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White Lies – Five

Dix ans après son excellent premier album, To Lose My Life, White Lies livre un bien nommé cinquième opus, Five. Le trio londonien parvient à faire oublier la déception de son précédent LP et revient à son meilleur niveau.

Après plus de deux ans d’absence, White Lies est de retour sur le devant de la scène post-punk avec Five. Et que l’enjeu est grand pour la formation de l’ouest londonien ! Son précédent album, Friends, est loin d’avoir fait l’unanimité. Avec ses chansons solaires, White Lies n’a pas convaincu. Un album en demi-teinte qui a quelque peu éclipsé la réussite des trois premiers opus de la formation (To Lose My Life, Ritual, Big TV). Le défi à relever avec Five est donc de taille. D’autant plus que cette sortie coïncide avec les dix ans du tant acclamé premier LP du groupe, To Lose My Life.

Qu’il aurait été facile pour White Lies de reprendre la même recette qui a fait le succès de ses débuts : ambiance froide, refrains hymniques, arrangements synthés-guitares dramatiques. Mais le groupe n’a pas cédé à la facilité et s’est montré ambitieux. Preuve en est avec le titre d’ouverture, “Time To Give“. Sept minutes trente-cinq d’une odyssée électro-rétro. Le groupe s’offre l’audace d’un long outro de trois minutes qui laisse la place à une mélodie au clavier tournant en boucle. Lassant ? Captivant. Idem pour “Finish Line” et “Kick Me”, deux balades peu conventionnelles. La première jouit d’une construction originale et convoque tour à tour guitare acoustique, sons synthétiques et riffs puissants. “Kick Me” est quant à elle une balade épique et électronique, empruntant au passage quelques codes de la musique de western. À l’image du piano-bar mélancolique qui clôture le morceau.

Avec Five, White Lies trouve le parfait équilibre entre complexité et morceaux accrocheurs. Ce cinquième opus a en effet son lot de titres entraînants. De ceux qui vous feront instantanément taper du pied, remuer les hanches et qui trotteront dans un coin de votre tête toute la journée. La pop de “Never Alone” séduit dès les premières secondes avec son côté New Order. Le refrain est puissant, triomphal, à l’image de titres phares du groupe comme “Bigger Than Us” ou “Death”.
“Tokyo” est assurément le bijou pop 80’s de cet album. Titre catchy à souhait, taillé pour être un hit. La voix caverneuse de Harry McVeigh est portée par une ligne de basse groovy. Une pure réussite. Le trio n’en oublie pas pour autant son côté plus sombre avec le dernier morceau de cet album, “Fire and Wings”. Entre cold wave et touches de hard rock, le titre détonne avec le reste de Five. Près de cinq minutes qui séduiront les nostalgiques des premières heures du groupe.

Au-delà du remarquable travail de Harry McVeigh, Charles Cave et Jack Lawrence-Brown, la réussite de ce nouvel opus tient également à l’équipe dont le groupe s’est entouré. On retrouve ainsi James Brown aux manettes, l’ingé son des Arctic Monkeys (Suck it and See) et des Foo Fighters (Sonic Highways). Quant au mixage, Alan Moulder (Smashing Pumpkins, Nine Inch Nails) insuffle la dose rock qu’il manquait à Friends. Sur son compte Twitter, White Lies présentait Five comme son meilleur album. C’est en tout cas le meilleur depuis Big TV. Après dix ans de carrière, White Lies n’a pas fini de nous séduire et de nous étonner.

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Tracklisting 

Time To Give

Never Alone

Finish Line

Kick Me

Tokyo

Jo ?

Denial

Believe it

Fire and Wings

Nos + : Time To Give, Kick Me, Tokyo, Believe it

LA NOTE : 9/10

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