The Cranberries : “In the End”, adieux sincères

Il est temps de dire au revoir à The Cranberries, qui avec In the End nous invite à rêver, une dernière fois

« Its all over now », ces quelques mots ouvrent le bouquet final des Cranberries. Plus d’un an après le décès de Dolores O’Riordan, chanteuse et front woman de l’une des formations irlandaises les plus reconnues  de l’industrie musicale ; l’adieu devait se faire… et par la grande porte. In The End, dernier opus qui vient de paraître, validé en parti par la musicienne avant son décès, est un final totalement sincère et émouvant, dans la lignée des précédents disques. Peut-être moins acoustique, plus désolant – les noms de titres All Over Now, In the End, Wake Me When It’s Over, The Pressure sont assez révélateurs du contenu en général – ce dernier opus est en réalité un cadeau, un coup de grâce, porté aux fans (et aux proches du groupe) toujours en deuil.

Si l’album est un immense hommage à la chanteuse, c’est aussi parce qu’il repose sur l’intemporalité qu’offre son contenu, la musique en soit. Quelques semaines avant la sortie de l’album, nous avions rencontré Fergal Lawler, batteur du groupe. « Enregistrer et finir cet album sans elle, ça a été très complexe, très difficile émotionnellement. Vous savez, quand vous perdez la voix d’une entité, on ne sait plus où aller, où se diriger » nous confie t-il. Pourtant, lui et les frères Hogan, qui se connaissent depuis 1989, on bien décider de boucler la boucle. « Peu de temps avant la mort de Dolores, on finalisait quelques nouveaux morceaux, sans trop savoir si cela pouvait suffire pour un album. C’est après notre tournée acoustique (dont un passage à Paris, ndlr) qu’on s’est dit qu’il fallait définitivement revenir en studio. Dolores y tenait. Elle vivait de sa musique et de son art » continue de nous expliquer Lawler. Il prend une pause et nous avoue que se replonger comme cela dans le passé est un peu douloureux.

« Les Cranberries c’était, c’est et cela restera quatre personnes. C’est impossible de continuer sans Dolores. » C’est ainsi qu’est réellement né cet album, In the End, à la fin. Étrangement, les Cranberries n’auront jamais aussi sonné comme tel que depuis Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We ? (1993). Les onze titres, produits avec précision, semblent tous venus d’ailleurs, d’un autre temps. « On avait envie de proposer les morceaux les plus proches de notre son d’origine. Même si les Cranberries n’ont jamais vraiment expérimenté comme d’autres groupes, c’est une certitude ; ce disque montre que derrière les différents, les problèmes de chacun, le décès de Dolores… The Cranberries demeurait. »

In the End officiellement dans les bacs, le groupe se sépare ainsi. Un bel adieu, au public mais surtout à la chanteuse, « qui aurait voulu aller jusqu’au bout. » Plus de doute, on assiste là à un des plus beaux enterrement de l’histoire de la musique. 

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