INTERVIEW – Inhaler et leur maturité acquise en deux ans

Cela fait déjà quelques années que l’on suit Inhaler, tout droit venus de Dublin. Lors de leur première et dernière venue à Paris, début 2020, ils n’avaient alors pas encore sorti leur premier LP « It Won’t Always Be Like This ». On les a retrouvés à la Villette quelques heures avant leur montée sur la scène d’un Trabendo bien rempli. Elijah Hewson (chant), Ryan McMahon (batterie) et Josh Jenkinson (guitare) ont répondu à nos questions entre deux siestes dans le tour bus, activité quotidienne pour garder leur énergie en pleine tournée européenne. Ils nous parlent de l’enregistrement difficile de leur album, de (potentielle) nouvelle musique et de leurs écoutes du moment. 

Photo : Laurine Payet

En ce qui concerne l’écriture, pensez-vous principalement à la façon dont ça va sonner enregistré ou en live ?

Elijah : En live, je pense. Quand on écrit des musiques, on peut toujours les imaginer dans un environnement live. C’est intéressant d’aller en studio et de pouvoir expérimenter avec les sons. Mais quand on a sorti le premier album, parce qu’on l’avait fait pendant une pandémie et qu’il n’y avait pas de concert, on voulait que cela ressemble à un album live.

Vous l’avez donc écrit pendant la pandémie ?

Elijah : La moitié, oui. On avait des chansons depuis des années, depuis que l’on a commencé à jouer : « It Won’t Always Be Like This » et « Cheer Up Baby ». On a ensuite écrit la seconde moitié de l’album pendant la pandémie, donc on voulait vraiment que ça fasse ressentir le live, tu sais. 

Qu’est-ce qui influence votre univers créatif ?

Elijah : Je pense les gens. Les gens autour de nous et les gens qui écoutent notre musique, ça nous inspire. Lorsque vous sortez et que vous les voyez en face à face, ça vous donne vraiment envie d’écrire davantage. C’était aussi difficile d’être coincé à l’intérieur à ne rien faire à cause de ça, on n’avait pas cette réaction physique.

Comment avez-vous réussi à enregistrer l’album pendant la pandémie ?

Ryan : Pas facilement ! 
Elijah : Pas facilement, en effet. C’était difficile, c’était vraiment difficile. On est allés à Londres, on a gardé notre bulle, on ne voyait pas d’amis on ne pouvait pas sortir boire un verre, rien. Parce que si l’un d’entre nous avait le COVID, ce serait pratiquement deux semaines de l’enregistrement en moins.
Ryan : C’était intense pour faire cet album.

Combien de temps a-t-il fallu pour l’enregistrer ?

Elijah : 6 ans !
Ryan : C’était le ressenti. Je pense que ça nous a pris environ neuf mois, juste parce que c’était tellement étalé avec nos créneaux horaires et nos aller-retours au studio. Aussi parce que pendant qu’on enregistrait, on faisait juste de rebondir le temps entre la musique et les vidéos. Et en plus de ça, notre producteur commençait à faire venir d’autres artistes. À peu près neuf mois.
Elijah: On était allés en studio on avait fait des morceaux de chansons, puis on a décidé de terminer l’album sur deux mois, ce qui était vraiment intense. C’était l’été 2020. On allait en studio, on travaillait 10 ou 11 heures, puis on revenait à la maison et on était avec les mêmes personnes qui étaient en studio. C’était un environnement de serre, une cocotte-minute.

Quel a été le point culminant de votre carrière jusqu’à présent ?

Ryan : Juste avoir eu l’opportunité de sortir un album, et de pouvoir aussi le jouer en tournée. Le timing des concerts qui reviennent a un peu joué en notre faveur. On n’était pas revenus ici à Paris depuis environ deux ans et demi. 2020, c’était la dernière fois qu’on était ici. Donc un peu plus de deux ans. Waw, on a pu revenir et jouer l’album pour les gens alors qu’il n’était pas sorti la dernière fois que l’on était ici. C’est une chose assez spéciale.

Vous avez teasé de nouvelles musiques, comment est-ce que cela se passe ?

