James Bay – Leap

James Bay est de retour avec Leap, un 3e album très personnel. Décryptage d’un opus qui aura mis du temps à prendre forme. 

Être un artiste consciencieux c’est aimer prendre le temps, s’assurer que chacune de ses sorties soit pleinement aboutie. Sans que ça soit prémédité on retrouve un intervalle de 4 années entre chacun de ses albums. Après la sortie de Electric Light (2018) James Bay a eu une année 2019 riche avec sa tournée mais aussi l’ouverture des concerts de Ed Sheeran en Europe. Bien que positive, cette période est venue avec son lot de questionnements aboutissant à un EP qui n’aura jamais aussi bien porté son nom : Oh My Messy Mind

Partagé entre l’excitation, le stress, l’anxiété et un syndrome de l’imposteur, James Bay aura eu du mal à écrire Leap. Début 2020, à l’aube de la pandémie, il pense même être allé au bout du processus créatif. Le temps de réflexion supplémentaire accordé par le confinement le fera finalement changer d’avis. Il ne conservera que 6 chansons de sa première session d’enregistrement. Give Me The Reason fait partie des nouvelles chansons écrites et son positionnement en ouverture de l’album n’est pas anodin. La progression du morceau en fait une introduction parfaite et son ambiance illustre la dualité entre la détresse et l’envie d’aller de l’avant qui habite son auteur. 

Pour trouver cet équilibre sur le ton de l’album, James Bay s’est inspiré pour la première fois de sa vie personnelle. Il dédie notamment 2 chansons (One Life et Better) à sa femme Lucy qui l’accompagne depuis ses 16 ans (« Without you I don’t know what I’d do / I’ve only got one life and I want you in it / Tell me that you’ll never let me go« ). 

L’amour est d’ailleurs au coeur de plusieurs des titres : Save your Love, Silent Love, Love Don’t Hate Me. Everybody Need Someone et Nowhere Left To Go évoquent également cette thématique sous des angles différents : la première avec tendresse, la seconde relève plus de la passion (« Let me let your lips be my destination / Oh I wanna hide in the covers, discover your body slow /’Til there’s nowhere left to go »). 

En évoquant ces thèmes c’est donc en toute logique que l’on retrouve des sonorités du maître anglais en la matière : Ed Sheeran. Au début de Save Your Love et de Nowhere Left To Go il est dur de passer à côté de la ressemblance. Sur le second morceau la guitare en arrière plan du refrain rappelle Coldplay a l’époque de Yellow, pas mal dans son genre également ! On retrouve également du Snow Patrol dans Everybody Needs Someone.

Sur les 7 premiers morceaux de l’album, James Bay arrive à nous proposer une palette sonore large avec des éléments variés et accrocheurs. En revanche, la face B de l’album est répétitive : la trop conventionnelle We Used To Shine ; la batterie sans relief de Brillant Still et de Endless Summer Nights, titre qui s’achève comme une clôture d’album sans l’être ; la touchante mais trop longue Better. 

Avec son deuxième album Electric Light (2018), James Bay avait introduit des synthés et des guitares électriques. Leap est un retour aux sources, centré sur la guitare sèche et sur sa vulnérabilité. A la différence de son premier album Chaos and The Calm (2014) le ton de l’album bien plus joyeux, positif et célèbre la vie. Sans doute lié à sa paternité récente qui lui a permis de prendre le recul nécessaire pour aller plus loin dans l’écriture des paroles. 

TRACKLIST :

Give Me The Reason

Nowhere Left To Go

Save Your Love

Everybody Needs Someone

One Life

Silent Love

Love Don’t Hate Me

Brillant Still

Right Now

We Used To Shine

Endless Summer Nights

Better

LA NOTE DU RÉDACTEUR : 7/10

Ses morceaux favoris : One Life, Save Your Love, Everybody Needs Someone

Tags:
No Comments

Post A Comment