The Wombats – Fix Yourself, Not The World

Quatre ans après Beautiful People Will Ruin Your Life, les Wombats reviennent, avec toujours ce talent pour les titres désabusés à rallonge. De jeunes prometteurs de la scène indie britannique à auteurs d’un son viral de Tiktok, le groupe a connu de nombreuses évolutions; et Fix Yourself, Not The World en serait peut-être bien la synthèse.

L’album ne fait pas l’unanimité dès la première écoute: on y sent des bonnes choses sans pour autant y accrocher instantanément. Pourtant, tout comme son prédécesseur, il se révèle après plusieurs écoutes. Constitué de mélodies entêtantes, cet opus navigue entre rock à guitares et morceaux plus posés, mélange du savoir-faire inchangé du quatuor et de recherches de nouvelles sonorités.

EXPERIMENTER, INNOVER

Le groupe mené par Matthew Murphy (« Murph ») a fait le choix de poursuivre sur la lancée de Beautiful People avec des mélodies plus pop, plus catchy. Le single Method To The Madness a d’ailleurs étonné à sa sortie, proposant un son plus doux qu’à l’accoutumée (rendant son décollage final d’autant plus jouissif). This Car Drives All By Itself, People Don’t Change People, Time Does et Everything I Love Is Going To Die restent dans cette même veine, même si sans doute un peu plus oubliables. On notera également la très bonne Work Is Easy, Life Is Hard, qui propose à nos oreilles quelque chose de différent.

Mais même les titres « moins rock » conservent de la nostalgie des débuts, comme la bonne surprise If You Ever Leave, I’m Coming With You; mélange d’instrumentale efficace qui en a fait un très bon single, d’une voix faussement joyeuse et de paroles de loosers un peu dépités mais pleins d’humour (« I’ll get out of bed/Stop listening to Radiohead/Take you out of this/Your reluctant optimist »).

Cette ironie qui avait déjà fait les heures de gloire des Wombats dès leurs débuts (on pense bien évidemment à leur tube Let’s Dance To Joy Division, hymne des post-ado découvrant la vie adulte en rêvant de Ian Curtis) est toujours présente; pour le plus grand bonheur des adeptes des talents de songwritter de Murph.

S’AFFIRMER POUR EVOLUER

Ce qui rend Fix Yourself aussi intéressant, c’est cette fusion des divers essais de leur discographie. Bien qu’ils cherchent à réinventer, on n’oublie pas si facilement ses premières amours: les grosses guitares se font encore entendre à de multiples reprises tout au long de la tracklist. Don’t Poke The Bear ou Flip Me Upside Down correspondent à cette idée, avec leur énergie explosive.

Comment conclure ? L’album est bon ; il est efficace. Le groupe est doué pour proposer des mélodies qui restent dans la tête, les musiciens sont toujours aussi talentueux, et la plume est toujours aussi grinçante et fine. Mais, par instant, on peut trouver le tout un peu similaire, surtout à la première écoute. On en sort globalement satisfait, mais avec peut-être une petite frustration, car certains titres ont tendance à être un peu plus oubliables.

Une chose est sûre en tout cas: le groupe a mûri, a su poursuivre sa lancée des dernières années sans peur de perdre l’ancien public « un peu puriste » (qu’il a tendance à charrier quand il le faut) tout en conservant son efficacité.

Si vous souhaitez apprécier ces nouveaux titres en live, le groupe jouera à Paris le 29 avril à la Machine du Moulin Rouge.

TRACKLIST

Flip Me Upside Down

This Car Drives By Itself

If You Ever Leave, I’m Coming With You

Ready For The High

Method To The Madness

People Don’t Change People, Time Does

Everything I Love Is Going To Die

Work Is Easy, Life Is Hard

Wildfire

Don’t Poke The Bear

Worry

Fix Yourself, Then The World

La note de la rédactrice : 7,5/10

Ses morceaux préférés : If You Ever Leave I’m Coming With You, Ready For The High, Method To The Madness

Les autres notes :
Augustin : 8/10. Pas révolutionnaire mais leur meilleur album depuis This Modern Glitch (2011).
Fabien : 7,5/10. De très bons titres avec cette empreinte si propre au groupe.

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