Interview – While She Sleeps : entre santé mentale, communauté et nouvel album

Quelques jours avant la sortie tant attendue de leur nouvel album, Sleeps Society, nous avons discuté avec Loz, chanteur de While She Sleeps.

“Jusqu’à présent tous nos fans adorent ça. Il adorent tout ce qui se passe avec la Sleeps Society.”

Loz, While She Sleeps

Merci Loz de nous accorder cette interview. Avec While She Sleeps vous avez créé une véritable communauté et un lien particulier avec votre fanbase : la Sleeps Society. Qu’attendez vous de cela? Quel était l’objectif principal de la Sleeps Society ? Peux-tu nous en parler ?

Avec la campagne de promotion du premier single, le morceau titre Sleeps Society, nous voulions souligner ce que nous ressentons concernant les fractures de l’industrie musicale. La façon dont nous nous sentons en tant que groupe de notre genre, similaire au metalcore. Si tu aimes ce style, il peut être super difficile de gérer une carrière même si la demande est présente. Et je pense que c’est lié à la façon dont nous consommons la musique. 95% de notre musique est maintenant écoutée en streaming. Avant, tout le monde achetait des CD et des copies physiques, ce qui n’est plus beaucoup le cas aujourd’hui. Du coup, il peut être difficile d’avoir à diviser son temps et ses efforts pour s’en sortir. Il faut trouver différentes façons et comprendre constamment comment se faufiler dans l’industrie de la musique et garder la tête hors de l’eau en tant qu’artiste en devenir. 

Au départ, avec la Sleeps Society, nous voulions sortir de l’ombre et nous adresser à nos fans de cette manière. En leur disant qu’on arrête de leur jeter de la poudre aux yeux et en disant clairement quelle était la situation du groupe.  C’est une situation dans laquelle beaucoup d’autres artistes britanniques se trouvent. On peut vraiment faire quelque chose pour ça. Pour While She Sleeps, cette nouvelle approche est la Sleeps Society. Deux albums plus tôt, pour You Are We, nous avions lancé une campagne de crowdfunding et c’est l’un de nos albums les plus réussis à ce jour. Donc je pense que l’idée est née de la façon dont est sorti You Are We. C’est vraiment positif. Jusqu’à présent tous nos fans adorent ça. Il adorent tout ce qui se passe avec la Sleeps Society. Des vidéos idiotes que nous postons et qui nous montrent en train de faire n’importe quoi jusqu’aux tutoriels et aux articles très instructifs. Il y a tellement de choses qui s’y passent, les gens apprécient vraiment. Cette relation est vraiment géniale. C’est une relation directe entre le groupe et les fans, et vice versa. Les gens qui sont là savent qu’ils nous aident vraiment à poursuivre cette carrière, et c’est beau. Et oui, comme vous le dites, le sens de la communauté est tout simplement incroyable.

Peux-tu nous dire à quel point tu apprécies poster des choses sur ce Patreon ? Est-ce que c’est quelque chose qui vous prend du temps, mais peut être dans le bon sens ?

Le fait d’avoir cette sorte de base de fans immédiate dans cette communauté nous aide à compartimenter notre temps et notre attention. Il peut être si facile de se laisser absorber par toutes les autres formes de médias sociaux. Il y a tellement de choses qui se passent et ça peut être difficile de savoir d’où les fans se renseignent sur le groupe. La Sleeps Society est une voie que nous pouvons emprunter car ces gens aiment ce groupe autant que nous, donc nous pouvons aller directement là-bas et interagir avec eux. C’est génial. Et aussi, ce n’est pas seulement ça; en temps normal, nous serions sur scène avec notre équipe. Et la Sleeps Society nous a permis de ramener une partie de cette équipe qui serait littéralement sans emploi aujourd’hui. Ils sont là, à nous aider à filmer et à s’assurer que tout fonctionne comme il faut, donc c’est génial aussi. Vous savez, ça s’avère être une chose vraiment positive pour nous et nous apprécions vraiment ça. Plus que ça, les gens là-dedans sont un soutien important. Si on venait à ne pas poster pendant un petit moment, ce n’est pas comme si c’était un gros problème. Ils sont là pour nous soutenir pour qu‘on puisse continuer en tant que groupe et c’est ce qui est le plus beau dans tout ça. Ça nous enlève un peu de pression à l’idée de devoir se séparer en 5 morceaux. L’éthique du groupe est clairement une sorte de DIY (fait-maison). On est autogérés maintenant, et il y a tellement de choses qui se passent. C’est une très belle chose d’être capable de prendre un peu de recul et de se dire que ces gens déchirent et nous aident vraiment de cette façon ! Donc oui, c’est génial.

“Je me suis dit que si les gens pouvaient retirer quelques points positifs du message que nous donnons alors c’est une bonne chose.”

