Massive Attack au Zénith : Un happy birthday d’anthologie pour Mezzanine

Retour sur le second zénith parisien de Massive Attack qui vient célébrer la double décennie de Mezzanine, l’album qui a alors définitivement hissé le groupe en tant que référence trip-hop.

Le retour de Massive Attack sur scène est toujours en soi un événement car non content d’être musical, il est également l’occasion d’un véritable show esthétiquement très élaboré.

Massive Attack est propriétaire de son « genre » : malgré les divers turn-over au sein du groupe et les différentes sonorités des albums (le grand débat de laisser la place ou non aux guitares, aux samples, aux batteries ou aux claviers), le travail autour du visuel, que cela soit dans leur vidéos, leur communication ou leurs shows fait partie intégrante de leur univers. Ici, les morceaux s’accompagnent d’une avalanche de vidéos et de messages délivrés de façon abruptes et continue.

Anniversaire sans nostalgie

La tournée Mezzanine XXI porte ici un message intéressant : traverser les décennies avec des messages et des revendications qui ne cessent d’être d’actualité. Le concert rentre donc dans le vif du sujet et ne cesse durant 1h45 de nous abreuver de textes militants et d’images de politiciens, de conflits et d’idoles que nous nous nous façonnons dans la musique, la télévision et le cinéma.

A la différence d’autres groupes qui cèdent à la mode des tournées « Xth anniversary » (et j’en profite pour rééditer avec les B-sides qui vont avec), ici les titres s’éloignent de l’orchestration originale (grosse présence de guitares, deux batteries, la basse et les platines qui vont bien). Images de guerre, de politiciens tendancieux, de dictateurs mais aussi des produits de notre consommation du quotidien viennent les illustrer. C’est tout de même seulement chez Massive Attack que vous voyez se succéder Saddam Hussein, Donald Trump, Michael Jackson et … Régine. Oui oui, la reine du disco des 70s et son célèbre boa. Le mélange des genres est sans limite.

Une setlist sans faute

S’agissant des morceaux, place est faite à pas mal de covers et de guests au chant. Les collaborateurs de longue date Horace Andy et Elizabeth Fraser sont présents, et les reprises passent de Pete Seeger à Bauhaus, de The Cure au Velvet Underground.

Dans ce zénith plein, les débats fusent : pour ou contre les reprises durant le set qui célèbre Mezzanine, excès ou non de l’imagerie au détriment de la présence scénique, absence totale de communication avec le public pardonnée ou non … Les détracteurs et adhérents cohabitent néanmoins dans la salle lors des titres mythiques tels Teardrop et Inertia Creeps qui mettent tout le monde d’accord.

Un concert de Massive Attack déclenche quoi qu’il arrive la discussion. On n’en sort jamais neutre et c’est là preuve de talent et de perpétuel renouvellement. Et le renouvellement n’est pas incompatible avec la longévité. #20yearschallenge reached.

 

Setlist Massive Attack @ Zénith, Paris, 12.2.19

I Found a Reason (Velvet Underground cover)

Risingson

10 :15 Saturday Night (The Cure cover)

Man Next Door

Black Milk (with Elizabeth Fraser)

Mezzanine

Bela Lugosi’s Dead (Bauhaus cover)

Exchange

See a Man’s Face (Horace Andy cover – with Horace Andy)

Dissolved Girl (Tapped vocals)

Where Have All The Flowers Gone (Pete Seeger cover with Elizabeth Frazer)

Inertia Creeps

Rockwrop (Utravox cover)

 

Angel (with Horace Andy)

Teardrop (with Elizabeth Fraser)

Group Four (with Elizabeth Fraser)

2 Comments
  • xav
    Posted at 13:22h, 18 février Répondre

    Un beau point de vue qui passe bien sur papier glacé.
    L’expérience à Bordeaux à été la suivante:
    – un son minable, ultra compressé, si bien qu’il n’y avait plus aucune musicalité,
    – musicalité discutable d’ailleurs, 3 guitares en même temps, 2 batteries, la basse, les samples et c’est très vite fouillis et insupportable
    – dénonciation de la société de consommation….Humhum, on nous expose des écrans toujours plus grands, des billets toujours plus chers, dans des salles toujours plus grosses… MA s’immisce parfaitement dans cette démarche et c’est fort regrettable même si prévisible depuis des années déjà. On se croirait au Kinemax avec un film sur le grand froid. Agressif au possible tout comme leur son compressé à outrance.
    – tous les morceaux de Mezzanine sont joués, c’est la note positive pour cette tournée anniversaire même si les covers dans leur choix sont plus que discutables

    Impression finale: Plus que déçu, en colère. Une agression des oreilles, des yeux et du portefeuille. Rien ne vaudra les tournées de la fin des années 90 (comme le concert “live at the AB”)…

    • Laetitia Mavrel
      Posted at 20:06h, 18 février Répondre

      Bonjour Xav, encore une fois ici, comme constaté au zénith, pas vraiment de juste milieu dans les impressions. Une moitié de toujours convaincus 21 ans après ( comme moi) et une autre moitié autrement satisfaite que dans leurs anciennes prestations. Il est difficile de murir au même rythme que nos groupes préférés 🙂

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