Qui es-tu ? Matt Portland

Sorte d’Alex Turner déguisé, Matt Portland se révèle avec un premier EP bouleversant, intimiste et traversé de superbes mélodies.

Originaire de : Londres

Pour les amateurs : indie rock, soft ballads

Pour les fans de : Alex Turner, The Last Shaddow Puppets, John Lennon

Qui es-tu, Matt Portland ?

A la première écoute, le choc. Serait-ce un side-project totalement secret d’Alex Turner sous une fausse identité ? Car la première réaction, ne nous mentons pas, est la suivante : “oh putain, mais il a la même voix !”. Pourtant Matt Portland est bien réel, et le leader d’Arctic Monkeys est loin de tout cela. Alors bien sûr, on pense directement à quelques réminiscences de The Last Shadow Puppets ou de Turner cru Submarine, avec des ballades enivrantes et mélodieuses, embellies d’une douce poésie. Mais ce sera ô combien réducteur.

Non Matt Portland, jeune songwriter londonien, n’est pas un ersatz du frontman de Sheffield ou de son BFF Miles Kane. A l’instar de Secondary, qui était jusqu’ici son principal single, Portland réinvente et donne une seconde vie aux ballades sixties/seventies, avec une guitare sèche emplie de délicatesse, des choeurs et percussions discrètes, quelques cordes subtiles avant un bridge avec un léger riff à la guitare électrique.

Parmi ses références, Imagine de John Lennon et Hunky Dory de David Bowie, deux incontournables dont on peut percevoir les influences dans les sonorités de Matt Portland, un artiste également passionné de littérature à l’instar d’une table de chevet sur laquelle on trouverait du Bukowski ou du Burroughs.

Secondary est à l’affiche du premier EP, brillantissime à souhait, de Matt Portland. Intitulé The Wind Hit Hollow, ce dernier démarre par un sublime morceau, Paper Thin Reins. Il y a de l’élégance, de la beauté à tous les niveaux. Et du raffinement dans les textes, le début d’une histoire et la dichotomie entre amour et addiction. Dans cet EP, Matt Portland y dépeint les affres de cette idylle, les non-dits, les choix avortés, leurs effets sur le mental. On y cède sans résister, comme au piano épuré qui introduit le très beau Angels of The Bay.

On retrouve ensuite Secondary et The Wind Hit Hollow, qui peut notamment rappeler les sonorités sirupeuses de Submarine. La mélancolie habite South Destruction, le cinquième et dernier morceau de cet EP qui se termine bien trop vite.

Envoûté et séduit par l’univers rétro et baigné d’amertume de Matt Portland, c’est un sentiment de satiété insatisfaite qui prédomine. On en redemande, on veut en entendre plus, voir où ce jeune Londonien autodidacte et visiblement bourré de talents peut nous mener. Et c’est très probablement sur le terrain du fabuleux.

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