Reviews : Albums manqués et Trésors cachés de 2026 – Partie 10

Comme tout auditeur assidu de musique, nous sommes constamment à la recherche de la perle rare. L’équipe de Sound Of Brit se fait régulièrement surprendre par des découvertes d’albums en décalé de l’actualité musicale. Nous avons donc décidé de résoudre ce problème en vous proposant de courtes chroniques sur des albums UK sortis en 2026 (et non couverts par notre rédaction à leur sortie). En espérant que nos albums manqués d’hier deviennent vos pépites de demain.

C’est parti pour trois nouveaux albums : un album live de britpop, le retour des anglais de Bloc Party et un nouveau groupe, Westside Cowboy, qui fait déjà sensation !

Westside Cowboy – It Goes On – Sorti le 21 août (Audrey)

Après deux excellents EP parus respectivement en 2025 et 2026, Westside Cowboy publie enfin son premier album studio. Mais l’attente en valait-elle vraiment la peine ? Le résultat est un peu plus nuancé qu’il n’y paraît. Si It Goes On ne souffre d’aucune mauvaise chanson ni d’aucun véritable ventre mou, l’album peine toutefois à se forger une identité propre et à proposer des morceaux qui restent en tête une fois l’écoute terminée.

À l’écoute, on reconnaît rapidement une multitude d’influences qui viennent nourrir les compositions du groupe. La plus évidente est sans doute celle du Velvet Underground. Jimmy Bradbury a d’ailleurs déclaré dans une interview être un immense admirateur du groupe de Lou Reed et s’être inspiré d’une version live de What Goes On pour écrire le morceau d’ouverture de l’album. Mais ce n’est pas tout : les harmonies rappellent les Beatles, tandis que le chant évoque parfois Elvis Presley. Plus surprenant encore, la guitare de Worried Age ressemble à s’y méprendre à celle de Babies de Pulp. Autant de références riches et variées qui donnent de la matière aux compositions de It Goes On, mais qui finissent aussi par poser problème. Car à force de regarder vers ses aînés, Westside Cowboy peine à affirmer sa propre personnalité.

Westside Cowboy - Kick Stones (The Boys) | Later... with Jools Holland (2026)

La note de la rédactrice : 7/10
Ses morceaux favoris :
Kick Stones (The Boys) ; Pin Up Boys ; Well Done Kid, You Did It

Pulp – Live! – Sorti le 28 août (Audrey)

C’est un joli hasard qui a donné lieu à un retour en force de Pulp ces dernières années. Le groupe se réunit en 2023 pour une tournée composée uniquement d’anciens tubes, puis le live les inspire : ils créent une nouvelle chanson, puis deux, puis trois, puis quatre… Et soudainement, ils en ont assez pour sortir More, leur premier album studio depuis 25 ans. C’est précisément huit jours après la parution de ce dernier qu’interviennent les deux concerts à l’O2 Arena de Londres, qui donneront lieu à l’album Live! paru ce 28 août 2026

Le groupe est alors au plus haut : More est numéro 1 des ventes en Angleterre et sa tournée rencontre un grand succès à l’international. Cette énergie et cette joie s’entendent aussi bien dans la performance du groupe sur scène, que dans les voix du public que l’on entend chanter à de nombreuses reprises, notamment sur les morceaux Babies et Something Changed. Il faut dire que la setlist de ces concerts est parfaitement maitrisée. On y retrouve les grands tubes (Common People, Disco 2000), des chansons plus rares en live (O.U., Help the Aged) et des titres issus du nouvel album (Spike Island, Slow Jam…). Autant de morceaux qui plairont aux fans hardcore de Pulp comme à ceux qui ne les connaissent que de nom.

Live! apporte une vraie valeur ajoutée aux morceaux par rapport à leurs versions studio. Common People gagne deux minutes supplémentaires, tandis que This Is Hardcore en gagne une. Disco 2000, deuxième titre le plus écouté du groupe sur les plateformes, augmente encore en efficacité grâce à un tempo plus nerveux. Les trois dernières minutes instrumentales de Sunrise deviennent également plus immersives grâce, notamment, à la présence de nombreux musiciens additionnels (l’Elysian Collective) qui renforce l’aspect symphonique et hypnotique du morceau.

