Primal Scream – More Light

Violence, noirceur et douceur signent la réussite de More Light.

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2013, année symbolique. Année qui a vu ressurgir les plus grands allant de Depeche Mode à David Bowie en passant par Eric Clapton, 2013 continue sur sa lancée avec la sortie de “More Light“, dixième album studio des écossais de Primal Scream qui n’étaient pas revenus sur le devant de la scène depuis cinq ans. Sound of Britain vous présente ce dernier opus.

 

Une fois n’est pas coutume Primal Scream s’est entouré d’un nouveau producteur. Pour cet album, exit Paul Epworth (Adèle, Bloc Party, Foster The People,…) pour laisser place au DJ nord irlandais David Holmes à qui l’on doit quelques bandes originales de films dont celles de Hors d’Atteinte ou Hunger. Avec lui Primal Scream révèle un univers destructeur et à la hauteur de l’apocalypse, remontant à la surface les vieux thèmes usés par Bobby Gillespie à ces débuts.

 

Véritable bon dans le passé More Light nous impose ses saxophones saccadés dès le titre d’ouverture 2013, loin d’être méconnu puisque nous avions pu découvrir le clip il y a de cela quelques mois. La bande de Gillespie nous confrontait alors à un étrange univers où la mort semblait inévitable quel qu’en soit l’issue. Bondage, opérations,  voilà ce que nous montre les images de ce clip à l’esthétique remarquable que l’on est loin d’oublier. Pourtant ce morceau s’imprègne dans son époque tout autant que son titre grâce à ses variations électroniques et très rythmées nous propulsant dans un tourbillon interminable et envoûtant. On distinguera même en fond sonore une guitare acoustique comme perdue dans l’amas d’instruments qui l’entoure. Elle réapparaîtra sur le morceau suivant “River of Pain” sous la forme d’un arpège rythmé, comme pour laisser s’écouler les douleurs presque soufflées de Bobby.

 

Comme au travers d’un film, cette balade à la noirceur indélébile s’alimente d’une étonnante partie symphonique une fois encore interminable, les percutions, les bois et les cuivres donnant une envolée au morceau qui viendra s’achever autour d’une guitare acoustique comme si tout n’était qu’orage. Culturecide quant à lui mise sur une guitare saturée et une basse proéminente sur lesquelles viennent s’ajouter ce saxophone qu’on ne retient plus, libérant tout ce qui est en lui. Le titre prend  alors presque une tournure hip-hop, la voix de Bobby nous forçant à nous le rappeler. C’était sans compter sur I Want You et City Slang, les deux titres clôturant l’album. Avec eux Primal Scream ressuscite ses vieux démons et nous offre des morceaux dignes de ceux de l’album éponyme de 1989.

 

On soulignera d’ailleurs l’efficacité des guitares claires et du riff ravageur de City Slang. Tout comme le fait Savages actuellement, Bobby Gillespie répète les mêmes mots (bien souvent le titre des chansons) tout au long de l’album comme si le refrain n’était constitué de rien. Comme s’il voulait ancrer bien profondément ces mots dans nos esprits afin que nous puissions nous aussi comprendre ses maux et ce qu’il semble endurer. De Tenement Kid où il répète inlassablement I don’t know why à Hit Void en passant par Goodbye Johnny, rien n’est laissé au hasard. L’univers se construit et se déconstruit sans qu’on ne puisse jamais oublier ces phrases répétées.

 

Même si l’électronique prime, l’acoustique parvient à se frayer une place dans cet album, et notamment avec It’s Alright, It’s  ok qui est non sans nous rappeler nos classiques (Beatles, Rolling Stones) voire un petit groupe français du nom de Gush. Les maux de Bobby semblent s’être envolés autour d’un piano et d’une guitare acoustique, comme si un semblant de vie parvenait à naître au sein de cette apocalypse. Des chœurs se laisseront même entendre se couplant à un synthétiseur, nous faisant presque penser à un chant d’église. D’autres morceaux viendront apaiser nos mœurs dont Walking with the Beast ou Tenement Kid dont la basse mise en avant deviendra entêtante, nous donnant l’impression constante de replonger dans l’écoute de ces groupes ayant peuplés les 6O’s ou là encore des chœurs se font entendre. Entre deux eaux, Relativity jouera quant à elle avec nos nerfs lors de ponts déchaînés et électriques, prônant un rock alternatif alors que les couplets nous tiennent en haleine plus calmement.

 

Laissez-vous entraîner par les envolées électroniques ponctuées à coup de saxophone de More Light pour découvrir ou redécouvrir Primal Scream dans ses plus grands jours. N’en déplaise à son prédécesseur Beautiful Future (2008) qui lui, avait fait fausse route, ce dernier opus saura renouer avec le succès.

 

LA NOTE : 9 / 10

 On vous laisse avec “2013“, premier extrait de ce dernier opus :

 


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