01 Mar Que retenir de l’édition 2026 des Brit Awards ?
La 46ème édition des Brit Awards avait lieu ce samedi 28 février à la Co-Op Live Arena de Manchester. On fait le point sur une cérémonie assez clivante, qui oscillait entre moments de grâce absolue et de polémiques persistantes.
Tout d’abord, puisqu’il s’agit d’une cérémonie de remise de prix récompensant la musique britannique, parlons des gagnants de la soirée. Et cette année, ce n’est pas un gagnant, mais une gagnante puisque c’est Olivia Dean qui a littéralement braqué la soirée avec 4 awards remportés. Pour son album The Art of Loving (sorti l’an dernier) ainsi que pour sa collaboration avec Sam Fender sur le titre Rein Me in, l’artiste a raflé le prix du meilleur album britannique de l’année, de la meilleure chanson, de l’artiste de l’année et du meilleur projet pop. Et l’on est ravi de voir une artiste que l’on suit depuis ses débuts recevoir enfin la gloire qu’elle mérite.
Parmi les autres gagnants, on pense à Sam Fender qui repart avec deux trophées (meilleure chanson et meilleur projet rock). Côté artistes qui n’ont remporté qu’un prix lors de cette cérémonie, on retrouve Wolf Alice, Lola Young, Sault, Fred Again et Dave. PinkPantheress a également reçu le prix de la productrice de l’année, un moment historique puisqu’elle est la première femme à remporter ce titre en solo.
Enfin, Noel Gallagher a été sacré auteur-compositeur de l’année. Et si l’on a déjà critiqué le fait que ce dernier n’ait sorti aucune chanson depuis deux ans, on avoue avoir tout de même été positivement surpris de le voir dédier son prix à son frère ainsi qu’aux autres membres d’Oasis dont Tony McCarroll avec qui il est pourtant en guerre depuis des années.
Mais les Brit Awards, ce sont aussi des performances. L’artiste qui a ouvert la cérémonie n’était autre qu’Harry Styles avec son dernier titre Aperture. Un virage artistique plus électronique et expérimental qui divise déjà ses fans, mais qui nous rend encore plus impatients d’écouter son prochain album prévu pour le 6 mars. Côté international, le duo Rosalía et Björk nous a électrisé avec une version spéciale de Berghain (issu de l’album Lux). La performance commençait par un chant lyrique hypnotique pour se terminer dans une ambiance rave digne du Berghain, transformant l’Arène de Manchester en club berlinois le temps d’un morceau.
Mais comme nous le disions, cette cérémonie fut profondément clivante. Où sont les points de divergence ? Il y a d’abord les déceptions subjectives : on aurait aimé que Lily Allen, nommée trois fois, ne reparte pas les mains vides. Mais il y a surtout la question de la censure lors de la diffusion sur ITV. Si l’on a souri en voyant le micro coupé sur le « Up the fucking blues » de Noel Gallagher, on est beaucoup plus dérangé par la censure du discours de Geese. En coupant court à leur soutien à la Palestine et à leurs critiques virulentes contre la police migratoire (« Fuck ICE« ).
Enfin, il y a le cas des hommages. Robbie Williams a offert une prestation magistrale en l’honneur d’Ozzy Osbourne. Malheureusement, Mani des Stone Roses n’a pas eu ce respect. Si Tim Burgess (The Charlatans) a prononcé un discours touchant, le traitement réservé à la famille de Mani est un véritable scandale. On a appris sur les réseaux sociaux que ses proches, malgré des semaines d’insistance, se sont vu refuser l’accès à la salle. Pour une cérémonie qui se veut célébrer la culture de Manchester, mépriser ainsi l’une de ses plus grandes légendes est une honte absolue qui entache sérieusement le bilan de cette édition 2026.
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