20 Juil Interview – Florence Road : « Maintenant, je suis très fière d’être irlandaise »
Originaire de Bray, en Irlande, Florence Road est un quatuor composé de Lily Aron, Emma Brandon, Ailbhe Barry et Hannah Kelly. Elles étaient à Paris pour un concert exclusif, et Jade, de Sound of Brit, a eu l’occasion de leur poser quelques questions.
SOB : On parle souvent d’alchimie dans les groupes. Selon vous, qu’est-ce qui fait que Florence Road fonctionne aussi bien ensemble ?
Lily : Je pense que c’est parce qu’on se connaît depuis si longtemps – avant d’être membres du même groupe, on était collègues, et amies, et on l’est toujours. Ça aide vraiment pour les longues journées de trajet et les journées stressantes, comme aujourd’hui et hier.
SOB : Vous avez fait la première partie d’artistes comme Wolf Alice, Sombr, et bien d’autres encore. Quelles sont les plus grandes leçons que vous avez retenues en observant des artistes, sur scène et en coulisses ?
Lily : Honnêtement, pour moi, c’est que la gentillesse peut mener très loin. Il faut traiter tout le monde de la même façon, peu importe leur rôle – même quelqu’un qui sort juste les poubelles, quelqu’un à qui on ne parlerait pas habituellement. C’est vraiment important d’être gentil avec tout le monde, ça compte énormément.
Surtout dans cette industrie, où tout le monde se connaît. Si on est désagréable avec quelqu’un, qu’est-ce qu’on fait là ? On n’a rien à y faire. C’était génial de voir que le personnage que l’artiste se crée sur scène était en fait le même qu’en coulisses. Quand il est avec nous et qu’il nous parle notamment. On a vraiment vécu des expériences très agréables avec tous les artistes qu’on a accompagnés – on a vraiment eu de la chance de ce côté-là.
SOB : Est-ce que ça a été difficile de trouver votre place, si on peut dire ça ?
Hannah : Honnêtement, non. Ce sont des environnements très accueillants – il peut y avoir des équipes de 20 ou 30 personnes, et nous, on arrive, et ils nous disent : « Hey, salut ! » Donc je pense qu’ils nous ont vraiment facilité les choses.
SOB : Vous avez joué dans beaucoup de festivals et accompagné de nombreux artistes différents. J’aimerais en savoir plus sur votre expérience en Europe – qu’est-ce que ces expériences à travers différents pays vous ont appris en tant que groupe ?
Lily : C’était vraiment cool de voir le professionnalisme de tout ça – le même spectacle chaque soir. Ça m’a fait penser aux représentations de théâtre, la façon dont la scène est montée de la même manière chaque soir, les balances et tout le reste.
C’est comme une machine bien huilée. C’était cool de voir un spectacle fonctionner de la même façon chaque soir, à grande échelle, et même quand quelque chose n’allait pas, ça finissait toujours par se résoudre.
Hannah : C’était aussi vraiment cool de voir la différence entre les pays – le public notamment. Certains sont très sérieux, et d’autres, comme en France, à Toulouse et à Lille – dès qu’on disait qu’on venait d’Irlande, on y retrouve une immense ovation, les gens qui chantent et danse toute la soirée. C’est marrant de voir qu’en voyageant en seulement deux ou trois heures, l’ambiance peut changer autant.
SOB : J’allais justement vous poser une question sur la France – je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais en France, on arrive très tôt pour la première partie.
Ensemble : C’est toujours très agréable, on a maintenant fait beaucoup de premières parties, de sentir que les gens autant à l’écoute. Ça compte énormément. Le fait que les gens arrivent tôt, se déplacent, montrent de l’intérêt – ça signifie tellement pour nous. Les gens font un effort pour soutenir des artistes qu’ils ne connaissent pas vraiment, c’est vraiment adorable.
SOB : J’ai entendu dire que vous étiez irlandaises – je n’en avais aucune idée ! (Blague) Plus sérieusement : je trouve que l’Irlande a quelque chose d’unique, peut-être à cause du goût pour les histoires, l’émotion, et l’importance de la musique live là-bas. Je me demandais : en quoi le fait d’avoir grandi en Irlande a-t-il façonné votre approche de la musique ?
Lily : Au départ, c’était assez inconscient. Maintenant qu’on est un peu plus âgées, on le voit plus clairement comme quelque chose lié au fait d’être irlandaises – je ne pense pas qu’on avait vraiment conscience à quel point c’était cool quand on était plus jeunes. Mais aujourd’hui, je suis tellement fière d’être irlandaise.
