Reviews : Albums manqués et Trésors cachés de 2026 – Partie 6

Comme tout auditeur assidu de musique, nous sommes constamment à la recherche de la perle rare. L’équipe de Sound Of Brit se fait régulièrement surprendre par des découvertes d’albums en décalé de l’actualité musicale. Nous avons donc décidé de résoudre ce problème en vous proposant de courtes chroniques sur des albums UK sortis en 2026 (et non couverts par notre rédaction à leur sortie). En espérant que nos albums manqués d’hier deviennent vos pépites de demain.
C’est parti pour 3 nouveaux albums : Lime Garden, James Smith et TOMORA.

Lime GardenMaybe Not Tonight – Sorti le 1 avril (Audrey)

Si vous aimez les artistes comme Wet Leg, Deadletter, Coach Party ou encore Getdown Services, alors on ne peut que vous conseiller d’écouter Lime Garden. Leur premier album paru en 2024 indiquait déjà un fort potentiel chez ce groupe de Brighton. Maybe Not Tonight ne fait que confirmer leur talent. Pourtant, cette fois, le projet nous laisse un goût d’inachevé.

L’album est très court : 10 titres pour seulement 29 minutes. Sur le papier, c’est une bonne idée pour garder l’attention, mais à l’écoute, le bât blesse. Des morceaux comme 23 ou la chanson-titre sont très réussis, portés par une ligne de basse qui accroche l’oreille immédiatement. C’est typiquement le genre de titres qui nous donne envie de prendre nos places pour aller les voir en concert. Mais, malheureusement, l’album s’effrite dès le milieu du disque.

Rien de catastrophique, mais on passe de titres vraiment dansants à des morceaux qui, eux, nous laissent indifférents. Globalement, l’album souffre d’un mauvais séquençage et d’une dynamique trop plate. On a l’impression d’avoir une simple collection de singles mis bout à bout plutôt qu’une œuvre pensée comme un tout. C’est typiquement un disque fait pour les playlists : les morceaux survivront sans difficulté, mais il manque ce liant qui fait qu’on a envie d’écouter l’album du début à la fin. On finit par picorer quelques titres, mais on ne revient jamais au disque en entier.

La note du rédacteur : 5/10
Ses morceaux favoris :
 All Bad Parts, Cross My Heart, Maybe Not Tonight

Lime Garden - 23 (Official Video)

James Smith –  Golden Age – Sorti le 10 avril (Augustin)

Originaire d’Upton Park, dans l’est de Londres, le jeune chanteur et guitariste James Smith trace sa route avec authenticité. Révélé en 2014 lors de son audition remarquée dans l’émission Britain’s Got Talent avec une reprise habitée de Feeling Good de Nina Simone, l’artiste a pris le temps de mûrir son art. Durant plus d’une décennie, il a patiemment affûté son identité, écumant d’abord les pubs intimistes avant de fouler des scènes de plus en plus imposantes.

Avec son second album, Golden Age, l’artiste dévoile un projet pop-folk particulièrement attachant. La production séduit d’emblée par une subtile patine sonore, offrant un équilibre réussi entre grain rétro et modernité éclatante. Dès la première écoute, le morceau-titre Golden Age se pose en évidence : un véritable tube radiophonique calibré avec l’efficacité des grands succès des années 2000.

Sur l’ensemble du disque, les influences du songwriter s’affirment avec élégance. Le lyrisme habité de My Angels évoque immanquablement la ferveur folk-rock de James Bay, tandis que le groove décontracté et la sensualité acoustique de Dancing With You (Baby) lorgnent sans complexe du côté de John Mayer, complétant un début d’album dynamique aux côtés de l’entraînant Jesus Is A Woman.

L’opus n’est toutefois pas exempt de défauts. Le disque souffre d’un ventre mou en son centre, ralenti par des morceaux trop courts qui semblent s’arrêter avant d’avoir développé tout leur potentiel (notamment Silver Spoon in My Cup et Blame It on the Moon). À cela s’ajoutent certaines longueurs dispensables, à l’image de l’outro de trente secondes sur My Angels.

Malgré ces quelques baisses d’intensité, la chaleur ambiante et l’authenticité de Golden Age en font une bande-son solaire et réconfortante, idéale pour accompagner la fin de l’été.

La note du rédacteur : 6.5/10
Ses morceaux favoris :
Jesus Is A Woman & Dancing With You (Baby)

James Smith - Jesus Is A Woman (Official Music Video)

TOMORACOME CLOSER – Sorti le 17 avril (Audrey)

TOMORA c’est le nom de la collaboration entre Tom Rowlands (moitié de The Chemical Brothers) et Aurora. Quand on pense à ces deux noms, on imagine la techno et le bruit d’un côté, la poésie et le lyrisme de l’autre. Avec Come Closer, ils nous livrent un album qui se situe précisément au milieu.

Paradoxalement, c’est à Massive Attack que l’on pense le plus à l’écoute de ce projet. Le point commun entre tous les morceaux de l’album est cette ambiance froide, métallique qui règne même quand le BPM s’accélère. Come Closer est une œuvre qui demande de nombreuses écoutes et qui ne s’écoute que dans l’ordre pour saisir la maîtrise des transitions. C’est un album clivant, loin du grand public, même si des titres comme Somewhere Else ont tout pour devenir des classiques de l’électronique. On navigue entre des moments très calmes (Wavelengths) et des montées maximalistes, saturées de bruitages (Ring The Alarm). Si l’alchimie fonctionne souvent, le format des morceaux joue contre eux : quand ça ne prend pas, le temps devient long. C’est le cas de Wavelengths : 5 minutes 27 qui, malgré l’ambiance, n’apportent pas assez de relief pour justifier leur longueur.

Pour les deux artistes, cet album est surtout une cour de récréation. Un moyen d’expérimenter des choses qu’ils ne pourraient pas faire dans leurs carrières solo. C’est d’ailleurs ce qu’a clairement exprimé Tom Rowlands dans une interview au sujet de ses 35 ans de succès commercial avec The Chemical Brothers. Du côté d’Aurora, on retrouve des tessitures et des exercices vocaux qu’on ne lui connaissait pas. Par moments, on pense même à Nina Simone lorsqu’elle répète en boucle « My baby just cares for me« . C’est une prise de risque, et c’est ce qui rend le projet fascinant, malgré ses longueurs.

La note du rédacteur : 7,5/10
Ses morceaux favoris :
 Somewhere Else, Ring The Alarm, My Baby

TOMORA - SOMEWHERE ELSE

No Comments

Post A Comment