black midi – Schlagenheim

Le quatuor black midi revient nous donner foi dans le rock à guitares avec un premier opus ébouriffant, Schlagenheim. Écoute et récit.

On promet depuis plusieurs mois un avenir radieux à black midi. Les quatre compères se sont élevés avec une ridicule aisance au rang de formation la plus excitante de la scène UK obscure, défiant tout pronostic coup sur coup, affirmant leur statut d’outsider par une présence fantomatique sur les réseaux et les plateformes de streaming. Et après des mois d’attente, le temps du premier effort est enfin venu; entre en scène Schlagenheim.

Le titre ne nous raccroche à rien, et la pochette, fournie et abstraite, ne fait que renforcer la communication définitivement cryptique de black midi. Schlagenheim; une invitation dans une terre sonore et sonique qui n’appartient qu’à eux? En observant plus longuement la pochette, on commence à distinguer quelques éléments; des paysages, des peintures, des moteurs, des scooters. Rien n’est laissé au hasard. Le chaos visuel et musical proposé par le groupe est en fait parfaitement contrôlé.

illustration 3D du groupe black midi composé de quatre hommes

La première impression doit toujours être la plus forte; et ça, le quatuor l’a bien compris. Immédiatement, black midi foncent tête baissée avec un 953 dévastateur, sorte de best-of furieux de ce qui fera Schlagenheim. Les guitares fusent, la basse détonne et la batterie frappe avec une inventivité folle. Sans cesse au bord du chaos, le groupe mime les sorties de piste pour mieux revenir en force, sans jamais perdre de leur inventivité ou de leur sens de la mélodie. Le chaos contrôlé on vous a dit.

Ce registre explosif se retrouve tout au long de cette première galette, black midi proposant des cocktails détonants à l’image de Near DT, MI et Years Ago, titres instantanés allant droit à la jugulaire avec une efficacité folle, renforcés par une production titanesque. Dans la même lignée, la formation prolonge le plaisir avec Reggae, titre soutenu par une batterie implacable, ou encore avec Of Schlagenheim, perle saturée achevant sa course dans un jam étourdissante à la basse vrombissante.

Architectes de l’anarchie, black midi savent aussi ralentir le rythme. Speedway tient une ligne de route féroce, semblant toujours sur le point d’exploser, tandis que Western s’étire sur 8 généreuses minutes, valorisant cette fois la douceur et l’harmonie des guitares, d’où pointe même l’ombre d’un banjo. A ce stade-là, black midi peuvent tout se permettre.

Le quatuor n’a cependant pas de temps à perdre, déjà lancé tête la première dans la conception de nouveaux morceaux. En guise d’antépénultième titre, nous retrouvons avec délice le féroce single Bmbmbm, cauchemar hanté et halluciné dont ne ressort pas indemne. Les adieux se font sur Ducter, d’abord jam sous tension évoluant finalement en refrain fédérateur et apocalyptique, sublimé par le chant d’un Geordie Greep en transe, missionnaire de la fin des temps. Une façon comme une autre d’annoncer l’avènement du rock tel qu’on le connaît pour mieux couronner black midi, désormais inarrêtables. On se revoit au sommet.

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Tracklist:

953

Speedway

Reggae

Near DT, MI

Western

Of Schlagenheim

Bmbmbm

Years Ago

Ducter

Nos morceaux préférés: 953, Near DT, MI, Years Ago, Ducter

La note: 10/10

Concerts Black Midi
 
Black Midi à Paris - 19 septembre 2019
 
Black Midi à Bordeaux - 21 septembre 2019
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