La Découverte du Dimanche : Tors

Quelque part entre la folk-pop enivrante de Kodaline et le Coldplay des premières heures, voici un trio venu du Devon qui va vous faire vibrer.

Dans la langue de Shakespeare, le mot “tors” se réfère à une colline rocailleuse. Le décor est planté, et ce n’est pas un hasard si ce trio anglais a choisi ce nom de scène, invoquant le Devon pittoresque et sauvage que Matt et Theo Weedon connaissent comme leur poche. Enfants, lorsqu’ils ne vagabondaient dans ce cadre bucolique, ils buvaient les paroles de leur grand-père, Bert, et ses vieilles histoires dont ils ne comprenaient pas tout. Mais qu’importe, ils apprenaient inconsciemment ce que c’était d’être fasciné.

Il faut dire que leur papy n’était pas n’importe qui. Bert Weedon, surnommé le Guitar Wizard par un certain Brian May, était un maestro de la gratte. Le musicien, professeur et compositeur, est notamment connu pour avoir tourné avec Frank Sinatra et placé pas moins de 8 titres dans le top 40 britannique. Il est surtout l’homme derrière la méthode Play Guitar in a Day, qui s’est vendu à des milliers d’exemplaires dans le monde et qui a influencé bon nombre de gratteux à partir des années 60. Eric Clapton, Keith Richards, Pete Townsend et Paul McCartney ont notamment frappé à sa porte. Rien que ça.

Alors quand, enfant, vous grandissez avec une telle figure, bible d’un instrument de musique, il y a de fortes chances pour que vous en tiriez un héritage. Gosse, Matt Weedon était du genre dissipé à l’école, et c’est son grand-père qui lui conseille de devenir une pop-star. Il n’aura plus qu’un rêve en tête : devenir comme Brian May, son idole. Avec son frère, plutôt calé en écriture, il monte Tors. Jack Bowden les rejoint aux futs, et pour certains titres, Sam Pritchard à la basse et Andrew Humphries aux claviers.

L’aventure débute en 2016 avec Hold Me, une ballade où une guitare discrète se marie aux harmonies vocales, rappelant notamment Aquilo ou encore Kodaline. Une douce ambiance folk que l’on retrouve également sur le superbe Seventeen, qui sortira l’année suivante. En novembre 2017, Tors accompagne l’une des futures stars montantes britanniques, un certain Tom Walker.

En 2018, le groupe sort son premier EP, Wilder Days, dans lequel il explore des racines folk-pop, délaissant les ballades semi-acoustiques pour donner un peu plus de rythme et de grandiloquence dans les mélodies. Le résultat est séduisant, à l’instar de Wilder Days, qui peut rappeler The Mystery Jets ou Imagine Dragons.

De quoi attirer Walking on Cars, dont Tors va assurer quelques premières parties sur leur tournée européenne à laquelle prennent part des artistes encore plus confirmés comme Lewis Capaldi, Tom Walker et Hollow Coves. 2019 sera donc l’année de la confirmation pour le trio, avec une dimension plus pop incarnée par Something I Said et ses synthés, ou la plus fantasque Don’t Cry.

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