Loz, While She Sleeps

Concernant cette éthique DIY, vous avez votre entrepôt et refaites complètement votre nouveau studio. Où en êtes-vous dans les travaux ? C’est terminé ?

Non, ce n’est pas fini. Il y a tellement de choses à faire, nous venons de réorganiser le studio. Quand nous avons fini l’album nous nous sommes dit que c’était vraiment le moment idéal pour tout recommencer de zéro et être prêts pour écrire plus de musique pour le futur de While She Sleeps. Donc, nous avons en quelque sorte dépouillé et reconstruit le studio. Nous pensons aussi à construire un autre espace de bureau pour qu’il y ait un autre endroit où les gens puissent se retrouver, travailler sur des choses et traîner pendant les enregistrements dans le studio, où il y a besoin de silence. Et comme je l’ai déjà dit, nous ne serions pas en mesure de faire ces choses là s’il n’y avait pas le Patreon, donc c’est vraiment génial.

Parlons un peu de l’album. La sortie est ce vendredi. Peux-tu nous parler des thèmes évoqués dans celui-ci ?

Je pense qu’il y a des sujets dont nous avons toujours parlé. Vous savez, il y a certains thèmes que nous évoquons toujours dans nos albums. Comme la solidarité, l’unité et le sens de la communauté dont nous venons de parler. Ces thèmes ont toujours été très importants car While She Sleeps est né de l’époque où je m’asseyais à l’arrière du bus scolaire et où je me faisais frapper parce que je portais un pull à capuche Slipknot. J’ai toujours eu ce sens de la communauté, ça ne m’a pas empêché de vouloir en faire partie. Ça l’a juste rendu plus fort pour moi, ça a toujours été là.  Et j’allais même jusqu’à promouvoir mes propres festivals dans ma ville natale et faire jouer des groupes locaux pour qu’on ait des groupes de métal qui soit visibles. Ça a toujours été une partie importante pour moi. Ce qui est intéressant avec cet album, c’est que d’habitude nous parlons un peu de politique, de ce que nous vivons dans les médias, de ce qui se passe à travers le monde, et le fait de se sentir divisés, de se mettre des barrières mais aussi de cette unité de par le monde. Nous avons toujours voulu traduire ça de sorte à ce que lorsque les gens viennent à nos concerts, ils se sentent comme unifiés et capables de faire la fête avec des gens comme eux.

Je pense que cette fois-ci, avec cet album, les gars du groupe et moi avons vécu une telle aventure ensemble, nous avons traversé tellement de hauts et de bas, comme une famille mais aussi à un niveau individuel, que nous avons dû prendre du recul, penser à notre santé mentale et essayer de rétablir l’équilibre pendant ces trois dernières années. J’étais en train de devenir alcoolique. Lentement mais sûrement. J’utilisais l’alcoolisme pour masquer mes propres insécurités et je pense que c’est quelque chose que j’ai dû apprendre à équilibrer et à prendre au sérieux en termes de santé vocale et de ce que je veux pour ce groupe à long terme. Le fait de ne pas vouloir laisser tomber les fans et essayer de répondre aux milles questions qui tournent constamment dans la tête, c’est compliqué. J’aurais dû arrêter de boire il y a des années pour ma voix, mais ça s’est aggravé. C’est  difficile de ne pas boire dans cette industrie. C’est compliqué de s’éloigner de ça mais je suis sur la bonne voie et toujours en train d’apprendre. 

Chacun des membres de While She Sleeps a traversé quelque chose et je pense que beaucoup de messages dans ce nouvel album proviennent de ces choses-là. Le fait d’essayer de rétablir l’équilibre et de comprendre les choses par nous-mêmes. J’ai l’impression que c’est la première fois que nous nous exprimons lyriquement de cette façon. C’est quelque chose de vraiment intéressant qui est ressorti de l’album, et je pense qu’avec cette pandémie et le fait que nous soyons tous plus isolés que jamais, certains de ces messages et connotations semblent plus importants et plus nécessaires maintenant qu’ils ne l’étaient lorsque nous avons commencé à écrire les démos. Surtout les chansons comme Nervous. Elle a été écrite avant que la situation de la pandémie n’arrive là où elle est maintenant et j’ai l’impression que c’est d’autant plus important pour les gens de ressentir cette chanson, de savoir d’où nous venons et de comprendre que c’est normal de ne pas se sentir bien, que nous ne sommes pas censés être des professionnels de la vie. La nervosité est une émotion qui nous traverse et que nous avons tous ressentis à un moment ou à un autre, et j’espère que nos fans peuvent s’identifier à ça et en tirer du positif.

Vous avez invité Deryck Whibley (chanteur de Sum 41) et vous venez de parler d’alcoolisme. Est-ce que c’est quelque chose dont vous avez pu parler avec lui, manifestement il s’est battu avec ça également il y a quelques années. C’était comment de travailler avec lui ?