Côté vocal, le bilan est un peu plus mitigé. D’abord parce qu’à certains moments, on entend clairement que des effets ont été ajoutés sur la voix de Jarvis Cocker, ce qu’il ne fait jamais en live. Et s’il se donne toujours à 200% sur scène, on peut tout de même entendre des moments qui semblent être un peu plus difficiles pour lui comme les notes aigües sur Help the Aged. En somme, c’est une très belle performance, mais pas sa meilleure.

Mais le plus gros problème de cet album réside dans son montage. On a l’impression que le concert a été publié sans véritable travail d’édition narrative. L’exemple le plus marquant est probablement le titre Babies. Au milieu du dernier refrain de la chanson, on entend un gros bruit de canon à confettis qui n’a pas été coupé et qui s’avère assez perturbant sans l’image. Pire encore : à la fin du morceau, le public est tellement enthousiaste qu’il continue de chanter la chanson. Jarvis Cocker leur répond, en anglais, « ça me rappelle quelque chose… Mais on ne va pas jouer celle-ci« . L’auditeur reste perplexe, puisque le groupe vient tout juste de l’interpréter ! En regardant les captations vidéo du concert sur YouTube, on comprend enfin : Jarvis ne répondait pas au public, mais réagissait à un gant rose jeté sur scène, en référence au titre Pink Glove. Mais, sans le visuel, la séquence devient incompréhensible. De la même façon, on entend des éclats de rire au début de Help the Aged sans vraiment comprendre pourquoi, car la blague racontée par Jarvis a été coupée au montage.

Mais si ces défauts peuvent parfois être dérangeants, ils ne nous empêchent pas de passer un excellent moment à l’écoute de Live!. On y retrouve des chansons qui obtiennent une deuxième vie grâce à un groupe toujours en parfaite communion avec un public très enthousiaste.

Disco 2000 (Live)

La note de la rédactrice : 8/10
Ses morceaux favoris :
Disco 2000 – Live, Help the Aged – Live, Common People – Live

Bloc Party – Anatomy of a Brief Romance – Sorti le 11 Septembre (Léa)

Après quatre années de silence discographique, Bloc Party signe son retour avec Anatomy of a Brief Romance, un septième album qui s’éloigne progressivement de l’univers post-punk de ses débuts pour explorer un style plus émotionnel. Conçu comme le récit chronologique d’une relation amoureuse, de l’euphorie des premiers instants jusqu’à la désillusion finale, le disque révèle un Kele Okereke particulièrement vulnérable et plus personnel dans son écriture.

Dès les premières chansons, la production soignée de Trevor Horn est perceptible, avec les synthétiseurs, guitares et rythmiques électroniques qui se mélangent avec fluidité. L’album privilégie les atmosphères et les émotions aux explosions d’énergie qui ont longtemps fait la réputation du groupe. Un choix artistique qui peut sembler surprenant pour les nostalgiques de Silent Alarm, mais qui témoigne d’une volonté d’évolution.

Parmi les quatorze titres, Pigwig s’impose comme l’une des plus belles réussites de l’album. Porté par une énergie communicative, le morceau capture parfaitement l’excitation des débuts amoureux. Subtil, il possède ce je ne sais quoi qui donne envie d’y revenir. À lui seul, il justifie l’écoute du disque et rappelle le talent intact de Bloc Party lorsqu’il s’agit de composer des chansons aussi accessibles qu’attachantes.

Autour de ce titre, l’album possède des compositions solides comme Love Bombs, Coming On Strong ou encore Now We Can’t Be Friends, qui explorent les différentes phases de cette histoire sentimentale. Si certains passages peinent à atteindre l’intensité des meilleurs moments du groupe, l’ensemble reste cohérent et agréable à écouter.

Sans chercher à rivaliser avec ses classiques, Anatomy of a Brief Romance apparaît comme un album mature, sensible et honnête. Un disque sympathique, porté par une écriture plus intime et surtout par l’excellent Pigwig, coup de cœur de cet album.

Bloc Party - Pigwig (Official Video)

La note de la rédactrice : 7.5/10
Ses morceaux favoris :
Pigwig , Now We Can’t Be Friends

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