04 Avr Kele – The Flames Pt. 2
Le 28 mai 2021, Kele sortait The Waves Pt. 1. Quasiment deux ans plus tard, il revient avec The Flames Pt. 2.
Depuis le début des années 2000, Kele Okereke est l’un des artistes les plus prolifiques de sa génération. D’abord leader du groupe Bloc Party qui a connu un succès mondial, il mène désormais en parallèle une carrière solo qui lui permet d’expérimenter et de s’amuser. Expérimenter et s’amuser : ce sont exactement les leitmotiv de ses deux derniers albums, The Waves Pt. 1 et The Flames Pt. 2.
The Waves Pt. 1 et The Flames Pt. 2 fonctionnent sur le même concept : pour chaque titre, l’instrumentation consiste en une boucle unique — riff de guitare, pattern de batterie, accord de synthé — répétée du début à la fin du morceau. C’est ainsi que sont composés les 13 titres du premier volet, comme les 12 titres du second.
La différence réside dans l’ambiance. Là où The Waves Pt. 1 est un album plutôt calme, The Flames Pt. 2 est un album abrasif et ce dès la première note. Never Have I Ever démarre sur un riff de guitare extrêmement agressif, sonnant comme une scie saturée qui embrase tout sur son passage. Heureusement, la voix de Kele reste solaire et permet de réchauffer l’atmosphère. Ce contraste nous donne une parfaite interprétation auditive de la pochette de l’album, représentant Kele tout sourire devant un objet enflammé.
L’album entier est fait de cette matière : de chaleur humaine saupoudrée sur des paroles et mélodies enflammées. Cela s’entend particulièrement sur des titres plus dansants, où la boucle est plus rythmique, comme sur Vandal, soutenu par un basse-synthé aux sonorités quasi-industrielles.
Le concept de The Flames Pt. 2 est autant le gros point fort que le plus gros point faible de l’album. Sur certains morceaux comme The Colour Of Dying Flame ou True Love Knows No Death, cela fonctionne très bien, créant une hypnose captivante.
Mais lorsque l’instrumentation nous plaît moins, et qu’elle est répétée en boucle pendant quatre minutes, on ressent une forme de lassitude, de claustrophobie qui pourrait être résumée avec cette phrase du titre He Was Never The Same Again : « It plays in his head over and over again ». Parce que si les paroles sont vraiment bien écrites et les thèmes variés, lorsqu’un son ne nous plaît pas, sa répétition tend à prendre le dessus sur tout le reste.
Un concept à double tranchant
Soyons honnête, The Flames Pt. 2 n’est ni un album grand public ni un album que l’on peut écouter plusieurs fois sous peine de lassitude extrême. Mais il a parfaitement sa place dans la discographie solo de Kele. Il est même salutaire de voir un artiste aussi populaire produire un album aussi expérimental. Il tente des choses, il innove… Il fait ce qui lui plaît, et sa passion comme sa créativité sont inspirantes et communicatives. C’est un album fortement recommandé à tous les passionnés de technique musicale et d’expérimentation. On y apprend beaucoup sur la persistance sonore.
TRACKLIST :
Never Have I Ever
Reckless
And He Never Was The Same Again
True Love Knows No Death
Vandal
Her Darkest Hour
No Risk No Reward
Someone To Make Me Laugh
I’m In Love With An Outline
Acting On A Hunch
Kerosene
The Colour Of A Dying Flame
La note de la rédactrice : 5/10
Ses morceaux favoris : True Loves Knows No Death, Vandal et Someone To Make Me Laugh


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