Ryan : Oh c’est vrai ?
Elijah : Oui ! Ça va, on y travaille. C’est difficile de trouver du temps cette année, parce qu’on se concentre essentiellement sur le live. Et peu importe ce que l’on sort ensuite, on veut juste s’assurer que c’est un pas en avant par rapport au dernier album.

Ce n’est donc pas pour bientôt ?

Elijah : Eh bien, ça pourrait l’être…
Ryan : Si un miracle se produit !
Josh : On a vraiment passé trois mois en studio à essayer d’enregistrer, donc il ne reste que la dernière étape.
Ryan : On essaie de d’assurer de ne rien dire de trop précis trop tôt comme on l’avait fait avec le premier album trois ans avant sa sortie. Sur nos téléphones, c’était tout le temps « tu as dit que ce serait à la fin de l’année », on s’excusait tout le temps. 

En quoi pensez-vous qu’il sera différent du premier ?

Elijah : Je pense que l’on a beaucoup grandi. Et je pense que ce sera un disque optimiste, tu sais, on est plus sensibles (rigole). Je pense juste qu’avec la pandémie, ça nous a beaucoup fait grandir. Sortir ce disque et le jouer en live nous a en quelque sorte donné un peu de temps pour explorer un peu plus profond et parler de choses qui sont peut-être un peu plus introspectives.

Quelle musique écoutez-vous sous la douche ?

Josh : J’écoute toujours Michael Kiwanuka sous la douche.
Elijah : Oh, j’adore

Ah, c’est trop sérieux !

Ryan : Wet Leg sous la douche, c’est le bon contexte.
Elijah : Je n’écoute pas vraiment de musique, j’échauffe juste ma voix 24h/24. En fait peut-être Bob Dylan.
Ryan : C’est toujours Bob Dylan !

Album ou single ?

Ensemble : Album !
Elijah : Il y a quelque chose de spécial dans un album.

Aimez-vous écouter des disques de la première chanson à la dernière ?

Elijah : Ouais, si tu as le temps. Quand est-ce que l’on a le temps ces jours ? Mais quand tu as le temps, et que c’est le bon moment, et que tu as le bon album. Il n’y a rien de mieux que ça.

C’est aussi avec ce but que vous écrivez votre musique ?

Ryan : Oui, sinon, on sortirait juste des singles.
Elijah : On a en quelque sorte fait ça sur le premier album. Ce n’était pas vraiment un album concept ou quelque chose comme ça. On enregistrait un tas de singles. Mais il n’y a pas de honte à cela. Elvis n’avait aucune idée de ce qu’était un album.

Quelle serait votre collaboration de rêve ?

Ryan : C’est une bonne question.
Elijah : C’est déjà assez dur de collaborer avec quatre personnes !
Ryan : Imaginez…
Josh : C’est difficile à dire honnêtement ! Ajouter un autre cuisinier au bouillon ?

Vous n’aimez tout simplement personne d’autre !
Josh : On aime trop les autres, je pense !

Photo: Laurine Payet

Quels ont été vos albums préférés de 2021 ?

Elijah : « Seventeen Going Under » de Sam Fender.
Ryan: « A Hero’s Death ». (de Fontaines D.C.)
Elijah : C’était en 2020.
Ryan: Un autre que j’ai adoré était « Blue Weekend » de Wolf Alice.

Ces deux années se sont fondues l’une dans l’autre. Je devrais plutôt vous demander ce que vous avez écouté pendant les périodes de quarantaine.

Ryan : L’album des Strokes, il est sorti au bon moment.
Elijah : C’était comme un cadeau au monde.
Ryan : Et celui de Fontaines D.C..
Elijah : On a beaucoup écouté notre propre musique parce qu’on travaillait dessus.

Y a-t-il des artistes que vous êtes impatients de voir percer cette année ?

Ensemble : Wet Leg !
Ryan : Ils étaient en tournée avec nous en octobre dernier, on était en tournée au Royaume-Uni avec eux. Ce sont des gens super et on est devenus très bons amis depuis. C’est vraiment agréable de voir de bonnes choses arriver à de bonnes personnes.
Elijah : Et Sun Room, qui font également la première partie sur cette tournée. On s’est rencontrés aux US et on les aimait tellement qu’on leur a demandé de nous suivre jusqu’ici. Ce sont des gens formidables. 

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