Steven Wilson - Requiem for a dream

Steven Wilson – Requiem For a Village

Un an après son album Overview, Steven Wilson est déjà de retour avec un neuvième album solo.

C’est un véritable concept album que nous propose Steven Wilson avec Requiem For a Village. L’auteur nous plonge dans une ambiance typique des thrillers des années 1970, au cœur d’un village introuvable sur les cartes, accessible uniquement par accident. De la même manière, il n’y a aucun habitant. Ou peut-être sont-ils cachés en train de nous espionner ? C’est cette drôle d’ambiance anxiogène que l’on retrouve tout au long de l’album.

Pour l’incarner, Wilson alterne sans complexe musique atmosphérique minimaliste et métal progressif. Un grand écart qui se lit jusque dans la structure de la tracklist : le morceau éponyme (Requiem For a Village, 7:56) se loge entre deux titres d’environ trois minutes, tout comme On Chapel Slope (4:53) vient s’intercaler entre Now Departing : Hiraeth (9:44) et Murmuration (7:15).

Sur les morceaux les plus courts, Steven Wilson chante peu. Leur fonction est ici principalement atmosphérique. n y croise des chants d’oiseaux champêtres, des sons de cloches et des bruits de rivière – ce genre de fond sonore qu’on entend rarement dans un village, sauf quand il est abandonné et que la nature a repris ses droits. Quand ils cessent, c’est pour laisser place à une voix qui nous raconte l’histoire du village. Sauf qu’ici, pas de chant de Wilson : c’est David Tennant qui s’y colle. Il revient régulièrement lire les textes d’Andy Partridge (XTC), essentiels pour percer les secrets de cette bourgade étrange.

À l’inverse, les formats longs contiennent de larges parties de guitare aux riffs lourds et métalliques, rappelant les grandes heures de Porcupine Tree. Ici, la guitare n’est pas là pour nous faire chanter ou bouger mais plutôt pour nous faire ressentir la pesanteur de l’angoisse que le personnage principal ressent dans ce village. Comme souvent avec Steven Wilson, l’intensité monte en puissance de façon crescendo. C’est notamment le cas sur Requiem For a Village, le premier single de l’album. Mais la vraie claque arrive en fin de parcours avec Great Green Map / Wheel / The Old God is Buried. Si le reste de l’album résonne comme les sommets passés de sa carrière, ce morceau ose des sonorités inédites : une guitare plus aiguë, presque classique, portée par des ruptures de tempo incessantes. Une démonstration technique qui met une lumière méritée sur un batteur et un bassiste en fusion.

Mais alors comment passer de morceaux si calmes à des musiques beaucoup plus lourdes ?

À l’heure où beaucoup produisent de la musique assistée par IA, Wilson prend le contre-pied total avec un son ultra-organique. Sur A Basket Of Bees, par exemple, on retrouve de l’autoharpe. Sur d’autres titres, on retrouve du hautbois, du violon et de nombreux instruments que le musicien n’avait jamais utilisés auparavant. En bref, si vous êtes fan de l’auteur pour son côté technique et son innovation permanente, vous devriez vous régaler.

Chaque titre fait avancer l’intrigue avec des textes qui figurent parmi ses plus inspirés. Murmuration raconte l’histoire du personnage principal qui chante seul dans un village abandonné avec des ombres pour seul public. Dans Now Departing : Hiraeth, Wilson décrit chaque catégorie de personne que l’on peut croiser dans un train. C’est si bien écrit que l’on se surprend parfois à penser à de grands auteurs comme Alex Turner ou Jarvis Cocker.

L’ensemble est cimenté par un amour indéfectible pour le cinéma de genre : des nappes de synthés anxiogènes dignes de John Carpenter, et, sur The Same River Twice, un clin d’œil appuyé à la mélodie culte de La Quatrième Dimension (Twilight Zone).

En bref, Steven Wilson fait du Steven Wilson. Même si certaines harmonies peuvent parfois nous rappeler les Beatles, le style reste toujours aussi peu accessible. Mais si vous aimez le métal progressif et que vous cherchez une bande-son parfaite pour illustrer votre fête d’Halloween, ne cherchez plus, on a trouvé l’album qu’il vous faut. Il s’appelle Requiem For a Village et il est disponible depuis ce 6 novembre sur toutes les plateformes.

Tracklist :
Swirl in a Larks Eye
Requiem for a Village
The Same River Twice
Now Departing : Hiraeth
On Chapel Slope
Murmuration
Cursus Fingerprint
A Basket of Bees
Great Green Map / Wheel / The Old God is Buried

La note de la rédactrice : 7.5/10

Ses morceaux préférés : Now departing Hiraeth, Murmuration, The Same River Twice

 

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