Review : Ghostpoet – Shedding Skin

Pur et épuré, Ghostpoet se met à nu dans son 3° album, Shedding Skin mais jamais seul.

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Son flow et sa richesse d’écriture n’ont pas laissé indemnes les auditeurs de Peanut Butter Blues & Melancholy Jam et Some Say I So I Say Lights. C’est avec un album au nom beaucoup plus simple, Shedding Skin, mais à la construction bien complexe et riche qu’Obaro Ejiimiwe dit Ghostpoet fait son retour dans le bac, un opus sous le signe d’un voyage bien compartimenté. 

L’excursion semble commencer au pays du soleil levant, Off Peak Dreams paraît  tout droit sorti d’un rêve où le piano et quelques percussions font régner une climat calme et voluptueux; tout cela c’est avant l’arrivée du rap déjanté de Ghostpoet!

Les délires au clavier bien vintage ne grossisseront tout de même pas le trait pop de la chanson et laissent toujours poindre son world avec un quasi shamisen accentué par la voix féminine japonaise. Le décalage horaire musical est enclenché et ne  tarde pas à se faire entendre par un son légèrement saturé, vibrant et une réverbération notable sur une guitare. Le quasi slam X Marks The Spot n’est pourtant pas un projet expérimental mais un face-à-face avec la superbe anti- choriste Nadine Shah qui sonne comme un faire- valoir face à Ghostpoet; la lionne est presque calme et féline dans les refrains face au caméléon du son.

Et question changement d’ambiance, Be Right Back, Moving House en est un bon exemple. La chanson ne manque pas de style ,et laisse lentement monter la tension grâce à des guitares rythmées et la voix discrète mais rayonnante de mélancolie de Paul Smith dans les refrains. Le chanteur de Maximo Park ajoute aussi ce je ne sais quoi de rock appuyé par de petits instants solos de guitare jubilatoire dans ce morceau de 6 minutes en fin de chorale nébuleuse. La guitare justement, le voilà l’épiderme du disque, la baguette magique qui donne parfois la chair de poule ou excite le pouls. Et la chanson qui fait le plus résonner le corps c’est le titre Shedding Skin. Le morceau sonne comme un réveil dans l’arrière-cour d’un parking new yorkais ou mancunéen, il y a intrinsèquement un peu de cold wave dans la chanson- titre. Le duo avec Mélanie De Biasio d’une harmonie folle  est un parfait ying et yang, d’un parallélisme rare et donne corps à cette autopsie vivante d’une relation obsédante qui résonne dans la tête.

Mais l’alter ego ne se rencontre-t-il pas dans le mélange des genres ? Car quand Etta Bond rape un brin sur les ponts de Yes I Helped You Pack, il y a comme une certaine évidente qui saute aux oreilles. Le crâne rasé de la chanteuse et la tête brûlée  qu’est le rappeur se trouvent réunis . Il ne manque qu’un arrangement bien léché pour sublimer le tout et cet effet écho annonce le chaos proche ou peut-être la fin d’un cycle conclu encore par la voix japonaise.

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Après le délire urbain, tout est peut être plus intérieur différent, même avec des intervenants identiques. Nadine Shah en fait l’expérience dans That Ring Down The Drain Kind of Feeling où la chanteuse, en écho, devient râpeuse dans un look mixé  de guitares dissonantes où flottent les hostilités. Sorry My Love, It’s You Not Me récupère le flow et la diction du premier album du musicien et le mène à la folk de la jeune chanteuse, Lucy Rose grâce à sa guitare marquée. Encore une fois, c’est l’univers du guest qui prend le pas sur le morceau. Une façon de travailler à quatre mains…

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La suite de l’album est plus traditionnelle pour Ghostpoet qui avec des riffs presque punk et une ligne de basse très new wave, désormais en cavalier seul, multiplie les jeux de mots dans better not butter, avec une guitare folle. Le musicien retrouve son propre son, se libère dans un ragga The Pleasure in Pleather avant l’acoustique, parfait pour les pianos bars Nothing in the way. Et là faisant vibrer sa voix pour faire sentir la vibe sur accords de piano, le musicien offre son organe vocal comme instrument principal du morceau. Ce testament est presque symphonique puisque les cordes viennent embellir le tout pour un résultat plus pop, plus fort. Mais les envolées lyriques retombent assez vite avec cette dernière voix japonaise pour conclure ce périple sonore où dès la dernière seconde, l’auditeur espère n’avoir pas rêver.

Tracklisting :

Off Peak Dreams

X Marks The Spot ( Nadine Shah)

Be Right Back, Moving House (Paul Smith)

Shedding Skin (Melanie De Biaso)

Yes, I Helped You Pack (Etta Bond)

That Ring Down The Drain Kind of Feeling (Nadine Shah)

Sorry My Love, It’s You Not Me (Lucy Rose)

Better Not Butter

The Pleasure In Pleather

Nothing In The Way

DISPONIBLE dès le 2 mars 2015

NOTE : 7 / 10

Concerts Mélanie de Biasio
Disponible
Mélanie de Biasio à Saint-Nazaire - 29 novembre 2019
 
Mélanie de Biasio à Rezé - 9 décembre 2019
Disponible
Mélanie de Biasio à Argentan - 11 décembre 2019
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