Le Sziget Festival 2019 toujours sur le toit de l’Europe

Malgré une légère baisse de fréquentation, la 27ème édition du Sziget a encore tenu toutes ses promesses. Retour sur la plus belle semaine de l’année.

Vous avez pu suivre nos aventures jour après jour au Sziget sur Sound Of Brit, mais, deux semaines après la fin du festival hongrois, il est temps de faire un bilan complet. 7 jours de festival, 530 000 festivaliers (contre 565 000 l’an dernier) et des artistes et performeurs de plus de 62 pays. Et plus personnellement quelques chiffres. Pour nous, ces 7 jours de Sziget, c’était 135 kms parcourus, un peu plus de 25 heures de sommeil, 52 concerts et plusieurs litres de bières (on a pas compté ça…). Au delà de ces chiffres qui donnent la couleur, retour sur une édition 2019 du Sziget qui a marqué nos esprits.

Une bulle de liberté dans un contexte difficile

Dans un contexte politique toujours aussi complexe en Hongrie, le Sziget promeut des valeurs de diversité, d’amour et de partage. Des valeurs essentielles et qui sont partagées par l’ensemble des festivaliers qui viennent des quatre coins du monde. Et pour montrer son engagement, en totale opposition d’ailleurs avec le régime de Victor Orban, le Sziget a cette année mis en valeur sa campagne Love Revolution à travers des interventions marquantes sur la Dan Panaitescu Main Stage.

On retiendra celle du Dr Jane Goodall, 85 ans, connue pour son étude des chimpanzés et son engagement pour le bien être animal ou encore les poèmes d’Emi Mahmoud, d’une beauté rare et qui défendra les droits et l’inclusion des réfugiés. Au vu de l’âge moyen des festivaliers présents, c’est une vraie réussite de la part de Sziget que de proposer ce genre de message sur une si grande scène, encore plus dans un contexte comme celui que l’on connaît aujourd’hui en Hongrie.

Autre nouveauté de cette 27ème édition, une énorme communication autour de l’engagement du festival pour le développement durable. En pratique, la taille de Sziget rend la transformation complexe et coûteuse. Cependant, cette année, 1,5M de gobelets en plastiques ont été économisés grâce aux ecocups (présents depuis plusieurs années sur les autres festivals européens mais mis en place uniquement l’an dernier au Sziget) et une campagne Don’t Suck a permis d’éviter la consommation de 600 000 pailles. Un progrès remarquable mais qui mérite d’aller encore beaucoup plus loin. On retrouve toujours des centaines de canettes au sol et de nombreux scooters et voitures traversent encore l’île de jour comme de nuit.

Des changements notables et qui suivent la tendance européenne des festivals européens, à l’image de Glastonbury cette année.

Au delà des changements, le Sziget reste un festival d’exception

Après ces petits changements notés, revenons sur l’essence du Sziget : la musique ! En effet le Sziget reste un festival de musique actuelles dont le line-up est l’un des plus complets en Europe. Et pour une grande partie des festivaliers qui font le déplacement, la programmation est l’argument numéro 1. Sziget a donc sorti le grand jeu cette année avec une programmation très orientée rock. 7 jours de festivals et plus de 50 concerts ensuite, on a forcément été marqué par certains. Quelques déceptions sont aussi à signaler pour cette 27ème édition.

Dans l’ensemble, chaque jour de festival proposait au moins 2 ou 3 lives intéressants. Impossible donc de s’ennuyer. De la performance impressionnante de Frank Carter & The Rattlesnakes au show étincelant de Martin Garrix en passant par le live exceptionnel de James Blake, le Sziget nous a fait passer par toutes les émotions. Pour ce qui est de la fête, difficile de passer à côté. La soirée Elrow a sublimé le deuxième soir alors que les français de Polo & Pan et The Blaze ont fait danser l’A38.

Côté UK, Jungle, Richie Hawtin et Years & Years ont assuré le show. Avec un public proche de la vingtaine pour la plupart, le Sziget a pris le risque d’amener des artistes moins proches de cette génération. On pense au live sautillant de Franz Ferdinand, au concert splendide (l’un des meilleurs de la semaine sans doute) de Richard Ashcroft ou encore à la mini déception Johnny Marr.

La flopée de stars présente au Sziget a elle aussi fait le job. De la très bonne ouverture de Ed Sheeran au live toujours immanquable de Florence + The Machine en passant par les légendes de Foo Fighters, on aura vu de belles choses. A l’exception peut être du show beaucoup trop millimétré de Twenty One Pilots. En somme, du rock, des concerts marquants, de la fête et quelques déceptions… Difficile de rêver mieux pour 7 jours de festivals.

photo: Bodorkós Máté

Le Sziget Festival : une expérience unique

Mais comme on l’a suffisamment répété, le Sziget est une expérience qui va bien au delà des concerts. D’abord par sa taille de 78 hectares, l’Obudai Sziget devient pour une semaine la 5ème plus grande ville de Hongrie. Plus de 1000 programmes (musique, théâtre, cirque, sports, yoga etc) sont accessibles pendant la semaine. Nous n’avons donc pas quitté le festival pendant 1 seule minute durant la semaine. Une vie en autarcie, qui explique le surnom donné à l’Île d’Obudai : l’Île de la Liberté. 

Parmi ces 1000 programmes, nous avons adoré notre passage au Cirque du Sziget ou encore le spectacle musical et pyrotechnique des français des Commandos Perdus. Que dire aussi des nombreux spectacles de rues que l’on croise lorsqu’on déambule sur l’île ! Statues vivantes, fanfares, ou encore structures en bois animent les rues bondées de l’île. On se balade aussi dans le village hongrois ou le village des ONG ou encore à la Tent Without Borders (programme en partenariat avec le Musée de l’Immigration de Paris). Des lieux de partage et d’échanges autour des différentes cultures, problématiques sociales et économiques de notre société actuelle. Des lieux qui représentent l’esprit même du festival.

Et puis, il ne faut pas mettre de côté l’expérience qu’est le Sziget. Pour pleins de raisons ! On a parlé des concerts, de la taille du site ou encore des nombreux programmes variés. Mais il est important aussi de noter qu’un festival sur 7 jours crée des liens. On y rencontre des personnes du monde entier dans une ambiance magique. Sans oublier nos amis de l’Apéro Camping, repère francophone de fêtes longues et souvent arrosées. Dans une nouvelle disposition cette année, on a pu y voir une nouvelle scène des Jardins Magiques, bien plus attractive. Nous y passerons de nombreux moments en très bonne compagnie.

Le Sziget, c’est aussi l’occasion de profiter d’une des plus belles villes d’Europe

L’aventure Sziget s’achève par une petite visite touristique de la sublime Budapest. Rien de mieux pour se remettre d’une semaine aussi incroyable qu’épuisante. Le Sziget est une expérience unique, à faire (au moins) une fois dans sa vie ! Au moins, parce que dès notre retour, nous n’attendons qu’une chose, y retourner ! Alors, promis, viens l’année prochaine, nous, on y sera !

1 Comment
  • pantocrator
    Posted at 09:26h, 31 août Répondre

    oui , c’est un festival pour petits jeunes bobos friqués ” venant des quatre coins du monde ” . Peu de jeunes Hongrois au vu du prix ; on reste entre soi , c’est mieux , pour déblatérer sur le régime pour pas cher ..
    Oui des gobelets en carton pour faire mode bobo -écolo , mais l’avion pour venir à Budapest .
    Bonjour à Monsieur Castaner !

    és jo napot !

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