SOAK – Grim Town

Quatre ans après un premier album nommé au Mercury Prize, la Nord-irlandaise Bridie Monds-Watson, aka SOAK, livre Grim Town. Un voyage mélancolique entre ballades folk et morceaux pop rétros.

Embarquement immédiat pour Grim Town, ville morne inventée par la jeune Irlandaise, Bridie Monds-Watson, pour son deuxième album. Un voyage « pour les solitaires, les laissés-pour-compte, les désenchantés, les perdus, les endeuillés », nous annonce le conducteur du train, sur la piste introductive “All Aboard“. Il y a quatre ans, son récit adolescent, Before We Forgot How To Dream , avait valu à Monds-Watson une nomination au prestigieux Mercury Prize. Avec Grim Town, la jeune femme livre cette fois un disque plus empreint de réalité sur le difficile passage à l’âge adulte.

Get Set Go Kid marque le départ d’une traversée dans Grim Town de plus d’une heure, où chaque morceau est conçu comme une station de train. Quatorze chansons où Monds-Watson dépeint une facette différente de cette ville grise et déprimante. Elle explore des thèmes déjà défrichés dans son premier opus: les relations compliquées, la marginalité. Elle évoque le divorce de ses parents et ses crises de panique (Fall Asleep/Backseat) mais aussi son anxiété sociale lorsqu’elle chante “Maybe it’s all in my brain. People don’t look at me the same” (Knock me off my feet). Monds-Watson insuffle également une dose d’optimisme sur ce nouvel album. “There’s an entire world to live beyond your middle city apartment“, assure-t-elle au début de Get Set Go Kid. La Nord-irlandaise a gagné en maturité. Elle a quitté Derry pour Manchester. À 22 ans, elle n’est plus l’adolescente de Before We Forgot How To Dream. Quoique, pas tout à fait encore adulte. “A life trainee, learning happy. Let’s be honest, I’m a work in progress“, avoue-t-elle, toujours en quête d’elle-même et de sa place dans ce monde.

Outre le travail d’écriture, il faut également souligner la qualité des compositions musicales de cet album. Dès l’ouverture, l’enchaînement Get Set Go Kid, Everybody Loves You, Knock my off my feet fonctionne parfaitement. Faisant passer l’auditeur de la folk, à un coté trip-hop jusqu’à un morceau catchy inspiration synth-pop. Des variations qui permettent de marquer le passage d’une station à l’autre. La chanteuse s’offre aussi quelques choix ambitieux comme le solo de saxophone dans la deuxième partie de Get Set Go Kid, qui confère une toute autre dimension à cette ballade.
Ses compositions servent notamment la description des paysages. Des bruits de sirènes, des oiseaux, des annonces en haut-parleurs… Avec ses petites pastilles sonores, Monds-Watson nous donne à voir encore un peu plus Grim Town.

Mais la véritable star de cet opus est la voix de la chanteuse, tour à tour angélique (Nothing Looks the Same), presque enfantine (Valentine Shmalentine, Déjà Vu) voire rock sur le bridge de I was blue, Technicolor Blue. Le duo piano-voix de Crying Your Eyes Out livre quant à lui quatre minutes d’émotions intenses, dignes des plus grandes ballades au piano dont l’indie-pop peut nous gratifier.

Malgré la grande diversité des morceaux, le voyage n’échappe pas à une certaine monotonie et en devient quelque peu prévisible. L’album alterne tempos lents et morceaux plus pêchus. Avec le titre de clôture, Nothing Looks the Same, Bridie Monds-Watson nous conduit tout de même à bon port. La voix du conducteur de train retentit à nouveau: ” Chers passagers, le train 433 quitte Grim Town. La pression atmosphérique et la qualité de l’air vont rapidement s’améliorer. Respirez profondément, sentez votre cœur se remplir de joie “. Si personne ne souhaite rester dans la triste Grim Town, le voyage n’en laisse pas moins rêveur.

TRACKLIST
“All Aboard”
Get Set Go Kid
Everybody Loves You 
Knock Me Off My Feet 
Maybe
Fall Asleep / Backseat 
Crying Your Eyes Out  
I Was Blue, Technicolour Too 
Déjà vu 
Scrapyard 
Valentine Shmalentine 
YBFTBYT 
Life Trainee 
Missed Calls  
Nothing Looks the Same
 

Nos morceaux préférés: Get Set Go Kid, Knock Me Off My Feet, Crying Your Eyes Out, Nothing Looks the Same

LA NOTE: 7,5/10

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