Dès qu’un autre groupe ou artiste irlandais se fait connaître, on lui souhaite le meilleur. Il y a une vraie communauté, même avec quelqu’un qu’on ne connaît pas personnellement – s’ils sont irlandais, c’est un peu : « Allez, il faut que tu gagnes, tu vois ? » Je ne pense pas que ce sentiment existe de façon aussi soudée ailleurs.
Hannah : C’est une si petite île — petites, on entendait parler des musiciens irlandais et à quel point ils étaient adorés. Tout le monde connaît Bono et Enya. La musique irlandaise a toujours été très présente en grandissant.
SOB : Après avoir travaillé avec beaucoup de monde, avez-vous remarqué une différence dans la façon dont les gens créent ou se produisent, par rapport à l’Irlande ?
Lily : Je sais pas si j’ai vraiment remarqué une différence. Je pense qu’il y a quelque chose autour de la musique comme un langage – une unité dans tout ça, ce qui est plutôt cool.
SOB : Comment faites-vous pour trouver un terrain d’entente sur les chansons et les paroles, en vous assurant que chacune ait sa place dans le morceau ?
Lily : La collaboration est tellement importante – honnêtement, c’est l’une des choses les plus cools dans la musique. Bien sûr, on pourrait écrire une chanson seule et elle serait peut-être géniale, ou peut-être pas. Mais avoir un petit bout de chacune de nous dans les chansons, c’est vraiment cool – c’est un peu comme notre enfant. Avec les yeux d’Ailbhe. (Blague) C’est tellement beau qu’on ait chacune notre petite part dans les chansons.
Hannah : Je pense que ça vient naturellement chez nous – on ne se dispute jamais pour ça, ça se fait toujours ensemble, naturellement.
SOB : Est-ce que chacune de vous peut me donner un exemple d’album, d’artiste ou de chanson qui vous a inspirée?
Hannah : On a beaucoup écouté The Who récemment, et la chanson Baba O’Riley qu’on écoutait, Lily et moi, nous a donné envie d’écrire quelque chose du même genre – l’intro et tout, c’est tellement cool. C’est chouette de revenir sur les chansons avec lesquelles on a grandi et de vraiment les écouter d’un point de vue d’écriture, en se disant : « C’est trop cool, j’ai envie de faire pareil.«
Emma : Moi, je n’arrive jamais à me décider, il y a tellement de bonnes chansons. On a revu Wolf Alice à Finsbury Park quand on faisait leur première partie et, pour moi, c’est une valeur sûre — de la bonne musique et un groupe live incroyable.
SOB : Pour conclure, et pour mieux vous connaître, je vais vous poser quelques questions rapides.
Soyez honnêtes : qui est la plus chaotique du groupe ?
Toutes ensemble : Hannah.
Hannah : Je ne suis pas chaotique. J’ai juste une énergie chaotique ! Je ne fais pas de bêtises!
SOB : Qui est la plus susceptible d’être en retard pour les balances ?
Toutes ensemble : Lily ou Hannah.
Lily : Je dirais Hannah.
Hannah : Lily, tu es en retard à chaque trajet en voiture le matin.
Lily : Non, c’est pas vrai ! (rire)
SOB : Qui met le plus de temps à se préparer avant un concert ?
Lily : Ça, c’est moi. Mais je ne suis jamais en retard ; je suis juste une star !
SOB : Quelle est la chose la plus « irlandaise » chez Florence Road ?
Hannah : Nos passeports. Ou le fait qu’on parle irlandais.
SOB : Quelle est la particularité la plus étrange de chaque membre ?
Lily : Ah, je vous aime toutes – je ne pense pas avoir remarqué quoi que ce soit d’agaçant. On a chacune nos petites habitudes, mais elles sont attachantes.
Hannah : On a atteint l’acceptation totale, rien de ce que vous pourriez faire ne changerait ça.
SOB : Et la plus drôle ?
Lily : Je ne saurais pas dire, c’est différent pour chacune, parce que je trouve sincèrement qu’on est toutes drôles.
Hannah : Chacune a son propre style d’humour, on a chacune quelque chose de bien. Lily, elle, peut faire rire tout le groupe.
SOB : Quelle est la chose la plus drôle ou la plus folle qui vous soit arrivée pendant un concert, ou en dehors, dont vous riez encore ?
Hannah : Je me suis pris un œuf à Belfast.
Lily : Honnêtement, si jamais ils nous écoutent ; je suis plutôt fière d’eux. C’était un très bon concert, donc c’était juste un mauvais timing.
Hannah : J’étais dehors, une voiture est passée à toute vitesse – œuf, t-shirt blanc, et voilà.
Ne loupez surtout pas leur prochain concert à Rock en Seine !

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