Frank Carter & The Rattlesnakes – Sticky

Frank Carter & The Rattlesnakes est un groupe productif qui sort déjà son 4ème album en 6 ans. La reconnaissance grandissante du public est essentiellement due à la qualité croissante de leurs albums ainsi qu’à des lives électriques. Le groupe a notamment su s’assagir avec End of Suffering (2019), sauront-ils à nouveau monter le curseur avec Sticky ? Verdict !

On doit dire qu’au moment de l’annonce de l’album on était plutôt mitigés. Tout d’abord l’artwork de l’album laisse envisager un album plus punk et confus que le précédent. Ensuite, c’est la tracklist qui nous a interpellés avec dix pistes dont cinq collaborations ! La proportion semble totalement déséquilibrée quand on sait que le groupe n’a jamais travaillé de cette façon auparavant. Faut-il espérer un coup de génie ou s’inquiéter ? Faut-il s’attendre à un album collégial comme Gorillaz sait proposer ? Faut-il simplement y voir une réaction à la solitude provoquée par les confinements successifs en 2020 ?

Des featurings omniprésents

Cette prépondérance de collaborations à été mise en évidence dès le premier single avec la présence de Joe Talbot (IDLES) sur My Town. Le morceau est basique dans sa construction et la présence de Joe est limitée bien que sympathique. En effet, on ne l’entend réellement chanter que sur le dernier couplet et le dernier refrain.

Le second invité est l’artiste Lynks qui apparaît sur deux titres de l’album. Tout d’abord Bang Bang, une chanson très clairement faite pour pogoter en festival sans se prendre la tête. Lynks est également présent sur Go Get a Tatoo mais malheureusement, dans les deux cas, l’artiste n’arrive pas à convaincre avec des interventions à nouveau très limitées (un seul couplet sur chaque morceau…).

Les deux autres participations sont assurées par Casyette et Boby Gillespie. Off With Is Head est le premier morceau où l’on peut vraiment parler d’un duo avec la présence de Cassyette sur la totalité du morceau. Les deux voix se mélangent bien et la collaboration enrichit véritablement le titre. On regrette juste que musicalement il n’y ait pas grand chose à défendre… Quant au leader de Primal Scream, la texture de sa voix apporte une forme de tension mais l’instru ne parvient pas à accentuer cette sensation pour clôturer l’album sur une bonne note.

Globalement, les featurings n’ont pas l’apport espéré avec des structures répétitives : Frank Carter chante seul sur la moitié du titre avant de laisser l’invité sur le dernier couplet et de partager le dernier refrain. Dans l’absolu, on pourrait meme intervertir les artistes entre plusieurs collaborations tellement ça manque d’identité.

…un album poussif

Les featurings ne sont clairement pas les points forts de cet album mais qu’en est-il des cinq autres titres ? Tout démarre bien avec Sticky, qui se démarque grâce à une guitare qui sait se mettre en valeur aux bons moments. Le chant sur le refrain est maîtrisé bien que similaire au précédent album. Ce titre et le suivant (Cupid’s Arrow) servent de liaison entre End Of Suffering (2019) et ce nouvel opus.

La volonté du groupe est de faire un album énergique avec peu de silence et un maximum de bruit. Ce choix artistique s’illustre avec Take It To The Brink mais aussi avec les titres suivants. A vouloir faire un album trop dynamique, Frank Carter & Rattlesnakes utilisent toujours les mêmes artifices et le manque d’originalité se fait cruellement ressentir, et ce même dans le choix des titres ! Apres Tyrant Lizard King en 2019, nous avons le droit cette fois ci à Cobra Queen qui au delà du clin d’œil est bien moins réussi.

Pour finir, Rat Race est tout simplement le morceau le moins écoutable de l’album. La présence d’un saxophone aurait pu apporter une texture différente, mais son utilisation dissonante en arrière plan rend le titre désagréable, tout comme le pseudo solo de guitare….

Malgré quelques bons titres, Sticky est sans aucun doute l’album de leur discographie qui se fera oublier le plus rapidement. Frank Carter & Rattlesnakes semblent avoir perdu l’équilibre rock-punk qui les avait emmenés en haut des charts avec End of Suffering. On compte sur leur fougue en live pour nous faire oublier cette erreur de parcours.

TRACKLIST

Sticky

Cupid’s Arrow

Bang Bang (feat. Lynks)

Take It To The Brink

My Town (feat. Joe Talbot)

Go Get A Tatoo (feat. Lynks)

Off With His Head (feat. Cassyette)

Cobra Queen

Rat Race

Original Sin (feat. Bobby Gillespie)

LA NOTE DU RÉDACTEUR : 5,5/10

Ses morceaux favoris : StickyMy Town, Cobra Queen

Les autres notes :
Fabien : 5/10. On s’attend à bien mieux de Frank.


No Comments

Post A Comment