Nous n’avons pas eu l’occasion de parler de ça du tout. Ce n’était pas très évident avec la pandémie étant donné que nous avons travaillé à distance et uniquement sur la chanson. Cela a été incroyable de travailler avec eux (Deryck pour No Defeat For The Brave et Simon pour Nervous). Je suis vraiment content. Évidemment, Nervous est déjà sorti, mais pas No Defeat For The Brave. Personne ne l’a encore entendue. Je suis tellement content et impatient que les gens entendent cette collaboration. Quand j’étais jeune, je me souviens d’avoir fait du skateboard jusqu’au magasin de disques de mon quartier et d’avoir pris le CD All Killer, No Filler (album de Sum 41) au hasard sans connaître le groupe. Il était juste devant moi, je l’ai ramené à la maison et mon petit frère et moi étions obsédés par cet album. C’est une chose de moins sur la liste des choses à faire dans nos vies pour les gars de While She Sleeps et moi. Nous nous sommes tous inspirés de Sum 41, en particulier du style de pop punk canadien que l’on voyait à la télé partout. C’était génial de travailler avec ces deux gars et ils ont tout déchiré. Je pense que ce qui est intéressant c’est qu’il serait facile pour nous d’aller voir un autre chanteur de metalcore et de lui demander d’être impliqué dans la chanson, mais ces collaborations sont assez inattendues. Je pense que c’est absolument fou que Architects aient aussi fait un guest avec Simon Neil, parce que nous n’en avions aucune idée. C’était un peu vilain de la part de Simon Neil, mais c’est un gars incroyable et encore une fois, c’était génial de travailler avec lui sur Nervous et je suis content que les gens soient ravis de cette chanson. 

Etant donné le thème de la santé mentale sur le titre Nervous, a-t-il été difficile de convaincre Simon (chanteur de Biffy Clyro) de faire sa partie ? 

Nous étions en tournée avec Bullet For My Valentine et nous prenions quelques bières avec le gars des lumières après le concert quand il nous a dit, “Au fait, je travaille aussi pour Biffy Clyro et vous savez, ils écoutent votre groupe et sont fans !”. A ce moment-là nous étions juste abasourdis. Nous l’avons donc contacté et lui avons demandé s’il voulait participer. Il a confirmé qu’il aimait ce que nous faisons et qu’il aimerait participer à la chanson. La voix de Simon fonctionne si bien dans un style rock rythmique qu’elle a bien fonctionné pour Nervous et a même fusionné avec le reste du morceau. 

Vous parlez beaucoup de la santé mentale, je sais que c’est très important pour vous en tant que groupe. Tu as parlé du fait que cela vous apporte de la positivité et vous aide à mieux combattre vos démons. Peux-tu développer ?

Je pense que toute la question de la santé mentale et du bien-être vient du fait qu’il est très facile de ne pas la catégoriser de cette façon et de juste de passer par différents sentiments et différentes émotions. Comme si c’était juste ce que vous ressentez sans vraiment essayer de comprendre ce que c’est. Je dirais même que, dans une certaine mesure, pendant la promotion de Nervous, le fait de parler à Sean de ce sujet et d’écouter certains des autres gars de While She Sleeps parler de leurs expériences nous a permis de nous rapprocher plus que nous ne l’avons jamais été. Et ça nous a fait réaliser que la bonne chose à faire avec ça est juste de reconnaître les émotions que nous ressentons. Je ne pense pas que ça doive nécessairement être négatif, le fait de comprendre ce que l’on ressent et de se comprendre soi-même permet d’en faire quelque chose de positif. Se sentir anxieux à propos d’une certaine situation peut parfois apporter le pouvoir de traverser les choses. Une personne qui apparaît à la fin de la vidéo de promotion de Nervous, où nous avons parlé à différentes personnes de leurs expériences, a dit “après la nervosité vient l’euphorie”. Ce sont deux émotions puissantes qui doivent être canalisées et utilisées. C’est ainsi que nous avons terminé la vidéo. Ça a vraiment résonné en moi et je me suis dit que si les gens pouvaient retirer quelques points positifs du message que nous donnons alors c’est une bonne chose. 

Les sonorités de vos albums évoluent sans cesse. Est-ce quelque chose que vous recherchez ? Est-ce que c’est facile à faire, ça vient naturellement ?

Depuis que nous sommes devenus un groupe en 2009, nous ne voulions pas vraiment ressembler à un autre groupe, et je pense qu’il peut être très difficile pour un groupe de ne ressembler qu’à lui-même. Mais je pense que nous avons réussi à le faire, et c’est une chose vraiment spéciale. La façon dont Sean Long joue de la guitare, la façon dont nous utilisons nos voix, la façon dont nous jouons ensemble en tant que groupe, personne d’autre n’a le même son. Mais nous ne voulons pas non plus nous enfermer dans une boîte, dans un seul genre. Nous voulons passer par différents sons et continuer à nous dépasser en studio et à progresser. 

