30 Sep Reviews : Albums manqués et Trésors cachés de 2026 – Partie 8
Comme tout auditeur assidu de musique, nous sommes constamment à la recherche de la perle rare. L’équipe de Sound Of Brit se fait régulièrement surprendre par des découvertes d’albums en décalé de l’actualité musicale. Nous avons donc décidé de résoudre ce problème en vous proposant de courtes chroniques sur des albums UK sortis en 2026 (et non couverts par notre rédaction à leur sortie). En espérant que nos albums manqués d’hier deviennent vos pépites de demain.
C’est parti pour 3 nouveaux albums : Tom Rowley, un album live du Dua Lipa et le retour du légendaire Paul McCartney !
Tom Rowley – Moses and the Drones – Sorti le 24 avril (Augustin)
Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais vous le connaissez indirectement. Tom Rowley est membre de Milburn, a écrit et joué pour Reverend & The Makers et collabore depuis plus de dix ans avec Arctic Monkeys. Membre officiel du groupe en tournée depuis Tranquility Base Hotel & Casino (2018), il est également multi-instrumentiste en studio comme sur scène. Il a notamment coécrit Jet Skis on the Moat et Mr Schwartz sur The Car (2022).
Avec un tel parcours et une histoire aussi étroitement liée au groupe, on attendait forcément avec curiosité ce qu’il allait proposer pour son premier album solo. Le résultat témoigne d’une forte filiation avec le travail récent d’Arctic Monkeys. À tel point que son ami de longue date, Alex Turner intervient à la production de Something Strange, sur lequel il ajoute également de nombreux chœurs : impossible de ne pas le reconnaître. Son influence ne se limite d’ailleurs pas à ce titre. Dès les premières notes de piano de Vegas in the Snow, son roulement de batterie et son délicat solo de guitare évoquent The Car. On aurait également pu citer Breakdown et Ice Cubes avec des éléments similaires.
Le reste de l’album révèle d’autres influences, notamment celle de John Lennon sur Tell Me What You Want ou El Chapo. Plus largement, l’empreinte de la culture britannique et des Beatles y est omniprésente. Les arrangements, légers et aériens, s’appuient sur un véritable travail de production, particulièrement perceptible dans la précision du son. Il manque parfois à l’ensemble un peu de personnalité, mais l’exécution est irréprochable.
La note du rédacteur : 7/10
Ses morceaux favoris : Something Strange & Tell Me What You Want
Dua Lipa – Live From Mexico – Sorti le 22 mai (Augustin)
Dua Lipa a sorti un album live de sa tournée : Radical Optimism.
À l’image du concert, l’album met un peu de temps à se mettre en place, mais il récompense ceux qui vont au bout. Les premiers titres alignent les tubes sur un tempo de dancefloor uniforme, où les bandes écrasent les musiciens. On pourrait presque croire que le disque restera à ce niveau, mais il change de visage à mesure qu’il avance. Le rythme se relâche, le son se resserre et la voix de Dua Lipa prend enfin toute la place, de These Walls à un Maria lancé a cappella. Cette parenthèse plus intime laisse ensuite la place à l’électro-pop, qui reprend le dessus avec Physical, Hallucinate, Electricity et Illusion et relance la machine. Le disque ralentit alors une dernière fois : les musiciens passent au premier plan sur Anything for Love, où la chanteuse se livre presque à nu. Tout est en place pour le final, et New Rules, Dance the Night / Don’t Start Now et Houdini concluent le tout en feu d’artifice. Un album live pas incontournable mais qui donne envie de bouger !
La note du rédacteur : 5,5/10
Ses morceaux favoris : Houdini (Live From Mexico) & Happy For You (Live From Mexico)
Paul McCartney – The Boys of Dungeon Lane – Sorti le 29 mai (Augustin)
The Boys of Dungeon Lane serait né presque par hasard, cinq ans avant sa sortie, lors d’une rencontre entre Paul McCartney et le producteur Andrew Watt. Au cours de cet échange, McCartney trouve à la guitare une suite de trois accords inhabituels, qu’Andrew Watt l’encourage à enregistrer. De cette première session naît As You Lie There. À 84 ans, Paul démontre une nouvelle fois une énergie débordante avec ce titre surprenant et résolument rock.
Dans la lignée de la série d’albums sobrement intitulée McCartney, Paul joue lui-même la majorité des instruments. Cette liberté créative, doublée de l’absence de délais imposés, a permis aux deux musiciens de façonner progressivement l’album. On sait que Paul a besoin de cette dynamique pour exploiter pleinement son potentiel. Le résultat est un disque nourri par les souvenirs de son enfance à Liverpool et de ses premières années avec John Lennon et George Harrison.
Musicalement, The Boys of Dungeon Lane peut évoquer les Wings. Les morceaux alternent entre rock mélodique, harmonies vocales et ballades dépouillées. Sans chercher à reproduire à l’identique le son des années 1970, Paul retrouve cette capacité à passer d’un titre énergique, dès l’ouverture de l’album, à une chanson plus tendre. Comment ne pas citer la délicatesse du jeu de guitare sur We Two ? La production, elle, reste contemporaine, comme en témoigne la très pop Ripples in a Pond. On peut néanmoins regretter un album un peu trop généreux. Les trois derniers titres sont dispensables et viennent alourdir l’ensemble.
Au final, ce qui frappe dans le projet, c’est le contraste entre la célébrité de l’ex-Beatles, auteur de mille tubes, et la modestie de sa démarche. Alors que Paul pourrait chercher à reproduire une formule éprouvée, il se confronte à la modernité d’Andrew Watt, qui a notamment travaillé avec Justin Bieber, Dua Lipa et Miley Cyrus, tout en préservant son authenticité. Il raconte ici sa propre histoire, sans ambition commerciale affichée, et livre un album qui assume pleinement sa liberté.
La note du rédacteur : 7/10
Ses morceaux favoris : As You Lie There & Ripples in a Pond



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