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TOY – Happy In The Hollow

De retour parmi les vivants, le quintet originaire de Brighton TOY livre avec Happy In The Hollow son disque le plus nébuleux et le plus en phase avec lui même. Heureux dans le vide, c’est ce qui compte

À l’encontre des nombreux mouvements actuels et pour son grand bien, TOY rétrograde. Trois années se sont écoulées depuis la sortie de l’excellente surprise A Clear Shot. Un coup de foudre immédiat, inaltérable avec le temps. Étrangement, il semble que ce nouvel effort des gars de Brighton n’ait pas la même vocation. Il demande plus de temps à l’auditeur, plus d’attention.

Fraîchement singé chez Tough Love Records, Happy In The Hollow est un self-made album. Si ce n’est le mixage, assuré par Dan Carey dans ses studios du sud de la capitale anglaise ; TOY a eu l’entière main-mise sur ce quatrième opus. Plus assuré mais plus hanté par ses démons, le groupe minimalise l’approche rock’n roll du précédent chapitre, en l’honneur d’un parti pris tout autant honorable. Désormais plus tourné vers une optique post punk et krautrock, TOY se joue de ses vieilles habitudes et déconstruit la structure traditionnelle du morceau. L’irrégularité n’est plus un vilain défaut, mais plutôt une prouesse artistique pour le groupe qui éprouve un malin plaisir à rendre hommage à un son d’antan. Un passif que les musiciens raniment sans prétention ni faute de goût. “Sequence One”“The Willo” et “Energy” se dessinent dans un schéma commun, un crescendo instrumental enivrant et terre-à-terre. Volontairement, l’envolée n’a jamais lieu. TOY préfère laisser ce plaisir à d’autres titres, afin de segmenter son concept. La ballade folk “Last Warmth Of The Day” rend ses plus belles heures au psyché, le riff du refrain nous rappelle beaucoup “Girl, You’ll Be A Women Soon” de Urge Overkill, mythique slow de Pulp Fiction. On est définitivement dans le cosmos, dans un territoire élégiaque sans pareille.

La seconde partie du disque aborde la mélancolie avec une surprenante sagesse. Happy In The Hollow n’a jamais aussi bien porté son nom. Comme si la musique de TOY arrivait à se complaire dans l’obscurité. Les sonorités s’évaporent, la voix de Tom Dougall est plus que jamais enfouie dans un nuage instrumental. L’électronique “Strangulation Day” peine à autant émouvoir que le joyau poétique “You Make Me Forget Myself”, l’un des plus beaux refrains dreamy de ce début d’année. Dans un dernier élan, TOY replonge dans l’inconnu. L’étrange mais appréciable instrumental “Charlie’s House” mène à directement à “Move Through The Dark”. La boucle est bouclée, dans un fondu sonore final qui aurait presque l’allure d’un apaisement, le quintet disparaît. Laissant derrière lui d’abord l’incrédulité, puis l’acceptation. Heureux dans vide, TOY renaît à nouveau, de la plus belle des manières.

Vous pouvez replonger dans notre entretien avec le groupe.


Tracklisting

Sequence One

Mistake A Stranger

Energy

Last Warmth Of The Day

The Willo

Jolt Awake

Mechanism

Strangulation Day

You Make Me Forget Myself

Charlie’s House

Move Through The Dark

Nos + : The Willo, Mistake A Stranger, You Make Me Forget Myself, Mechanism, Sequence One, Energy

Le note : 9/10

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