Nilüfer Yanya

Nilüfer Yanya, le monde est à toi

À 23 ans, Nilüfer Yanya est une musicienne déjà entière. Son tout premier album, Miss Universe, sort dans les bacs et remue sans souci les stéréotypes du rock indé et tout ce qui gravite autour. Rencontre

Baignée dedans depuis toujours. Fille d’artistes, née dans l’ouest de Londres, Nilüfer Yanya a adopté sa musique dès le berceau. C’est-à-dire un melting-pot de genres aux sens multiples. Du rock à la soul, des Strokes à Amy Winehouse, en passant par Oasis, Jeff Buckley… Yanya est une musicienne inspirée des plus grands d’antan et d’aujourd’hui.

Sa musique ne peut donc qu’être meilleure. Comme un premier aboutissement de carrière, elle a conçu ce premier album, Miss Universe, comme un compte-rendu honnête de ces trois dernières années. “Certains morceaux ont été écrits l’année dernière… D’autres entre 2017 et 2018…” nous confie t-elle. Tout cela n’est pas très clair, mais qu’importe. Le résultat est brillant. À l’image, peut-être, du Dear Annie de Rejjie Snow ; Miss Universe réussit à filer son propos en un long format – 17 titres – guidés par une voix chaude et assurée. De sa hauteur, Nilüfer Yanya analyse le monde qui l’entoure et en tire de belles pensées : “Je ne trouve pas que ça soit si dur que cela de se faire écouter aujourd’hui. Même si je suis une femme. Je chante comme je chante, je fais de la musique comme j’en ai envie. Il faut banaliser les différences entre les genres pour enfin être respecté.” Même si, il faut bien le dire, cette carrure et cette musique nous inspirent l’exceptionnel.

Cette question du genre semble profondément préoccuper la musicienne. Car du rock’n roll “In Your Head” aux échappées indie “Paralysed” et “Angels”, tout en passant par les sursauts soul “Baby Blu” et “Melt”… Il n’y a qu’un pas, pour Nilüfer Yanya. “J’ai vraiment l’impression qu’on ne peut pas réellement caractériser ma musique. Ce n’est pas par-ce que les guitares sont saturées qu’on se rapproche du grunge, ou du punk. Je vis dans un monde où tout est catégorisé, tout est rangé dans des cases pré-définies. Non… Je ne pense pas qu’en tant que musicienne, ce soit bénéfique. Il faut s’en affranchir et juste composer comme on le souhaite. L’attribution du genre importe peu.”

Explose alors un saxophone, dans la seconde partie de “Melt” et voilà que la musicienne nous propulse dans une autre réalité. “J’aime l’idée que cet album puisse s’éparpiller, ça apporte une sensation de liberté musicale… Et bien au-delà, ça transmet le message suivant : personne ne doit dicter comment nous devons mener notre vie.” Notre Miss Universe, définitivement.

Miss Universe, disponible dans les bacs le 22/03 chez ATO Records. Nilüfer Yanya sera en concert le 26/04 au Point Ephémère.

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