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Temples – Hot Motion

Un troisième opus qui marche – comme d’habitude chez Temples – dans le pas des plus grands et dont les arrangements font la principale force, à défaut d’innover

Il y a presque comme une coïncidence, quand on se rend compte que l’immense réédition pour les 50 ans d’Abbey Road, arrive nez-à-nez avec ce troisième effort des gars originaire du comté de Northamptonshire. Temples, groupe découvert en 2013 avec un excellent premier album – peut-être le plus épuré à ce jour – Sun Structures, a vite plongé dans un vortex pop, incluant singles en puissance et psychédélisme sucré, voire même caramélisé (l’honorable Volcano, sorti en 2017). Reste que, pour revenir au début de notre propos, Temples est avant tout un groupe britannique : c’est-à-dire qu’il ère, forcément, dans l’ombre de ses prédécesseurs – les papas du rock, en somme – qu’il ne le veuille ou non. Alors oui, on pourra y voir un peu de Beatles par-ci (“The Beam”, “Holy Horses”) une touche Pink Floyd par-là (“It’s All Coming Out”), même une réminiscence à l’America dans la première partie de l’étrange et sous-produit “Atomise”. Mais Temples a aussi, fort heureusement, trouvé sa voix. Un segment qu’on ne peut lui reprocher, depuis ses débuts.

Si dans un sens, le trio est toujours fièrement attaché à ses influences 70’s, il existe (et persiste) une force qu’on lui sied bien depuis son premier opus. Chose respectée ici, Hot Motion est l’aboutissement instrumental ultime du groupe, tant la production est immense : les guitares voguent entre la saturation et le strident. Parfois, une réverbération vient élever l’ensemble. La voix de James Edward Bagshaw, toujours aussi aiguisée et aérienne, est autant un point fort et une valeur sûre… qu’une redondance, puisque rien de neuf à l’horizon. Moins enfouie, cependant, elle accompagne avec brio le reste du groupe. Si leurs collègues australiens Tame Impala ont pris une route bien différente depuis 2015 (encore une comparaison, oui), Temples continue son aventure sans vraiment changer la recette. Outre des singles foncièrement efficaces (“You’re Either On Something”, “Context”), force est de constater qu’il n’y a pas grand chose d’autre à en tirer. L’émotion est figée dans ce rock-psyché que l’on côtoie déjà depuis plus de 6 ans, la surprise n’est plus. Ces retrouvailles avec Temples sonnent donc globalement comme un déjà-vu (ou plutôt entendu).

Tracklist :

Hot Motion

You’re Either On Something

Holy Horses

The Howl

Context

The Beam

Not Quite the Same

Atomise

It’s All Coming Out

Step Down

Monuments

Nos + : “You’re Either On Something”, “Context”

La note : 7/10

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