Florence + The Machine – Dance Fever

Le 22 février dernier (le 22.2.22), on apprenait sur Instagram le retour de Florence + The Machine. La nouvelle était accompagnée d’un cliché d’une Florence Welch préraphaélite immortalisée par Autumn de Wilde sous-titré « King », avant-goût de cette nouvelle épopée musicale. Puisant ses inspirations aussi bien dans les histoires légendaires de transe collective dans l’Europe du XVIème siècle que dans le « Dracula » de Coppola et le film « The Red Shoes », Dance Fever promet un « conte de fée en 14 chansons ». Et en ce vendredi 13, Florence + The Machine nous invitent à entrer dans la danse, à nos risques et périls…

I am no mother, I am no bride, I am king

Tout commence avec King, morceau à la structure étoffée qui s’apprécie encore mieux avec son accompagnement vidéo (toutes les vignettes visuelles sont signées Autumn de Wilde, sublimes) où l’on suit une Florence encapuchonnée de soie magenta et sa suite de danseuses serpentines qui augure une esthétique des plus soignées. Le site officiel de F+TM propose d’ailleurs une série d’illustrations correspondant à chaque morceau de l’album non sans rappeler les cartes du tarot, autant de natures mortes mordorées que de mises en scène victoriennes d’organza et de velours. Dance Fever donne corps à la fascination de Florence Welch pour les phénomènes de fièvre dansante et se révèle être une œuvre fouillée, possédée et captivante où l’on retrouve incantations vénéneuses et exaltations célestes. Démons et merveilles.

And every song I wrote became an escape rope tied around my neck to pull me up to Heaven

Co-façonnées avec Jack Antonoff (qui a produit également Lana Del Rey et St Vincent, entre autres) et Dave Bayley (frontman de Glass Animals), ces compositions à l’orchestration foisonnante où cohabitent violons, harpe, cuivres, batterie électronique et tambours erratiques offrent un écrin ciselé aux nappes vocales papillonnantes d’une Florence Welch impériale. La magie opère aussi bien sur la sémillante et ironique Free que sur la convulsive Choreomania ; sur l’étourdissante Daffodil que sur les lyriques Girls Against God et Back In Town où le chœur mouvant et lugubre laisse poindre des harmonies éthérées.

You’ll be sorry that you messed with us

Si la cause des épidémies dansantes était parfois attribuée à un échauffement du sang, la fièvre spasmodique de Florence + The Machine s’apparente davantage à un exorcisme et à la revendication d’une certaine forme de sororité, source de liberté sans entrave. Car si une pop tribale et organique occupe la première partie de l’album, Girls Against God fait basculer la nymphe en banshee. Les murmures caverneux qui parsèment la seconde partie de l’album ne sont d’ailleurs pas sans évoquer l’atmosphère de la bande originale de « Suspiria » (Goblin, 1977) qui donne la part belle aux râles diaboliques. La suite Dream Girl Evil, Prayer Factory, Cassandra et Heaven Is Here et leurs allures d’incantations païennes font mouche. La sybille Florence Welch et son groupe manient aussi bien l’euphorie libératrice que l’ensorcellement révolté. Les hostilités se concluent avec une Morning Elvis luminescente qui paraphe ce Dance Fever sur une note de magie blanche.

Une tragédie en 14 actes. Florence roi.

TRACKLIST

King

Free

Choreomania

Back In Town

Girls Against God

Dream Girl Evil

Prayer Factory

Cassandra

Heaven Is Here

Daffodil

My Love

Restraint

The Bomb

Morning Elvis

LA NOTE DE LA REDACTRICE : 9/10

Ses morceaux favoris : King, Dream Girl Evil, Cassandra, Morning Elvis

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