Florence + The Machine a-t-il visé trop grand à l’AccorHotels Arena

Pour son High As Hope Tour, Florence Welch et son groupe se sont offerts pour la première fois l’AccorHotels Arena. Un choix peut-être trop ambitieux…

On s’était étonné lors de l’annonce : Florence + The machine en concert à l’AccorHotels Arena. D’un côté, on ne pouvait que s’en féliciter, car rares sont les formations britanniques de ces dix dernières années à s’être offert l’ex-Bercy. D’un autre, on se demandait si le groupe anglais n’avait pas visé un peu trop haut et ce que la reine Florence pourrait nous concocter.

Après la première partie assurée par Young Fathers devant un public apathique et pour le moins très calme, Florence Welch débarque à 21h20. Entamant June, collée au micro et solaire à souhait, l’artiste londonienne aimante les regards d’emblée. Ne tardant pas à s’approprier la scène dans sa largeur dès le brillant Hunger, Welch manque en revanche de faire bouger son audience, quasi impassible – admirative, au moins. Il lui faudra haranguer la foule par sa douce voix, fébrile et aérienne, et demander aux tribunes de se lever.

On pense alors que la communion peut commencer. Chaque show de Florence & The Machine est unique pour cela. Une parenthèse enchanteresse dans un monde complexe où disparité rime avec pessimisme. On se souvient que lors de sa dernière venue au Zénith de Paris en décembre 2015, elle avait signé un concert sublime, baigné d’amour et d’ondes positives – assurément l’un des plus beaux de ma vie, à titre personnel. Elle avait fait un bien fou, seulement un mois et demi après les terribles attentats du 13 novembre.

Mais son premier AccorHotels Arena n’est en rien comparable. Si Queen Flo fascine autant qu’elle suscite l’adoration, son show peine à décoller, et à cela plusieurs raisons. D’une part, aussi bon soit-il, High As Hope n’est pas adapté au format. Trop intimiste et personnel, il ne se marie pas à la taille de la salle parisienne. Côté show, les décorations florales et jeux de lumière ont laissé placé à une forme de simplicité, avec notamment des draps blancs descendant ou montant de manière inégale. Et enfin, le son ne mettait malheureusement pas en valeur la si belle et pure voix de celle que tout le monde était venu admirer ce soir.

Florence + The Machine à l’AccorHotels Arena le 24 mars 2019

Il faudra attendre Only If For A Night, mais surtout Dog Days Are Over, pour sentir un public prêt à enfin donner de la voix et ne pas juste se contenter d’acclamer la prêtresse. Qu’elle appelle à lutter contre la toxicité masculine avant Patricia ou qu’elle déclare sa flamme à l’Europe puis à son South London natal, Florence Welch tente de s’imposer devant les quelques 10 000 spectateurs. Elle touche, rassemble, émeut, fait rire.

L’enchaînement avec Ship To Wreck et Moderation est ensuite parfait, avant que l’ambiance ne retombe à nouveau sur 100 Years, l’un des 7 titres de High As Hope joués ce soir. Trop omniprésent, le dernier album de Florence & The Machine s’offre la part belle, au détriment de classiques comme l’implacable reprise de You’ve Got The Love, tristement absente, ou ses compositions telles que Rabbit Heart, What The Water Gave Me, Spectrum, Never Let Me Go ou même le très beau A Sky Full of Song.

Après le finish fédérateur Delilah / What Kind of Man, le public en redemande, convaincu que Florence a encore beaucoup à offrir. Mais le rappel ne s’éternisera pas, entre Big God et Shake It Out qui vient clore une soirée mi-figue, mi-raisin, entre plénitude absolue à l’écoute d’une des plus grandes artistes du 21e siècle, et un show qui laissait à désirer sur de nombreux points difficiles à mettre de côté.

Setlist :

June

Hunger

Between Two Lungs

Only If for a Night

Queen of Peace

South London Forever

Patricia

Dog Days Are Over

Ship to Wreck

Moderation

100 Years

The End of Love

Cosmic Love

Delilah

What Kind of Man

———-

Big God

Shake It Out

Crédit photo de Une : Jean-Adrien Morandeau

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