07 Oct Yard Act donne chaud à La Cigale
Pour débuter ce mois d’octobre sous les meilleures auspices nous nous sommes rendus à La Cigale afin d’y voir Yard Act, pour l’une de leurs rares dates françaises, et Do Nothing qui ouvraient la soirée pour eux. Alors est-ce que Yard Act déploie toujours autant d’énergie sur scène avec les morceaux de ce troisième album ? Verdict.
Il y a chez Yard Act quelque chose de difficile à enfermer dans une case. Né dans le terreau du post-punk britannique, le groupe de Leeds n’a cessé, depuis ses débuts, de déplacer les lignes : davantage de groove, de claviers, de disco, de hip-hop, et désormais une ambition musicale qui dépasse largement les frontières de ses premières compositions. À La Cigale, le quatuor a confirmé qu’il avait définitivement changé d’échelle sans perdre ce qui faisait son charme : l’ironie, l’énergie et cette envie irrépressible de faire bouger son public.
La soirée commence avec Do Nothing, autre formation venue du nord de l’Angleterre. Le groupe présente notamment des morceaux de son deuxième album à paraître le 6 novembre. Leur univers, plus feutré, oscille entre new wave, pop indépendante et guitares aux accents américains. Une entrée en matière élégante avant que la température ne monte franchement dans la salle.

Dès les premières mesures de You’re Gonna Need A Little Music, le ton est donné. Le titre, qui ouvre également leur troisième album, condense à lui seul la nouvelle formule du groupe : une batterie métronomique, des claviers accrocheurs, une guitare et une basse qui flirtent avec le disco, le tout traversé par cette tension rock si caractéristique de Yard Act. En concert, le morceau prend encore davantage d’ampleur et transforme immédiatement la fosse en piste de danse.

James Smith, silhouette reconnaissable entre mille, ne tarde pas à imposer sa présence. Mais contrairement à certaines prestations précédentes où le chanteur pouvait multiplier les digressions et les interventions entre les morceaux, il apparaît ici particulièrement concentré sur la musique. Pas question de perdre une seconde : Yard Act enchaîne.
Au fil du concert, les tempos ralentissent. A Vineyard for the North installe une ambiance presque planante, tandis que New Beginnings glisse vers des territoires dub. Ceux qui étaient venus chercher uniquement l’urgence post-punk des débuts peuvent être décontenancés. Pourtant, cette respiration donne au concert une véritable profondeur. Le groupe démontre qu’il sait désormais jouer avec les atmosphères autant qu’avec les rythmes.

À La Cigale, cette évolution était particulièrement visible. Le Yard Act de 2026 n’est plus simplement le groupe prometteur de Leeds qui faisait parler de lui au début de la décennie. Avec trois albums et une expérience scénique désormais considérable, il semble avoir trouvé un équilibre entre l’énergie brute de ses débuts et une ambition beaucoup plus large.
Pour répondre à la question que l’on se posait au début, la formation de Leeds n’a rien perdu de l’énergie incroyable qu’elle déploie sur scène, réussissant à donner ce petit supplément d’âme aux titres dès lors qu’ils sont joués sur scène. On regrettera cependant la durée du set, qui n’atteint même pas l’heure et demie malgré un catalogue de titres plus conséquent à présent qu’à leurs débuts. De même, les fans de la première heure ont pu être un peu déçus de ne pas entendre sur scène les tubes qui ont fait la renommée du groupe au débat tels que Payday et son refrain qu’on adore reprendre en choeur ou bien encore Land of The Blind, qu’on a toujours trouvé particulièrement efficace sur scène.
No Comments