Ça a toujours été un peu dans notre état d’esprit de ne pas écrire deux fois le même album et de continuer à progresser en studio. Et c’est bien. Ça garde nos fans sur le qui-vive. C’est plus rafraîchissant quand le groupe sort avec un son légèrement différent de ce qu’il a fait auparavant. J’ai aussi l’impression que lorsque les groupes changent un peu trop leur son ça peut aller trop loin et aliéner les gens qui ont été fan dans le passé. Nous avons en quelque sorte créé notre propre son et nous sonnons comme While She Sleeps. J’ai l’impression que nous pourrions écrire une chanson Country et on reconnaîtrait toujours ce que c’est du While She Sleeps ! J’espère que c’est ce que les gens entendront de nous. Nous sommes très fiers d’avoir été jeunes à l’époque et d’avoir rêvé d’aller aussi loin, d’avoir travaillé pour en arriver là. Donc oui, je pense que c’est un effort conscient pour progresser de ne pas écrire deux fois le même disque. Pendant longtemps, Sean a essayé de faire sonner sa guitare comme un synthétiseur, et puis il a réalisé qu’il pouvait faire sonner un synthétiseur comme une guitare. Il aime vraiment ça, ça sonne comme Prodigy et c’est vraiment amusant. Je pense que ça rend les choses intéressantes pour nous en studio et j’espère que les gens continueront à se poser des questions pour savoir à quoi nous allons ressembler dans le futur. 

J’ai une question concernant votre partie DIY (fait-maison). Pour garder votre indépendance, vous avez créé votre propre label entre autres. En quoi est-ce important pour vous de rester indépendant ? 

Au fil des années nous avons travaillé avec tellement de gens différents, beaucoup de gens formidables qui nous ont vraiment aidés mais en fin de compte, personne ne se soucie de son groupe autant que soi. C’est quelque chose qui est vraiment important pour les jeunes groupes qui montent de se rappeler que c’est une industrie et un business avant tout. Il peut être assez facile de se laisser emporter par ça. Je n’essaie pas de dire que l’industrie est mauvaise parce qu’elle a fait beaucoup de bonnes choses pour nous dans le passé et il y a beaucoup de gens qui nous ont vraiment aidés, mais je pense qu’il est important pour nous de réduire notre équipe, de nous impliquer davantage et de nous concentrer sur ce qui est important. Nous avions payé des gens pour qu’ils travaillent pour nous mais ils faisaient des erreurs et il fallait les corriger nous même. Nous avons toujours eu une éthique punk rock très interne. Toutes les illustrations que nous créons viennent directement du groupe. Nous nous occupons aussi du planning des tournées. Tout est fait par nous et je pense que c’était inévitable qu’à un moment donné, nous nous démarquions de cette manière. C’est une chose vraiment effrayante à faire si tu n’as pas une bonne fanbase derrière toi pour t’aider, te soutenir et heureusement, nous avons pu le faire.

C’était une aventure folle, le Patreon, la Sleeps Society, la façon dont nous nous gérons maintenant. Je pense que ça va être un moyen crucial pour beaucoup d’autres groupes dans le futur d’aider à soutenir ce qu’ils font et pour être un artiste durable. Tout est en train de changer et je pense que nous sommes le groupe idéal pour tester ça, parce que notre base de fans est très loyale et nous soutient coûte que coûte.  

Dernière question: Quelle est la prochaine étape pour While She Sleeps ? 

Probablement aller manger ? Je plaisante. (La fin de l’interview s’est faite à 20h30 heure française donc 19h30 pour Loz) 

Nous nous concentrons sur la sortie de l’album et nous nous assurons que tout est cool vis à vis de ça. Heureusement au Royaume-Uni, les restrictions ont été un peu levées, donc nous pouvons ouvrir certaines boutiques éphémères pour le jour de la sortie et le week-end suivant. C’est vraiment agréable de pouvoir voir nos fans et d’interagir un peu avec eux dans des conditions qui respectent les gestes barrières. Il y a des discussions en cours pour savoir si nous ferons ou non une sorte de concert en streaming. Tout peut arriver, nous avons repoussé la date de la tournée à septembre, et il y a une chance que le Slam Dunk ait lieu en septembre au Royaume-Uni. Nous gérons tout au jour le jour, nous sommes si excités de retourner sur la route, mais on doit d’abord être en sécurité, donc on verra comment ça se passe. 

Merci beaucoup pour votre temps.

Pas de soucis, c’était un bon moment, merci d’avoir pris le temps pour cette interview et soyez prudent.

Interview : Julie et Estelle
Photos : Estelle
Transcription et Traduction : Julie et Estelle

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