Porridge Radio – Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky

Le troisième album de Porridge Radio, Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky va vous réconcilier avec les pires moments de votre existence.

Le groupe de la chanteuse Dana Margolin avait fait forte impression en 2020 avec Every Bad, second album après Rice, Pasta and other Fillers édité par le label américain Secretly Canadian. Composé de Sam Yardley (batterie), Georgie Stott (claviers) et Maddie Ryall (bassiste), après deux ans et une pandémie mondiale, le quatuor de Brighton est de retour avec Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky. Un titre d’album qui ferait référence à la fois à l’œuvre artistique d’Eileen Agar et à l’histoire de l’échelle de Jacob dans l’ancien Testament.

Porté par la voix pleine d’émotion et toujours tragique de Dana Margolin, ce nouvel album à l’allure d’un journal intime où chaque chanson est une nouvelle confession. Quiconque écoute Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky est pris dans un tourbillon d’émotions aux antipodes les unes des autres. Mais qui dit tourbillon ne veut pas dire brouillon. La justesse est là pour exprimer avec sincérité que les changements de nos vies entraînent aussi ceux de nos sentiments et de nos besoins.

D’ailleurs, en écoutant attentivement la voix de la chanteuse au coeur de cette musique parfois si dépouillée, on se retrouve à questionner cette notion de besoin (need). Un mot que l’on retrouve dans cinq chansons différentes avec toujours une définition qui lui est propre et émotionnelle. Dans U Can Be Happy If You Want, la chanteuse n’a besoin de rien, tandis que sur Flowers, le morceau suivant, elle avoue en avoir « trop besoin ». Sur le langoureux Rotten, elle chantonne : « J’ai peur de prendre ce dont j’ai besoin. »

Cette maîtrise si singulière des mots confirme que Dana Margolin est une parolière hors-pair. Elle nous expose sa capacité à livrer des sentiments laids, confus et surtout muables à l’image de sa voix qui hurle « I don’t want to be loved », sur lequel elle insiste sur Birthday Party, de manière si touchante.

Musicalement parlant, Birthday Party est un bon exemple de la force singulière qui se dégage de ce nouvel album. La chanson commence de manière décontractée bien que la chanteuse y décrit des crises de panique et une obsession pour la mort. La musique sert cette voix cathartique et devient frénétique. Le chœur martelant à ses côtés « I don’t want to be loved » fait gagner en intensité le texte. De manière de plus en plus sauvage et hors de contrôle, la voix de la chanteuse elle, marque par sa franchise.

Cette émotion ne quitte pas l’album. Dana Margolin la transforme comme dans Flowers, une ballade au piano parlant de rancune et de jalousie.

Si Porridge Radio réussissent bien quelque chose avec cet album c’est celui de transmettre avec une sincérité touchante la confusion des sentiments qui traverse une génération qui grandit.

Tracklist :

Back To The Radio

Trying

Birthday Party

End Of Last Year

Rotten

U Can Be Happy If You Want

Flowers

Jealousy

I Hope She’s Okay 2

Splintered

The Rip

Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky

La note de la rédactrice : 8/10

Ses morceaux favoris : Birthday Party, Flowers, Jealousy

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