IDLES - CRAWLER

IDLES – CRAWLER

Un peu plus d’un an après Ultra Mono, IDLES dévoile son quatrième album : Crawler. Que vaut-il ?

Il y a quelques semaines, IDLES nous surprenait en sortant un nouveau single et en annonçant la sortie d’un nouvel album. Un an auparavant le quintet sortait Ultra Mono, leur troisième album dont la tournée aux Etats-Unis s’est terminée et il y a peu et dont l’européenne ne commencera qu’en 2022. IDLES est pourtant déjà prêt à tourner la page puisqu’il sort son nouveau projet, Crawler, composé de 14 titres.

Introduction

On ne sait pas trop à quoi s’attendre sur ce disque, puisque seulement deux singles sont sortis et très peu de promo a été faite. Heureusement, la première chanson, MTT 420 RR, nous met tout de suite dans le bain. Un bain d’eau glacée qui nous submerge peu à peu en même temps que les instruments arrivent. Installant une atmosphère anxiogène, on comprend que l’album ne va pas être des plus joyeux. Un synthé joue la même note à répétition, rappelant le bruit d’une ceinture non-mise dans une voiture. On s’en souviendra plus tard lorsqu’arrive le deuxième single Car Crash, qui, par sa cacophonie évoque son titre. A l’image de ces deux morceaux, l’album nous met dans une position inconfortable.

La basse est très présente tout au long des quarante-sept minutes. Accompagnée de la batterie elle joue souvent des boucles rythmiques qui deviennent entêtant et permettent à la voix de Joe Talbot de s’installer. Cette dernière n’est d’ailleurs pas toujours au premier plan et il peut nous arriver de l’oublier tellement on est pris par l’instrumentale, comme dans Meds ou Progress. Progress est d’ailleurs une vraie pause au sein de l’album. Précédée d’un interlude de trente secondes, elle commence plus posément avec beaucoup plus d’espace et moins d’instruments et le chant semble nous atteindre de loin. Puis il y a une disruption et la voix gagne en stabilité quand les instruments se séparent du rythme établi.

Une oeuvre moins musclée

Cet album s’approche plus du cold-wave que les opus précédents. Ça surprend et on ne comprend pas forcément ce qu’IDLES essaie de véhiculer, à part un certain inconfort. On sent que le quintet tente de nous bousculer avec cet album et c’est réussi : on est peu à l’aise pendant l’écoute. Néanmoins, c’est une épée à double tranchant puisque cela ne donne pas spécialement envie de le réécouter. On se raccroche alors aux chansons qui ressemblent à ce qu’on a l’habitude d’entendre de leur part, comme King Snake, Stockholm Syndrome ou Crawl, qui sont plus dans notre zone de confort. Parfois on finit par se lasser de quelques morceaux qui paraissent longs avec ces parties instrumentales qui se répètent en boucle. Il y a quand même quelques chansons agréables. C’est le cas notamment du premier single The Beachland Ballroom qui est très prenant dans sa simplicité, la voix de Talbot nous touchant jusqu’aux tripes. The End aussi nous donne un peu d’espoir après ce sombre album. On y entend Joe Talbot nous crier « In spite of it all, life is beautiful », et on se languit du moment où on pourra le chanter avec lui en concert. Comme pour les précédents albums, on se dit que les concerts donneront une autre dimension à Crawler. The Wheel par exemple doit être très impressionnante en live avec la grosse basse qui résonne dans nos corps.

Un album peu marquant

Finalement, après notre écoute, la plupart des chansons se mélangent dans notre esprit puisqu’aucune ne sort vraiment du lot. IDLES est plus percutant dans ses albums précédents et reste malheureusement très conventionnel en essayant d’évoluer dans un style plus cold-wave. A part quelques morceaux intéressants, l’album ne nous marquera pas comme Brutalism, Joy as an act of Resistance ou Ultra Mono.

TRACKLIST

MTT 420 RR
The Wheel
When the Lights Come On
Car Crash

The New Sensation
Stockholm Syndrome
The Beachland Ballroom

Crawl!
Meds

Kelechi
Progress
Wizz
King Snake
The End

LA NOTE DU REDACTEUR : 6/10

Ses morceaux favoris : MTT 420 RR, The Beachland Ballroom, The End

Les autres notes :
Fabien : 6/10. Un album très (trop ?) étonnant…

Augustin : 4/10. Une évolution poussive, répétitive et désagréable.

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1 Comment
  • Li-An
    Posted at 10:51h, 11 novembre Répondre

    Je me suis demandé tout au long de l’article qui était ce « on » (voire « nous ») et visiblement ce ne doit pas être la critique dans son ensemble puisque les avis semblent bien plus positifs.

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