurs vies (“Thank you for changing my life”), ce qui donne une dimension authentique à l’enregistrement.

L’un des morceaux phares et qui se démarquent clairement du reste, c’est The Reaper. Le quatuor a réussi à réaliser un de leurs rêves et collaborer avec Aaron Gillespie, chanteur d’Underoath, groupe plus que connu de la scène metalcore. C’est le morceau le plus lourd niveau instrumental et vocal de l’album, qui amène un côté plus punk/métal.

Pour finir, nous mentionnerons les deux chansons les plus chargées émotionnellement, qui ont le potentiel de vraiment vous toucher au plus profond de votre âme (elles ont eu cet effet sur nous en tout cas). Oui, oui, on vous parle bien du duo qui clôturent l’album : The Hurt, The Hope et The End. Elles font toutes les deux parties de la dernière étape de la dépression, l’acceptation. Elles servent de constat à cette situation horrible dans laquelle on peut se retrouver, seul(e), sans aucune ressource, mais nous laissent, quand même, avec un message d’espoir, avec une très jolie transition entre les deux morceaux et une magnifique harmonie de voix sur le morceau de fin.

Franchement, on passe par toutes les émotions tout au long de The Great Depression ; beaucoup de métaphores, de très jolis messages et un sens de la compréhension inégalé jusqu’à maintenant. Cet album qui restera dans les mémoires pour un moment dans la scène emo/punk. Il a d’ailleurs réussi à se placer dans le top 30 en Angleterre, ce qui est un exploit pour ce style d’album.

Si vous avez apprécier cet opus autant que nous, on vous invite à venir le voir (mais pas que), le 23 Novembre 2018 à La Boule Noire !

 

Tracklist :

Stage I : Denial 

The Great Depression

The Wounded World

The Fire, The Dark

Stage II : Anger

The Stigma (Boys Don’t Cry)

The Handwritten Letter

The Question, The Answer

Stage III : Bargaining

The Reaper

The Two Tongues (Screaming Salvation)

The Truth I’ll Never Tell

Stage IV : Acceptance

The Haunting

The Hurt, The Hope

The End.

Nos morceaux favoris : The Fire, The Dark – The Reaper – The Hurt, The Hope – The End.

Note : 9,5/10

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